Antique photo de peintures : un homme se penche sur une femme allongée dans son lit – Illustrations.
Antique photo de peintures : un homme se penche sur une femme allongée dans son lit – Illustrations. ©Getty - ilbusca
Antique photo de peintures : un homme se penche sur une femme allongée dans son lit – Illustrations. ©Getty - ilbusca
Antique photo de peintures : un homme se penche sur une femme allongée dans son lit – Illustrations. ©Getty - ilbusca
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Napoléon Bonaparte, avec le code civil de 1804, annule et remplace le code révolutionnaire, et entérine ainsi la domination de l’homme sur la femme. Au siècle du romantisme, qui rêve d’un idéal amoureux total, spirituel et charnel, la dualité règne en maître.

Dans la bourgeoisie, grande victorieuse de la révolution, la norme pour les hommes est de faire un mariage d’intérêts, de préférence avec une jeune femme vierge, comme le souligne l’historienne Yannick Ripa : “La virginité est une valeur croissante au cours du XIXᵉ siècle puisque vers 1854, existe le dogme de l'Immaculée Conception, c'est-à-dire que l’on sublime encore plus le culte marial et celui de la mère de Marie. Cette virginité aboutit à ce qu'une fille honnête, dit-on, doit arriver vierge au mariage, se réserver pour son mari. La réciproque n'étant bien évidemment pas vraie”.

Des maris qui pourront poursuivre ensuite leurs relations extra-conjugales avec « une femme libre » ou autres filles de joie. À ce sujet Yannick Rippa évoque, à travers la pensée de Parent du Châtelet comment la prostitution était considérée à l’époque : “C’est un égout du trop-plein séminal, mais c’est un mal nécessaire. Les prostitués sont utiles, car les besoins sexuels des hommes sont des besoins naturels. Sous-entendu que ces hommes, tous les hommes, ont besoin d'une sexualité active qui ne soit pas qu'à finalité procréative. Donc Madame est là pour faire des enfants et la prostituée est là pour donner du plaisir à Monsieur. Du plaisir de Madame, on n’en parlera jamais”.

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Le réglementarisme organise ce marché de la prostitution qui prend son essor. C’est dans ce contexte post-révolutionnaire que le marché de la rencontre apparaît avec les premières agences matrimoniales, qui œuvrent pour obtenir les meilleurs partis aux hommes privilégiés. L’historienne Claire-Lise Gaillard explique, “que s’y inscrivent majoritairement des hommes. Les femmes, elles, sont souvent inscrites à leur insu, par leur entourage. Et, régulièrement, cet entourage vient vendre des informations à l'agent matrimonial (montant de la dot, capacité à enfanter, santé des parents...). Avec ces informations, il va faire comme un inventaire des partis féminins à marier qu'il vient mettre au service de sa clientèle active. Une clientèle qui est donc plutôt masculine, d'une petite bourgeoisie, issue de province, pas très bien intégrée dans la société parisienne et qui cherche à s'y intégrer par un beau mariage”.

Dans les milieux populaires où femmes et hommes travaillent, les couples se forment à l’usine, à l’atelier, au bal. Dans ces catégories sociales modestes, la peur d’un amour simple et libre n’est pas présente comme dans le milieu bourgeois. L’émergence d’une classe moyenne va transformer la société, l’individu s’affirme, et les femmes sortent peu à peu de l’espace privé où elles avaient été jusque-là confinées. La guerre sera une première étape déterminante dans ce chemin vers une émancipation féminine.

Même si Yannick Ripa tient à rappeler : “La société est mixte, les femmes ont toujours travaillé et depuis bien plus longtemps qu'on ne le dit. En quatorze ont commencé à travailler celles de la bourgeoisie et des classes moyennes. Mais le peuple, lui, travaille depuis longtemps et tous ces lieux de travail étaient propices aux rencontres. Ce sera, évidemment, au fur et à mesure, davantage dans les usines, mais auparavant, on travaillait et se croisait dans les manufactures, par exemple. Ou le travail des blanchisseuses qui leur permettait de croiser dans la rue des jeunes gens avec une liberté que n'avait pas les autres jeunes gens des classes aisées”.

Un documentaire de Julie Navarre, réalisé par Jean-Philippe Navarre.

Avec * :*

Yannick Ripa (historienne),

Claire-Lise Gaillard (historienne),

Anne-Marie Sohn (historienne),

Alain Vaillant (historien de la littérature),

Aïcha Salmon (historienne),

Sophie Jacotot (danseuse et historienne de la danse),

Textes lus par : Laura, Axelle, Christelle, Iria, Manu et Noé

Documentation musicale : Virginie Gresset – Qiting Wang

Mixage : Hervé Dubreuil

Bibliographie

Liens

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LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk , la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 31/10/22 le film de Isabelle Broué - Lutine (97' - 2016)

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