Illustration à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida
Illustration à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida
Illustration à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida ©Getty -  Towfiqu Photography
Illustration à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida ©Getty - Towfiqu Photography
Illustration à l'occasion de la Journée mondiale contre le sida ©Getty - Towfiqu Photography
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Résumé

Ce documentaire a reçu la médaille d'or du New York Festivals, dans la catégorie "Social Issues/Current Events" en 2007

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Première diffusion 28/10/2007 dans l'émission "Sur les docks"

Les jeunes de mon âge ne doivent pas rejeter les séropositifs. Un jour, une copine m'a dit : si j'avais une copine séropositive, je ne lui parlerais jamais

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Je veux un enfant. Mais si mon enfant est malade, j'ai peur que le gens disent que je suis égoïste. J'ai peur aussi que mon enfant me le reproche. J'ai peur aussi de me sentir responsable de sa maladie

En 2007 selon Catherine Dollfus, pédiatre au service d’immunologie de l’hôpital Trousseau à Paris : "sur 10 à 12.000 femmes séropositives on dénombre environ 500 enfants nés infectés et plus de 350 ont 13 ans et plus. On possède, après vingt ans de suivi sur ces enfants, des éléments objectifs multiples sur leur état de santé ; elle est globalement bonne, ils grandissent bien en taille et en poids et sont non différentiables des autres enfants de leur âge. 93% sont dans une situation immunitaire satisfaisante, malgré les aléas et les difficultés pour prendre un traitement régulier à l’adolescence"

Il faut que je m'oblige à prendre mes médicaments. On n'a les mêmes questions que les autres adolescents, on se demande si on va pouvoir faire sa vie, avoir une famille normale, un travail normal... c'est une crise d'adolescence plus lourde que les séronégatifs

Ce bilan physique et médical s’avère beaucoup plus favorable que ce que l’on a pu dire aux parents de ces jeunes à la fin des années 80 ; pourtant ce constat ne semble en rien alléger la double question identitaire qui se pose à ces jeunes patients, avec une grande acuité, à l’adolescence.

On a tendance à dépasser nos limites, comme pour prouver que l'on n'est pas malade

"Je suis séropositif" : cette prise de conscience soudaine et douloureuse se fait au cours de ce passage de l’enfance à la vie d’adulte, avec un terrible sentiment de solitude et d’injustice. Jusque là très encadrés d’un point de vue parental et médical, ils doivent affronter seuls, la prise en charge du traitement, le rendez-vous chez le médecin, les interrogations qui surviennent avec l’entrée dans la sexualité, gérer une relation amoureuse avec cette maladie, en parler ou non, avec qui, pourquoi ? Questions récurrentes qu’ils doivent affronter et qu’ils se poseront tout au long de leur vie. Victimes des idées reçues, des fantasmes véhiculés sur cette maladie encore mal connue, mal expliquée, ils sont quotidiennement confrontés à l’impossibilité d’en parler librement autour d’eux.

J'ai besoin de mettre les mots que l'on ne peut pas dire. On s'en cache, c'est pour beaucoup la maladie de la honte. Un jour, un ami (qui n'est plus un ami maintenant) m'a dit : tu es la mort en personne. 

Anne Laure 19 ans_,_ Alexandre 18 ans, Florine 17 ans et ces voix qui n’ont pas souhaité publiquement se nommer, ont accepté de témoigner de leur parcours et de leur vécu. Tous sont séropositifs au VIH, pour le plus grand nombre depuis la naissance. Ils racontent leur prise de conscience soudaine ou progressive du diagnostic, le rapport à la vie, au traitement, aux autres, à leurs proches, parents, amis, à l’autre, le partenaire, les obstacles qu’ils affrontent, ceux qu’ils ne peuvent encore assumer, les difficultés de dire, de parler de ce que, pudiquement, ils appellent leur "secret"

Le truc qui revient le plus souvent, c'est les douleurs de cœur... on se fait rejeter par un garçon et on ne peut même pas dire "il ne m'aime pas", il a juste peur de la maladie

Un documentaire de Julie Navarre et Jean-Philippe Navarre 

Références

L'équipe

Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production
Julie Navarre
Production déléguée
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Mathias Mégy
Collaboration