La journaliste de Libération Florence Aubenas pose à nouveau pour Louis Monier après sa libération à Paris, en France, le 17 juin 2005.
La journaliste de Libération Florence Aubenas pose à nouveau pour Louis Monier après sa libération à Paris, en France, le 17 juin 2005. ©Getty - Louis Maunier
La journaliste de Libération Florence Aubenas pose à nouveau pour Louis Monier après sa libération à Paris, en France, le 17 juin 2005. ©Getty - Louis Maunier
La journaliste de Libération Florence Aubenas pose à nouveau pour Louis Monier après sa libération à Paris, en France, le 17 juin 2005. ©Getty - Louis Maunier
Publicité

Après la libération, il faut choisir sa maison du retour. Les otages veulent tourner la page, mais les chemins qui mènent à l’impossible vie d’avant sont cabossés. Il faut réfléchir, se poser, et dessiner d’autres voies.

Les scènes de retrouvailles à l’aéroport de Villacoublay, devant les caméras. Les français assistent en direct au retour des otages, enfants de la patrie. Un ministre était dans l’avion. Sur le tarmac, Florence Aubenas embrasse d’abord le président Jacques Chirac, en costume du sauveur, puis sa mère. Les otages ont presque tous un mauvais souvenir de la cérémonie du retour. « Cela devrait être organisé autrement » propose Françoise Larribe, ex otage d’Aqmi au Mali : « Il y avait tous les journalistes, un tas de personnalités que je ne connaissais pas, on est encore un objet à ce moment-là ».

L’historien Etienne Dignat, auteur d’une thèse sur les négociations avec les preneurs d’otage, désapprouve le haut niveau protocolaire de la cérémonie du retour à Villacoublay. « Ce sont des moments de joie, il y a de belles images. Mais il y a tellement d’émotion que l’on ne questionne plus ce rituel qui se tient en présence du chef de l’État français. Cela montre que l’État a été atteint, qu’il a été peiné, donc c’est une victoire en trompe l’œil, qui valorise les ravisseurs ».

Publicité

Après Villacoublay, il y a la vraie vie. Laquelle ? Georges Malbrunot retourne en reportage au Moyen-Orient. Pierre Borghi, en galère de boulot, rend visite à Françoise Hollande. Françoise Larribe renonce à l’Afrique, mais elle retrouve ses filles. Les relations avec les autres ne sont plus les mêmes. Comment retrouver l’autre ?

Avec :

Jean-Louis Normandin, ex otage au Liban.

Sébastien Chadaud-Pétronin, fils de Sophie Pétronin, ex-otage au Mali.

Georges Malbrunot, ex otage en Irak.

Françoise Larribe, ex otage au Mali.

Pierre Borghi, ex otage en Afghanistan.

Gilles Ferragu, historien, auteur de « Les otages, une histoire ».

Etienne Dignat, docteur en Science Politique, auteur d’une thèse sur les négociations avec les terroristes.

Bibliographie :