Ouvrières du textile pendant la première guerre mondiale, Touraine. Elles furent à l'initiative d'importantes grèves en 1917-18.
Ouvrières du textile pendant la première guerre mondiale, Touraine. Elles furent à l'initiative d'importantes grèves en 1917-18. - Archives de l'Atelier -creative commons-
Ouvrières du textile pendant la première guerre mondiale, Touraine. Elles furent à l'initiative d'importantes grèves en 1917-18. - Archives de l'Atelier -creative commons-
Ouvrières du textile pendant la première guerre mondiale, Touraine. Elles furent à l'initiative d'importantes grèves en 1917-18. - Archives de l'Atelier -creative commons-
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Des expériences de corps transformés en force de travail ; de corps qui arpentent, souvent empêchés, l’espace social ; de corps isolés, assignés “vulnérables”, à l’heure de la pandémie. Des corps qui racontent des histoires intimes et collectives. Des récits recueillis par Clémence Allezard, qui dessinent les contours de structures d’oppressions, de dispositifs sociaux et politiques, qui fabriquent et contraignent les corps.

Un podcast original en 3 épisodes et un bonus, pour une Expérience signée Clémence Allezard, réalisée par Nathalie Salles

Nos corps ont des histoires à raconter. Ils parlent de normes, de carcans, de classes, de races, de canons incorporés. Ils parlent d'assignations, d’oppressions, de scripts, de domination. Ils parlent aussi de reconquêtes, de guerres silencieuses et millénaires. 

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Raconter l’histoire de son corps pour tenter de lire les autres.

Les corps isolés par la pandémie, les corps assignés “vulnérables”, les corps envoyés au charbon, “dernier de cordée” sans masque ni protection. Les corps traqués des femmes voilées, les corps épuisés des livreurs et des soignants, les corps cassés des ouvriers et des femmes de chambre, les corps qu’on voudrait cacher en EHPAD, dans les foyers, dans les hôpitaux psychiatriques. Les corps sacrifiés aux portes de la forteresse Europe. Les corps racisés matraqués. Les corps de femmes sanctionnées. Les corps des gouines et des pédés sans cesse fliqués. Les hiérarchies entre les corps laissent des cicatrices. Elles racontent des violences politiques et des stigmates qu’on a fait siens. Nos corps parlent de cuirs endurants, de trajectoires déjouées et d’amorces de récit choisis. De luttes avec et contre nos carcasses, de récits en chœur quand elles se reconnaissent, marchent côte à côte, dressent leurs poings, bloquent, barricadent, se nouent. 

Les corps racontent des rapports de pouvoir. Et la nécessité de réinventer les épistémès

Episode 1 : Prologue 

C’est là, dans ce petit champ de chair, que tout s’est passé, et que tout se passera. La vie tranquille, Marguerite Duras. 

Avec : Rachel Keke, Charles Roncier, Alice et No Anger 

Lecture : Mathilde Forget 

  • Le Planétarium de Nathalie Sarraute 
  • Le récit de soi de Judith Butler 
  • Le corps lesbien de Monique Wittig 

Episode 1 : Prologue

26 min

Episode 2 : Les corps du capital 

“Le corps est un réservoir de force de travail, et c'est en tant que tel qu'il est approprié.” Colette Guillaumin

Avec : Roxane, Rachel Keke et Alice 

Lecture : Mathilde Forget

  • À la ligne de Joseph Ponthus 
  • Le Capital de Karl Marx 

Episode 2 : Les corps du capital

19 min

Episode 3 : La langue de nos corps  

Des corps parlés et des corps parlant dans l’espace social. 

Avec : Rachel Keke, Charles Roncier, Alice et No Anger

Episode 3 : La langue de nos corps

19 min

Episode bonus : Des corps sous pandémie  

Isolement, c’est un mot que l'on l’entend beaucoup ces temps-ci dans les médias. Ce n’est pas qu’un mot, c’est une expérience, avec son lot d’angoisses, de peurs, de pensées sombres. Des corps malades mis à l’isolement, ce sont ces questions : vais-je aller à l’hôpital ? Est-ce que mon père va aller à l’hôpital ? Est-ce que ma mère aura des séquelles ? Vais-je m’étouffer ? Vais-je pouvoir dormir, malgré les étouffements ? Non, je ne veux pas crever. Un corps malade mis à l’isolement, c’est l’ennui, la sensation du temps qui passe sans pouvoir le saisir, car les yeux ne peuvent plus lire, le cerveau est trop épuisé pour écouter ou apprendre. C’est l’impression d’être hors de ce temps qui passe et la peur de ne pas pouvoir y revenir. C’est l’angoisse de ne plus être avec les autres. No Anger 

Avec : Rachel Keke, Roxane, Charles Roncier, Alice, No Anger et Pierre

Episode bonus : Des corps sous pandémie

34 min

Générique 

Avec : Rachel Keke, Charles Roncier, Alice, No Anger , Roxane et Pierre

Documentation musicale : Antoine Vuilloz

Prise de son : Romain Luquiens et Virginie Lorda

Mixage : Mixage Manon Houssin

Réalisation : Nathalie Salles

Une création sonore de Clémence Allezard

Pour aller plus loin

A mon geste défendant, essais de théorisation antivalidiste à partir d'un corps, blog de No Anger

Blog de Charles Roncier, texte Le Placard.  

Sexe, Race et Pratique du pouvoir de Colette Guillaumin, Côté-femmes, 1992 -compte-rendu d'ouvrage-.

Le bareback, un corps à corps énigmatique par Julie Deloupy, Isabelle Varescon (Psychotropes, 2007).

À réécouter : La grève du genre
1h 00
55 min