Une classe d’enfants handicapés.
Une classe d’enfants handicapés.
Une classe d’enfants handicapés. ©Getty - Dan Porges
Une classe d’enfants handicapés. ©Getty - Dan Porges
Une classe d’enfants handicapés. ©Getty - Dan Porges
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Résumé

La France est condamnée en 2021 par l’ONU pour sa politique de placement en institution des personnes handicapées, qualifiée de “lieux de privation de liberté”. Rencontres hors les murs et dans une clinique psychiatrique qui se propose de les faire tomber.

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En 2016 et 2017, la rapporteuse de l’ONU, Catalina Devandas-Aguilar, visite la France en vue de vérifier que sa politique respecte ses engagements internationaux en matière de droits des personnes handicapées. Dans son rapport final publié en 2017, elle dénonce la loi de 2005 comme non-conforme à la Convention de l’ONU relative aux droits des personnes handicapées et demande à ce qu’elle soit revue dans son intégralité. Parmi les éléments pointés du doigt, le fait que la France préfère préconiser une amélioration de ces institutions plutôt que leur fermeture définitive. Elle rappelle que ces institutions, en vue des conventions internationales, sont des lieux de privation de liberté, qu’elles isolent et ségrèguent les personnes, les privent de la possibilité de décider par elles-mêmes dans la vie de tous les jours ; les empêchent de choisir les personnes avec qui elles vivent, ou encore, imposent un emploi du temps et des habitudes.

Les témoignages des personnes handicapées sur ces institutions sont édifiants, ainsi, Eugénie se rappelle : “Mes dernières hospitalisations, tout le monde était mélangés et il n'y avait pas d'activité, on était tous dans une pièce entassés avec un petit jardin et il ne se passait rien de la journée, on ne faisait que fumer, ruminer et cachetonner sans parler”; Zig Blanquer évoque lui “l’enfer” pour les qualifier ; Elisa Rojas parle “d’expérience d'humiliation, d'abus de toute sorte, il n'y avait pas d'autre choix que d'en sortir”; et Cy Jung explique, toujours être dans la crainte de ces institutions : “Je vis dans la peur de l'incarcération. Je suis une femme, je suis handicapée depuis que je suis toute petite, j'avais ma place qui était réservée dans une institution. J'ai 58 ans et 50 ans après, j'ai toujours peur, peur de l'Etat, peur de l'incarcération, peur que l'on m'empêche”.

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Nous donnons la parole à des personnes qui ont fait l’expérience de ces institutions spécialisées : IME, foyer de vie. Et nous nous interrogeons aussi : Peut-on “soigner l’institution” ? C’est en tout cas la proposition de la psychothérapie institutionnelle, qui depuis les années 50, sous l’égide des psychiatres Jean Oury, François Tosquelles, entre autres, et malgré des normes d’hygiène de plus en plus contraignantes aujourd’hui, dénonce l’enfermement dans les structures de soin, la “pathologie asilaire”, et tente de soigner sans les murs, en repensant continuellement les asymétries de pouvoir entre soignés et soignants.

Nous nous rendons à la clinique de Chailles, la Chesnaie, héritière de ce mouvement où les histoires racontées par les pensionnaires sont bien différentes : “A la Chesnaie, on ne nous mène pas d'un point à point A, à un point B, ici, on est acteur de ce qui se passe" ; “J’aime bien être prise en charge à la clinique. Quand j'arrive ici, je me sens en sécurité.” ; “Ce que j'ai appris ici et ce que je trouve formidable, c'est que la parole d'un patient, d'un pensionnaire vaut la parole d'un soignant. On est vraiment sur le même terrain d'égalité.” ; “Ici, ce n'est pas que la maladie, mais aussi la vie à côté. Il y a plein de vie ici”.

Un documentaire de Clémence Allezard, réalisé par Asssia Khalid.

Avec :

Zig Blanquer, auteur de Nos existences handies,

Camille, psychiatrisée et militante antipsy,

Elisa Rojas, avocate, membre du CLHEE (Collectif Lutte et Handicaps pour l'Egalité et l'Emancipation),

Antoine Capet, cofondateur de Brutpop, ancienne éducateur spécialisé,

Mouloud Massi & leurs camarades de l’IME Robert Doisneau,

Cy Jung, écrivaine,

Christine, Eugénie, Laetitia & Marie-Hélène, pensionnaires de la clinique de Chailles la Chesnaie, Jean Gaillot et Gwenvael Loarer, moniteurs à la Chesnaie.

Avec les comédien-ne-s Sarah Wehbe et de Marc Colmar.

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Références

L'équipe

Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production
Annelise Signoret
Collaboration
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Anahi Morales
Collaboration