Femme médecin formant des collègues sur une tablette à l'école de médecine.
Femme médecin formant des collègues sur une tablette à l'école de médecine. ©Getty - Cavan Images
Femme médecin formant des collègues sur une tablette à l'école de médecine. ©Getty - Cavan Images
Femme médecin formant des collègues sur une tablette à l'école de médecine. ©Getty - Cavan Images
Publicité

L'apprentissage de l'enseignement pratique est interrogé sur 3 terrains de stage CHI (centre hospitalier intercommunal) CHU et en libéral avec 3 femmes qui tentent la transmission par compagnonnage avec leurs externes et internes. Comment la crise de l'hôpital altère-t-elle ou non l’enseignement ?

J’accompagne une urgentiste jusqu’à son lieu de travail ; elle exprime son usure face au dysfonctionnement public et la difficulté à enseigner dans un lieu où la crise de l'hôpital est au plus fort : “Ça fait 28 ans que je suis urgentiste, je vois la situation de l'hôpital se dégrader et je ne m'y retrouve absolument plus en termes d'humanité et de prise en charge des patients. Ça ne va plus avec ce pourquoi j'ai fait médecine. Je suis épuisée de pallier tous les dysfonctionnements du système. C'est une grosse machine qui fait qu'on ne peut pas lutter”.

Une cheffe de service d’un grand hôpital hospitalo-universitaire se partage entre une multitude de tâches d’enseignement tout en accompagnant ses étudiants et en les poussant à aiguiser leur sens clinique.

Publicité

Enfin, une chirurgienne de la main transmet sa pratique dans un cadre libéral plus favorable, à un très jeune étudiant qui se destine à la chirurgie. Elle explique être “très heureuse de pouvoir accueillir des jeunes et leur montrer ce que c'est que la chirurgie. Maintenant, ils sont très nombreux dans les services et au bloc on les laisse faire de moins en moins de choses. Ici, c'est l'occasion de transmettre. J'aime beaucoup montrer ce que je fais parce que j'adore ce que je fais, j'adore la chirurgie et j'ai apprécié cet apprentissage”. Elle ajoute : “On est vraiment pour développer les partenariats public/privé, pour former les jeunes médecins. On est médecin avant tout et on trouve que la guéguerre qui existe entre la médecine libérale et la médecine hospitalière, notamment sur le plan de la formation, est vraiment stérile. Les jeunes ont besoin d'être formés et pourquoi pas dans les établissements privés ?”

Parallèlement, une interne ainsi qu’une médecin fraîchement thésée témoignent de cet apprentissage et de l’ambiance parfois sexiste à laquelle elles ont pu être confrontées. Pauline, jeune médecin généraliste, raconte l'une de ses expériences : “Lors d’une chirurgie mammaire, le chirurgien faisait des blagues avec les prothèses, il faisait des commentaires sur la forme et la taille des seins de la femme, et également sur la cellulite de l'interne... Facile. Voilà, c’est une ambiance généralement assez sexiste où il est de bon ton de faire des blagues très machistes, très lourdes. Et si l’on veut faire partie du clan, c'est mieux de rigoler. “ La parole du doyen informe de ce qui est et des mesures de protection. Et je continue d'égrener mes souvenirs d’ex étudiante…

Un documentaire de Juliette Boutillier, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.

Avec :

Frederique Broisin-Doutaz, urgentiste,

Laetitia Dahan, professeure d’oncologie digestive,

Aurore Debet chirurgienne de la main,

Pr Philippe Ruszniewski, doyen de l'UFR de médecine Université de Paris,

Simon étudiant de 3 e année,

Anna médecin senior,

Pauline et Ibilola, jeune médecin généraliste et interne en médecine (dont les prénoms sont des prénoms de substitution), et quelques soignants et patients de l'hôpital périphérique, universitaire ou privé.

L'équipe