einture "Les effets du bon et du mauvais gouvernement a la ville et a la campagne". Detail du bon gouvernement a la ville. Fresque de Ambrogio Lorenzetti  ©AFP - LEEMAGE
einture "Les effets du bon et du mauvais gouvernement a la ville et a la campagne". Detail du bon gouvernement a la ville. Fresque de Ambrogio Lorenzetti ©AFP - LEEMAGE
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Résumé

Dans sa thèse Des femmes dans la ville : Amiens (1380-1520), Julie Pilorget étudie la place des femmes en milieu urbain au Moyen Âge tardif. L’historienne démontre comment une somme de facteurs a permis à ces citadines – et parfois, travailleuses – d’obtenir certaines libertés.

avec :

Julie Pilorget.

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Pourquoi l’histoire des femmes au Moyen Âge a-t-elle été si longtemps ignorée ? D’abord parce que c’était les hommes – souvent des clercs, les seuls à maîtriser l’écrit – qui produisaient des documents. Ensuite, parce que ce que faisaient les femmes était considéré comme si peu important que l’on ne jugeait pas digne de le conserver. Enfin, parce que les médiévistes n’ont longtemps été que des hommes, bien peu intéressés par l’histoire du "deuxième sexe".

On imagine les femmes du Moyen Âge comme des êtres entièrement soumis à l'autorité des hommes, pères, maris, prêtres. Pourtant, on rencontre régulièrement des femmes étonnantes, de toutes conditions, qui échappèrent à cette domination.

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Dans sa thèse Des femmes dans la ville : Amiens (1380-1520), Julie Pilorget étudie la place des femmes en milieu urbain au Moyen Âge tardif. L’historienne démontre comment une somme de facteurs a permis à ces citadines – et parfois, travailleuses – d’obtenir certaines libertés.

Peut-on dire qu'au Moyen Âge, le seul statut de la femme, c'était le mariage et la procréation ?

Julie Pilorget : C'est un des statuts. Mais en réalité, il y en a trois. Les trois statuts de la femme au Moyen Âge, c'est celui de vierge, d'épouse et de veuve. Effectivement, au travers de ces trois dénominations, on pense d'abord la femme au travers du mariage. On voit d'ailleurs dans les sources qu'elle est, soit citée par rapport à son père lorsqu'elle n'est pas mariée, ce qui suppose également, bien sûr, qu'elle soit vierge, soit par rapport à son mari une fois qu'elle est mariée. Et lorsqu'elle devient veuve, elle est présentée par rapport à son mari si elle s'est remariée, mais également par rapport à ses précédents maris. Ce qui peut donner : "Jeanne, femme de René, auparavant veuve de feu Jacques et auparavant veuve de feu Bernard." On voit vraiment, effectivement, que le but pour la femme, c'est de se marier. D'ailleurs, lorsqu'elle n'y arrive pas, on peut avoir l'instauration dans certaines municipalités, notamment au sud de la France, de communautés d'organismes de charité qui vont aider ce qu'on appelle "les jeunes filles à marier" afin de leur constituer une dot. Car le premier empêchement au mariage pour une femme peut être effectivement de ne pas avoir de dot, c'est à dire de biens de patrimoine a amener au ménage. Soit elle est issue d'une famille aisée qui va lui permettre de constituer cette dot, soit elle la constitue elle-même, parfois au cours d'un apprentissage qu'elle peut entamer des ses 10-12 ans, même parfois plus tôt, soit dans certains cas, elle peut avoir recours à ces organismes de charité ou à un bienfaiteur qui lui constituera cette dot."

Quand on évoque le statut de la femme au Moyen Âge, on parle de toutes les femmes ou uniquement des "femmes du peuple" ?

