Jeune femme de formation pour les soins intensifs au Collège soins infirmiers classe.
Jeune femme de formation pour les soins intensifs au Collège soins infirmiers classe. ©Getty - martinedoucet
Jeune femme de formation pour les soins intensifs au Collège soins infirmiers classe. ©Getty - martinedoucet
Jeune femme de formation pour les soins intensifs au Collège soins infirmiers classe. ©Getty - martinedoucet
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Au XXIe siècle, la simulation sur mannequin ou avec un comédien est introduite dans l’apprentissage pour renforcer le “savoir-être”. Comment cette éthique de la relation au patient a-t-elle évolué du corpus hippocratique antique en passant par l’engagement d’un médecin du XXe jusqu’à aujourd’hui ?

En parallèle à la visite d’un centre de simulation en santé rempli de mannequins hautes fidélité destinés à l'apprentissage des gestes mais surtout au travail collaboratif, un médecin historien, Christian Bonah, nous fait voyager du corps des premiers disséqués jusqu'aux autopsies, des premiers apprentissages théoriques à la révolution anatomo-clinique du XVIIIe siècle.

Il revient sur le mythe qui voudrait que les corps n’étaient pas disséqués avant l’Antiquité : “On sait très bien que la dissection existait dans l'Antiquité grecque et romaine, même s’il s’agissait plus d’animaux que d’humains. Ensuite, vient effectivement une période où la dissection est moins importante, tout simplement parce que l’on apprend dans les livres, et que le corps physique, biologique, n'est alors, pas si important que ça.” Puis au XVIe-XVIIe siècle, les dissections se font publiques : “Elles sont d'abord destinées aux étudiants en médecine et c'est un événement, la faculté entière se retrouve dans un amphithéâtre à écouter les explications du maître. Il y a donc une rupture, car on ne lit plus les livres, mais on lit dans les corps. L'observation se déplace des livres aux corps humains et ça va donner à la fin du XVIIIe et au début du XIXe siècle, cette idée que le corps humain devient un objet”.

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A Montpellier, un conférencier, Xavier Laurent, nous ouvre les portes de la plus ancienne des facultés et raconte l’évolution des transmissions de la pratique médicale, des livres au corps ouvert des théâtres d’anatomie. Me revient ma relation instituée avec “mon” cadavre, sujet d’anatomie.

Puis, j’assiste aux séances de simulation où les étudiants qui s'apprêtent à entrer dans le 2e cycle - s’exercent à la “relation patient" avec des comédiens. Jean-Paul Mira, chef de service en réanimation à Cochin, explique : “Je trouve que ces relations patient-médecin, c'est ce qu'il y a de plus important pour apprendre à nos jeunes collègues à appréhender leur métier futur. L'interaction première que l’on va avoir avec un patient va conditionner notre pratique médicale et aussi la façon dont le patient va avoir confiance dans le praticien, va être capable de subir des examens compliqués et avoir une vision de l'aide que l’on peut lui apporter”.

Nous entendrons également le témoignage d’un psychiatre de 80 ans qui évoque l’engagement au patient qu’il a peaufiné toute sa vie.

Un documentaire de Juliette Boutillier, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.

Avec :

Patrick Plaisance, Directeur du Département de Simulation en santé,

Pierre-François Ceccaldi, Médecin Gynécologue-obstétrcien,

Alexis Régent, médecin interniste,

Christian Bonah, Professeur en épistémologie - histoire des sciences,

Jean-Michel Gentizon, ancien chef de service Psychiatre des hôpitaux à l'hôpital Sainte-Anne,

Xavier Laurent, guide conférencier à l’université de Montpellier,

Marie-Aude Piot, pédopsychiatre,

Lorène Thaumass, comédienne en santé simulation,

Jean-Paul Mira, chef de service en réanimation à Cochin, quelques étudiants de 4e année

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