Jeune docteur féminin se trouvant sur le plancher avec un comprimé et son stéthoscope.
Jeune docteur féminin se trouvant sur le plancher avec un comprimé et son stéthoscope. ©Getty - andresr
Jeune docteur féminin se trouvant sur le plancher avec un comprimé et son stéthoscope. ©Getty - andresr
Jeune docteur féminin se trouvant sur le plancher avec un comprimé et son stéthoscope. ©Getty - andresr
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La déontologie du serment d'Hippocrate correspond-elle à notre pratique ? Quelles conséquences génèrent la reproductibilité doloriste de l’enseignement ? Et si, former des patients enseignants et permettre à des profils, a priori discriminés, d'intégrer médecine pouvaient changer les perspectives ?

Appartenir à une corporation élitiste engendre un entre soi dangereusement clos sur lui-même et la reproductibilité teintée de dolorisme avec laquelle cet enseignement est parfois dispensé (abus de pouvoir, humiliations …), génère de la souffrance mentale ; aussi à une période où la parole se libère, il est inconcevable qu'un enseignement misogyne et sexiste se dispense auprès d'étudiants, en majorité de sexe féminin.

Pauline, jeune médecin généraliste exprime ses sentiments nuancés au moment de prononcer son serment d’Hippocrate : “J’étais honorée de le déclarer, mais en lisant certains passages, on ne peut pas s'empêcher de se dire que l’on n'est pas tout à fait honnête en déclamant ce serment tel quel. Quand on constate certaines choses durant ses études, sur le fait de ne pas rechercher à faire du profit ou de ne pas faire de discrimination, on se dit ce n'est peut-être pas tout à fait honnête ce que je suis en train d’énoncer, et c'est peut-être plus de l'ordre du symbole et ce n'est pas forcément facile à déclarer”.

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L'approche individualiste et compétitive de la formation n’est plus adaptée au monde actuel. Un étudiant témoigne de sa grave dépression, de sa prise en charge dans un centre dédié : "Il y a une déshumanisation de notre profession, même s'il y a beaucoup d'efforts qui sont faits, et l'existence de cet établissement le prouve. Mais, je pense que ce n'est vraiment pas exagéré de dire qu'il faut investir dans la santé physique et mentale des gens qui s'investissent dans la santé physique et mentale des autres. Pour moi, c'est une évidence. Et pour l'instant, j'ai l'impression que pas assez de choses ont été faites”.

A l’intérieur de ce centre qui vient en aide aux professionnels de la santé, nous recevons l’éclairage d’une psychologue et de la directrice.

D’autre part, une experte et chercheuse évoque l'intérêt de faire rentrer les patients comme enseignants alors qu’à Marseille une écurie sociale et solidaire se bat pour permettre aux jeunes des quartiers d'entrer en médecine, pour recoudre les territoires.

Un documentaire de Juliette Boutillier, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.

Avec :

Pauline, Jeune médecin généraliste (prénom de substitution),

Leopold Marot,

Christian Bonah, épistémologiste et historien des sciences,

Ibilola,(prénom de substitution) interne en médecine,

Frank Castillo-Rodriguez, interne (nom de substitution) anesthésiste,

Catherine Cornibert (Directrice générale de l'association SPS (Soins aux Professionnels de la Santé),

Pr Philippe Ruszniewski, doyen de l'UFR de médecine Université de Paris,

Celia Belrose,Docteure en Psychologie Clinique et Neurosciences exerçant à la SPS,

Olivia Gross, Titulaire de la Chaire de recherche "Engagement des patients" Université Sorbonne Paris Nord,

Anthony do Santos médecin et enseignant de la perspective soignant,

Muriel Londres, patiente,

Olivia Gros, patiente enseignante dans la perspective patiente,

Aïssa et Salim Grabsi cofondateurs de MEDEMPHARMAKINE.

Merci à la tutrice Ichma, tous les étudiants de l'écurie sociale, et tous mes amis, et à la fanfare. Merci au groupe d’interne du Gepri,

Liens

  • Association Soins aux Professionnels en Santé (SPS) : L’association Soins aux Professionnels de la Santé (SPS) a pour origine le rassemblement d’un groupe d’experts souhaitant partager et défendre la santé des étudiants et des professionnels de la santé.

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