sentiment de liberté au volant
sentiment de liberté au volant  - pexels
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La mobilité nous est devenue obligatoire, ce qui est contradictoire avec le sentiment de liberté qu'elle semblerait impliquer.

La vieille pensée de Blaise Pascal : « Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » n'a plus guère de sens voire le contraire selon Marie “Seule au volant, la vitre ouverte, mais c'est génial ! C'est une impression de liberté que j'avais rarement connu” et Florence Bussy “La mobilité est devenue un droit de l'homme comme les autres, quasiment une obligation. Est ce qu'on a effectivement le choix ? Celui qui aujourd'hui voudrait ne pas être mobile, il se condamne à la marginalité. Il se condamne parfois au chômage.”

L'automobile est un objet paradoxal, qui suscite un imaginaire particulièrement riche, et nous entretenons avec elle des rapports intimes et passionnels. Elle est la condition de la liberté, tout autant qu'un fléau polymorphe, en ce qu'elle mutile, tue, ruine l'environnement, aliène l'individu, etc. et cette vision évolue selon Jean-Pascal Assailly “On voit bien progressivement que cette image entièrement positive va, à partir des années 90, devenir beaucoup plus ambivalente avec la prise de conscience des accidents, de la pollution et les conséquences négatives de la massification, c'est à dire les embouteillages."

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Au commencement, c'était une fantaisie réservée à une élite bourgeoise, et puis le XXe siècle l'a démocratisée, à marche forcée comme nous le précise André Rauch “La voiture, c'est l'apparence. Pour un foyer modeste, il faut qu'il montre une certaine aisance et pour montrer cette aisance, il montre la voiture. C'est en quelque sorte un signe extérieur, non pas de richesse, mais d'aisance.”

Anne Saint-Dreux nous rappelle que “L'automobile est un moteur pour la publicité, parce que c'est un gros investisseur. Et jusqu'à il y a quelques années encore, il était numéro un en investissement publicitaire. Ça représente des sommes colossales, 10 à 12 % des investissements en publicité.” Rien que pour ce qui concerne les constructeurs français, le budget publicitaire annuel du secteur avoisine les trois milliards d'euros, ce qui laisse rêveur.

Avec :

Un documentaire de Olivier Chaumelle, réalisé par Yvon Croizier

Bibliographie

Liens

Idéologie sociale de la bagnole : texte d’André Gorz, publié dans la revue Le Sauvage en 1973, et mis en ligne par les Renseignements généreux.

Yoann Demoli : Les femmes prennent le volant. Diffusion du permis et usage de l'automobile auprès des femmes au cours du xxe siècle. Article paru dans la revue Travail, genre et sociétés, 2014/2 (n° 32).

La fracture automobile : dernière enquête de l’Observatoire Cetelem de l’automobile.

L’attachement automobile mis à l’épreuve : étude des dispositifs de détachement et de recomposition des mobilités. Thèse de Géographie de Laurent Fouillé, Université Rennes 2.

1919-2019 : Automobile et publicité, les codes ont-ils changé * ?* Compte-rendu de l’atelier de juin 2019 organisé par le CCFA, comité des constructeurs français d’automobiles.

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk , la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 12/12/22 le film de Nicolas Gournault - VO (19' - 2020)

L'équipe

Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production
Olivier Chaumelle
Olivier Chaumelle
Olivier Chaumelle
Production
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Annelise Signoret
Collaboration
Anahi Morales
Collaboration
Yvon Croizier
Réalisation