Pancarte "Déchets nucléaires, ça empoisonne" devant le palais de justice de Cherbourg-Octeville 2012
Pancarte "Déchets nucléaires, ça empoisonne" devant le palais de justice de Cherbourg-Octeville 2012
Pancarte "Déchets nucléaires, ça empoisonne" devant le palais de justice de Cherbourg-Octeville 2012 ©AFP - CHARLY TRIBALLEAU
Pancarte "Déchets nucléaires, ça empoisonne" devant le palais de justice de Cherbourg-Octeville 2012 ©AFP - CHARLY TRIBALLEAU
Pancarte "Déchets nucléaires, ça empoisonne" devant le palais de justice de Cherbourg-Octeville 2012 ©AFP - CHARLY TRIBALLEAU
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Résumé

Que faire des déchets polluants produits par l'homme ? Lorsque les détruire semble impossible, la solution "miracle" serait leur enfouissement. Savoir écouter la terre pour la protéger ou quand les récits du sol proposent de nouvelles attentions à un monde incertain.

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Au cœur du monde minéral, des mines et minerais jusqu’à l'ensevelissement des déchets chimiques ou nucléaires, de nouvelles écritures documentaires articulent des récits de longue durée et mondialisés. Des histoires vraies, mais à peine visibles, enfouies depuis des lustres et tenues à bonne distance. Le chercheur en histoire des sciences Leny Patinaux  précise : “Enfouir des déchets chimiques, c'est quelque chose qu'on fait depuis très longtemps, depuis le début du 19e on les enfouit.”

Par ailleurs, en évoquant les déchets nucléaires, il précise : “Garder ses déchets en surface, ça expose les populations actuelles et les populations futures au danger des radiations, l'enfouissement est donc présenté comme une manière de protéger des radiations les gens qui vivent sur ces terres et leurs descendants lointains.” Il n’empêche que pour lui “l’enfouissement est une solution de dépit quand on ne sait pas se débarrasser de quelque chose, on l'enterre”.

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De la guerre de 14-18, véritable laboratoire de la guerre chimique au site de Bure, zone d’enfouissement des déchets nucléaires, le département de la Meuse se trouve en prise avec une question insoluble : l’impossible preuve de la sûreté de ce type d’installation. Isabelle Loodts, auteure, journaliste, revient sur l’impact environnemental des obus de la Première Guerre : “Il y a quand même une série de métaux lourds qu’on va retrouver dans les sols, ainsi que des résidus de perturbateurs endocriniens comme le perchlorate qui étaient dans les poudres. Des résidus qui évidemment, une fois que les obus explosent, peuvent se retrouver aussi dans la nature”.

Comment définir les contours d’un danger incommensurable ? Faut-il étendre le crime d’écocide aux risques de conséquences graves et étendues et donc aux choix faits « en connaissance de cause » ? Pour la juriste Valérie Cabanes, “il faut absolument que les entités morales comme les multinationales puissent être reconnues comme des sujets de droit pénal international. On doit être aussi en capacité de reconnaître la nécessité de protéger les conditions de la vie sur terre et donc d'aller reconnaître aussi des crimes graves qui seraient par exemple le crime d’écocide”.

Un documentaire de Nedjma Bouakra, réalisé par Thomas Dutter.

Avec :

Marielle Macé, auteure

Barbara Glowczewski, anthropologue spécialiste de la culture et des modes de vie aborigènes.

Christophe Boltanski, auteur, journaliste.

Matthieu Duperrex, auteur.

Leny Patinaux, chercheur en histoire des sciences.

Isabelle Loodts, auteure, journaliste.

Liens

  • Brise-Lames, un film de Jérémy Perrin et Hélène Robert, visible sur la plateforme Tënk

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 7/2/2022 le film de Villi Hermann, CHoisir à vingt ans (80')