Une femme qui s’exprime avec un porte-voix.
Une femme qui s’exprime avec un porte-voix.
Une femme qui s’exprime avec un porte-voix. ©Getty - We Are
Une femme qui s’exprime avec un porte-voix. ©Getty - We Are
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Résumé

Comment la phénoménologie permet-elle au féminisme de mener les batailles de l’intime ?

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En 1949, Simone de Beauvoir publiait le Deuxième sexe, où elle décrivait la condition féminine à partir des expériences vécues par les femmes, autant du point de vue des représentations que des expériences corporelles.

Cette démarche était inspirée par la méthode de la description phénoménologique, cette philosophie née au début du 20e siècle en Allemagne avec le philosophe Edmund Husserl qui mettait le corps au cœur de l’attention philosophique.

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Pour le philosophe Raphël Ehrsam ce travail phénoménologique bien “qu’à peine revendiqué par Simone de Beauvoir”, se retrouve dans tout le deuxième tome du ‘Deuxième Sexe’ : “Elle y distingue deux types d'approche de la condition des femmes en 1949 : une approche par l'extériorité, qui se concentre sur les données de l'histoire que peut fournir la psychologie, l'économie, la sociologie, la biologie, etc. Et une deuxième approche qui est part l'expérience vécue essayer de comprendre comment une situation qui est possible de décrire objectivement est intériorisée et vécue. En réalité, les femmes l'assument, s'y rapportent, la combattent, résistent, en souffrent, et finalement, tout ceci représente l'objet du travail phénoménologique de Simone de Beauvoir.”

Ce texte fondateur du féminisme a été suivi de nombreux mouvements au 20e siècle. La philosophe Camille Froidevaux-Metterie, explique comment et pourquoi la lecture de Simone de Beauvoir a influencé sa réflexion : “Elle introduit dans la pensée phénoménologique la question de la sexuation des corps. Les pères fondateurs de la phénoménologie ont fait du corps le lieu même de toute connaissance. Une idée qui rompt donc avec des siècles et des siècles de dualisme du corps d'un côté, de l'esprit de l'autre. Ces pères fondateurs considèrent le corps dans sa dimension générique, c'est-à-dire dans sa dimension masculine et à aucun moment, ils ne pensent que les corps peuvent être sexués, féminin ou masculin. C’est Simone de Beauvoir qui va réparer un petit peu ce curieux oubli.

Aujourd’hui, 73 ans après sa publication, militant.es et philosophes poursuivent le geste d’émancipation du corps des femmes par la description, les récits, les partages.

Penser le corps vécu des femmes à travers les différents âges de la vie et des expériences : le corps objectivé par le regard de l’autre, le corps sexué, le corps désirant, le corps procréateur, le corps qui se nourrit, le corps qui souffre, etc.

Nous tendons l’oreille vers les sons alentours et les nombreuses prises de parole qui racontent un nouveau moment du féminisme qui selon Camille Froidevaux-Metterie pourrait tout simplement avoir comme objectif : “De faire de nos corps objets, enfin des corps sujets.”

Un documentaire d’Élise Gruau, réalisé par Marie-Laure Ciboulet.

Avec :

Collectif Notre corps nous-mêmes, et livre aux éditions Hors d’atteinte

Mathilde Blézat, journaliste et autrice

Camille Froidevaux-Metterie, philosophe, autrice de Un corps à soi, Seuil

Raphaël Ehrsam, philosophe

Law, artiste rap

ComédiensOlivier Martinaud et Nathalie Kanoui.

Bibliographie

Liens

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk , la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 29/5/2022 le film de Dounia Wolteche-Bovet - Les herbes folles - (70'-2019)