Le Premier ministre Jacques Chirac dévoile, le 18 juillet 1986 à Paris, la plaque de la Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver
Le Premier ministre Jacques Chirac dévoile, le 18 juillet 1986 à Paris, la plaque de la Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver
Le Premier ministre Jacques Chirac dévoile, le 18 juillet 1986 à Paris, la plaque de la Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver ©AFP - PASCAL GEORGE
Le Premier ministre Jacques Chirac dévoile, le 18 juillet 1986 à Paris, la plaque de la Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver ©AFP - PASCAL GEORGE
Le Premier ministre Jacques Chirac dévoile, le 18 juillet 1986 à Paris, la plaque de la Place des Martyrs Juifs du Vélodrome d'Hiver ©AFP - PASCAL GEORGE
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Résumé

Après la guerre, il fallait oublier, aller de l’avant, reconstruire la France et ne plus parler du passé et des choses qui fâchent. La rafle du Vel d’Hiv, les Juifs l’ont commémorée en catimini. Il faudra attendre 1995 et le discours de Jacques Chirac sur la responsabilité de Vichy.

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D’abord on a commencé par oublier. Vive le pain blanc de la victoire, de Paris libéré par son peuple, celui de la vraie et de la seule France, celle qui a résisté. Exit la collaboration, Tulard, Bousquet et Papon et vive le Vel d’Hiv où, comme le dit la chronique, le populaire veut en avoir pour son argent.

Alors la rafle, on la commémore entre rescapés, en catimini. Comme s’il ne fallait pas déranger. Si la rafle disparaît de la mémoire collective quasi instantanément, nous dit l’historienne spécialiste de la Shoah Annette Wieviorka, les Juifs, eux, n’ont jamais oublié : “Pratiquement à la Libération, la rafle est commémorée dans les milieux Juifs. D'ailleurs, d'une façon générale, il y a une mémoire immédiate de tout ce qui concerne la Shoah dans les milieux qui ont été directement concernés.”

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Il faudra attendre 53 ans pour que la France s’en souvienne aussi. Christine Albanel qui a écrit le discours de Jacques Chirac commémorant la rafle explique qu’il a fallu attendre le temps de l’histoire : “On sortait du temps politique pour aborder le temps de l'histoire, on allait tourner une page après cette reconnaissance officielle et cette vérité qui avait été dite au plus haut au sommet de l'État.”

Un discours qui rompait avec la ligne directrice donnée par De Gaulle après la Libération, puis par Mitterrand et qui provoqua une émotion immense :

Oui, la folie criminelle de l'occupant a été, chacun le sait, secondée par des Français, par l'État français […] On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards - dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France - jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la Préfecture de Police […] La France, patrie des Lumières et des Droits de l'Homme, terre d'accueil et d'asile, la France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.” (Jacques Chirac, 16 juillet 1995, lors des commémorations de la rafle du Vélodrome d’Hiver, à Paris)

Rachel Jedinak présente lors du discours témoigne du sentiment procuré par ces déclarations : “J'étais à quelques mètres de lui, j'ai pleuré, je n'étais pas la seule. Enfin, on reconnaissait ce qui s'était passé pendant la guerre pour nous, les Juifs”.

Avec :

Rachel Jedinak, Henri Lilensten , Françoise Mandelbaum, Annette Wieviorka, Christine Albanel, Rachel Krajcer et à Serge Klarsfeld.

Un documentaire d’Alain Lewkowicz, réalisé par Séverine Cassar.

Bibliographie

Liens

Illustrations sonores

  • Falkovitch Sofia : Kaddish
  • Jarvi Paavo : Darf Ich
  • Frost Martin : Nature Boy
  • Wieder Atherton Sonia / Hovora Daria : Kaddish
  • Krakauer David : Esquisses Hebraiques Op 12
  • Yom The Wonder Rabbis : The Wonder Rabbis
  • Krakauer David Tagg Kathleen : Parzial
  • Krakauer David : Esquisses Hebraiques
  • Chauveau Sylvain : Nuage III
  • Krakauer David : MS NC