Des milliers de personnes accompagnent, le 16 décembre 1973, les dépouilles des Algériens victimes de l'attentat contre le consulat d'Algérie à Marseille. ©AFP - AFP PHOTO STF
Des milliers de personnes accompagnent, le 16 décembre 1973, les dépouilles des Algériens victimes de l'attentat contre le consulat d'Algérie à Marseille. ©AFP - AFP PHOTO STF
Des milliers de personnes accompagnent, le 16 décembre 1973, les dépouilles des Algériens victimes de l'attentat contre le consulat d'Algérie à Marseille. ©AFP - AFP PHOTO STF
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Résumé

Cette année, plus de 50 Arabes sont tués, en majorité dans le sud-est de France. Marseille devient le théâtre de violences racistes inouïes contre lesquelles les immigrés décident de s'organiser.

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Région où se côtoie une forte population maghrébine et les plus fervents nostalgiques de l’Algérie française, le sud-est est le théâtre de nombreux crimes racistes visant la communauté maghrébine tout au long des années 1970. À cette époque, raconte Berthier Perregaux, ancien représentant à Marseille de la CIMADE, "on était dans une sorte de néo-colonialisme, on considérait vraiment les immigrés comme de la main d’œuvre bon marché et négligeable, c’était ça la vie à Marseille".

Un fait divers impliquant un ressortissant algérien va être l’occasion d’un véritable déchaînement de haine anti-arabe qui fera de l’année 1973, l’année la plus meurtrière dans le sud, qui conduira au déclenchement de la première grève générale massive des travailleurs maghrébins contre le racisme.  

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Samia, membre du Mouvement des travailleurs arabes se souvient qu’en ces années le racisme était prégnant depuis déjà un certain temps : "Il ne faut pas croire que le racisme est né ou qu'il est apparu de manière flagrante à partir du crime commis envers le jeune Ladj Lounès, qui a lancé cette grève générale. Il était là bien avant puisqu’en 1971 à la nationalisation du pétrole par Boumédiène, il y avait déjà beaucoup de crimes racistes."

Mais en 1973 alors que les attentats racistes se multiplient, les immigrés arabes décident de répondre par la grève comme le formule Smain, ancien membre du mouvement des travailleurs arabes : "Nous avons décidé dans toute la France qu'il y en avait marre de ces crimes racistes et qu'il était  temps de montrer que nous ne pouvions pas nous laisser faire comme ça. Nous avons donc décidé de frapper fort. Il fallait montrer qu'économiquement aussi nous existions, que nous faisions la France." 

Tract contre les crimes racistes
Tract contre les crimes racistes
- Association Générique

Un documentaire de Hajer Ben Boubaker, réalisé par Angélique Tibau.

Intervenants

Rachida Brahim, sociologue 

Mustapha dit Mustapha de Noailles, habitant de Marseille 

Berthier Perregaux,  ancien représentant à Marseille de la CIMADE  

Samia, membre du Mouvement des travailleurs arabes  

Maurice Courbage, professeur d’Université et membre du Mouvement des travailleurs arabes 

Mustapha Mohammadi, membre du mouvement des travailleurs arabes 

Smain, ancien membre du mouvement des travailleurs arabes 

Bernard Lehembre, historien et militant du Comité de défense de la vie et des droits des travailleurs immigrés (CDVDTI) 

Hédi Akkari, membre du mouvement des travailleurs arabes  

Liens

Bibliographie

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 1/11/2021 le film Jusqu'au bout - Collectif Cinélutte(40’-1973)

Références

L'équipe

Perrine Kervran
Perrine Kervran
Perrine Kervran
Production
Annelise Signoret
Collaboration
Angélique Tibau
Réalisation
Maryvonne Abolivier
Collaboration
Anahi Morales
Collaboration