Julie Pilorget : On a beaucoup moins de renseignements sur le statut des femmes à la campagne et beaucoup plus sur les femmes en ville. On parle de manière plus générale des femmes de la bourgeoisie et du petit peuple. Et lorsqu'on va parler des femmes de l'aristocratie, c'est pour désigner des femmes de pouvoir. Au delà de la distinction de statut, statut de l'aristocratie, de la bourgeoisie ou du petit peuple, un statut urbain ou rural, il faut aussi faire une distinction entre le Nord et le Sud. On a une Europe du Sud plus misogyne, plus attachée notamment au droit romain, où la femme est plus confinée à l'intérieur domestique qu'au nord. Les Lombards, qui vont notamment se rendre en Belgique, dans les grandes villes marchandes au Moyen-Âge, seront souvent surpris de voir les femmes marcher dans la rue sans voile, la tête nue, sans escorte. Il est vrai qu'au nord de l'Europe, au nord de la France, c'est à dire l'Europe urbanisée, donc le sud de l'Angleterre, le nord de la France, les Flandres, on a des femmes qui ont un statut beaucoup plus grand dans la société. Les sociétés médiévales leur offrent de multiples possibilités d'exercer des rôles sociaux, économiques, religieux, d'importance ; notamment en raison du patrimoine et du statut de la communauté. Lorsqu'un homme et une femme se marient dans la coutume, notamment picarde, la femme est propriétaire de la moitié des biens avec son époux et on va également instaurer très vite au nord de l'Europe les douaires, qui sont ces gains de survie que l'on va donner aux femmes en cas de décès de leur époux, qu'on ne retrouve pas dans le sud de la France et de l'Europe. On ne peut pas faire de généralité. On ne peut pas parler des femmes en Europe, ça n'existe pas. Il faut parler des femmes en ville, à la campagne, au nord, au sud. 

Le statut de la femme.

  1. Les femmes au travail
  2. Femmes d’honneur et honneurs de femmes au Moyen-Âge
  3. Les femmes seules : entre émancipation et marginalisation
  4. La délinquance féminine à la fin du Moyen-Âge

On imagine les femmes du Moyen Âge comme des êtres entièrement soumis à l'autorité des hommes, pères, maris, prêtres. Pourtant, on rencontre régulièrement des femmes étonnantes, de toutes conditions, qui échappèrent à cette domination.

Dans sa thèse Des femmes dans la ville : Amiens (1380-1520), Julie Pilorget étudie la place des femmes en milieu urbain au Moyen Âge tardif. L’historienne démontre comment une somme de facteurs a permis à ces citadines – et parfois, travailleuses – d’obtenir certaines libertés.

Avec notre tête chercheuse : Julie Pilorget

Agrégée d'histoire, Julie Pilorget est actuellement allocataire de recherche (ATER) à l'université Paris-Sorbonne au sein de laquelle elle réalise également une thèse sous la direction d'Elisabeth Crouzet-Pavan. Ses travaux portent sur la place des femmes en ville à la fin du Moyen Âge dans le nord de la France.
Membre de l'association des jeunes chercheurs médiévistes Questes, elle participe également activement aux activités de la SIEFAR (Société internationale d'étude des femmes dans l'Ancien Régime) ainsi qu'au groupe "Bobines et Parchemins" qui assure chaque année la tenue d'un festival de film médiéval mettant en relation histoire et cinéma, recherche et vulgarisation scientifique.

La 4ème édition du festival Bobines et Parchemins se tiendra du 16 au 26 mars à Paris.   Retrouvez ici le programme du festival.

Publications:

  • « Comment meraleresse se doit contenir en ladite science. Le statut de sage-femme à Amiens à la fin du Moyen Âge », dans Dion Laetitia, Gargam Adeline, Grande Nathalie, Henneau Marie-Elisabeth (dir.), Enfanter. Discours, pratiques et représentations de l’accouchement dans la France d’Ancien Régime, actes du colloque international organisé par la SIEFAR le vendredi 31 janvier et le samedi 1er février 2014, Arras, Artois Presses Université, à paraitre en juin 2015.
  • « Foles femmes et larronesses. Figures de la délinquance féminine en Picardie à la fin du Moyen Âge », Revue de la Société des Antiquaires de Picardie, à paraître en 2016
  • « L’émancipation par le travail », Historia, « Le Moyen Âge libère la femme », Spécial n°17 (mai-juin 2014), p. 22 et sq.
  • « La fin du Moyen Âge, un moment charnière pour l’histoire des femmes ? Les embarras de la périodisation », Finir le Moyen Âge. Questes, Bulletin des jeunes chercheurs médiévistes, bulletin n°33 (à paraître dans le courant de l'année 2016)

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Cris de Paris, vers 1500
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- BnF
Mariage de Marie de Brabant et du roi Philippe III de France
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- Manuscrit des Chroniques de France ou de Saint Denis, British Library, London

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Détail d'une enluminure du XIVe siècle, contrepoinçon d'une lettre capitale P. Une femme enseigne la géométrie
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- au début des Éléments d'Euclide, dans une traduction attribuée à Adélar de Bath

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