erveau artificiel. Illustration conceptuelle par ordinateur.
erveau artificiel. Illustration conceptuelle par ordinateur.
erveau artificiel. Illustration conceptuelle par ordinateur.  ©AFP - ROGER HARRIS / SCIENCE PHOTO LIBRA / RHR / Science Photo Library
erveau artificiel. Illustration conceptuelle par ordinateur. ©AFP - ROGER HARRIS / SCIENCE PHOTO LIBRA / RHR / Science Photo Library
erveau artificiel. Illustration conceptuelle par ordinateur. ©AFP - ROGER HARRIS / SCIENCE PHOTO LIBRA / RHR / Science Photo Library
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Résumé

Frédéric Worms s'entretient avec Catherine Malabou, philosophe

avec :

Catherine Malabou (philosophe, professeure de philosophie au « Centre for Research in Modern European Philosophy » à l’Université de Kingston au Royaume-Uni).

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« Qui a peur de l’intelligence artificielle »? On aurait envie de répondre comme dans le dessin animé : « c’est pas nous, c’est pas nous »! Mais le peut-on vraiment? Cela dépend! Prenons le temps d’y réfléchir, avec Catherine Malabou. Que-dit-elle? D’abord, qu’on aurait tort d’opposer l’intelligence artificielle à  une supposée autre intelligence ou intuition « naturelle » . L’intelligence a mauvaise réputation, mais c’est notre mode de penser et ceux (moins nombreux qu’on ne croit) qui lui opposent un autre mode de pensée prennent des grands risques. Mais cela ne suffit pas. Il y a bien des dangers de l’intelligence artificielle. Comment y répondre alors? Certes, en pensant sa créativité et pas seulement sa destructivité, en la mettant en rapport avec la plasticité de notre cerveau. Mais surtout, en la replaçant dans notre intelligence collective, la plus importante, qui a d’autres noms : la culture, l’éducation, la démocratie. Alors oui mais alors seulement nous pourrons chanter, et danser, devant le grand méchant loup!

Catherine Malabou : Je pense que l'ère de l'intelligence artificielle qui s'annonce aujourd'hui peut ouvrir la possibilité d'une plasticité nouvelle. (...) Pour l'instant on n'en est qu'à la cartographie de cerveaux de rongeurs mais avec les progrès de la cybernétique on peut formuler l'hypothèse que le cerveau humain pourra être cartographié. 

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Je ne pense pas que les machines vont faire ce que nous sommes en train de faire. Elles seront capables d'être des bibliothèques ambulantes, de compiler des données, de les synthétiser, et d'inventer à partir de ces données. Une machine n'est pas un cerveau humain, on ne peut pas en attendre la même chose. 

L'éducation devra à un moment ou à un autre prendre en compte le fait que nous discutons de plus en plus avec quelqu'un qui n'est pas là. Le concept de l'altérité est en train de changer. Le tout autre est vraiment tout autre. Je crois qu'il faudrait développer une éthique de l'autre, pas de l'autre-homme, mais de l'autre comme machine. 

Les neuro-humanités sont un champ à explorer. Les cartes sont totalement rebattues avec toutes les découvertes qu'on fait en neurosciences, on ne pourra pas l'ignorer plus longtemps. 

Le choix musical de Catherine Malabou est Moon Dog, "Bird's Lament"

En savoir plus : L'intelligence pas si artificielle de Catherine Malabou

En savoir plus : Prenons soin de nos cerveaux !

Références

L'équipe

Frédéric Worms
Frédéric Worms
Frédéric Worms
Production
Marine Beccarelli
Collaboration