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Par François Noudelmann Réalisation: Pierrette Perrono En 1974, alors que les intellectuels français se passionnaient pour la révolution maoïste, Roland Barthes revenait de son périple chinois en déclarant : la Chine est fade. Cette appréciation déçut les enthousiastes, et pourtant elle suggérait un assentiment qui déjouait la logique du pour ou contre. Elle désignait la Chine comme porteuse d'un débordement du sens et du savoir et d'un autre usage des discours. Cet écart paisible et inquiétant, François Jullien le travaille depuis une trentaine d'années, en démontant l'appareillage philosophique occidental à partir de son dehors chinois. Il en repense les principaux concepts, l'être, le vrai, le bien, le beau, en les frottant à des notions insaisissables et néanmoins puissantes : l'allusion, la propension, la fadeur, le flottement... Il ne s'agit pas d'opposer à nos catégories un ailleurs exotique mais de nous inviter à modifier notre regard à desserrer nos modèles de représentations, à vivre, goûter, parler différemment.

Références

L'équipe

Marianne Chassort
Collaboration