Photo prise le 10 novembre 1989 devant le mur de Berlin au niveau de la porte de Brandebourg (Brandenburg).
Photo prise le 10 novembre 1989 devant le mur de Berlin au niveau de la porte de Brandebourg (Brandenburg).
Photo prise le 10 novembre 1989 devant le mur de Berlin au niveau de la porte de Brandebourg (Brandenburg). ©Getty - © Boston Globe
Photo prise le 10 novembre 1989 devant le mur de Berlin au niveau de la porte de Brandebourg (Brandenburg). ©Getty - © Boston Globe
Photo prise le 10 novembre 1989 devant le mur de Berlin au niveau de la porte de Brandebourg (Brandenburg). ©Getty - © Boston Globe
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Résumé

Depuis trente ans (1989) ou qui sait, 230 ans (1789), on a lu l’actualité et vu le monde à travers « 89 ». Cette double date signifiait un certain sens de l’histoire : la révolution, les droits de l’homme, la chute des murs ! Mais est-ce encore possible, en 2019 ? Ce soir avec Clara Royer, auteure.

avec :

Clara Royer (Maître de conférence en cultures d'Europe centrale à Sorbonne Université (UMR Eur´ORBEM), ancienne directrice du CEFRES.).

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Le prisme est-il encore actif ? Que nous fait-il voir, une fois fêlé ou brisé ? Ne reflète-t-il plus que les déceptions, les déconvenues : Tian an Men, le sida, l’Europe elle-même, tout ce qui annonce les catastrophes d’aujourd’hui ? Mais ces déceptions et ces ruptures, peut-on les comprendre autrement que par rapport au sens devenu plus concret, fragile et critique mais aussi urgent, de « 89 » ?

Y a-t-il encore une Europe « de l’Ouest » et « de l’Est » ? Est-ce cela que la chute du mur en « 89 » a permis de briser, ou au contraire était-ce une illusion qui, faute d’avoir été assumée, critiquée, dépassée, nous revient aujourd’hui en fragilisant l’Europe elle-même et le monde ? Il faut chercher la réponse dans les textes et les recherches, la littérature et les sciences sociales. Clara Royer traduit, enseigne et commente notamment la littérature hongroise (et a écrit un livre majeur sur I. Kertesz). Elle a déjà fait un point sur ces questions en 2009 (elle a dirigé le Centre français de sciences sociales de Prague) et nous aide à les comprendre. Il faut remonter au-delà de 89, peut-être jusqu’à 1919 et les traités de « paix » de la première guerre mondiale, il faut passer par la seconde guerre mondiale et ses épreuves encore actives, et comprendre si la littérature peut ouvrir les récits figés et guerriers du siècle. 

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Chez les écrivains, la thématique communiste continue de hanter la littérature.

En Europe centrale, il y a eu aussi un petit "ras-le-bol" de "regardez comme l'Allemagne de l'ouest a bien réussi à se confronter à son passé !" (études sociologiques sur trois générations à l'appui).

En ce moment, ce qui m'intéresse beaucoup, c'est de réfléchir sur une façon de "déghettoïser" l'Europe centrale et de montrer quelles sont nos problématiques communes, et ça passerait justement par une réflexion sur ces passés conflictuels qui ne sont pas forcément les mêmes mais qui réagissent aux mêmes mécanismes et que des écrivains essayent d'affronter un peu partout en Europe.

Extrait musical choisi par l'invitée : " Valuska " de Mihàly Vig (WM Music Distribution). Musique du film "Les Harmonies Werckmeister" de Béla Tarr. Le film est lui-même inspiré du livre "La Mélancolie de la Résistance" de Laszlo Krasznahorkai (traduit du hongrois par Joëlle Dufeuilly).                                                                                                     

Références

L'équipe

Frédéric Worms
Frédéric Worms
Frédéric Worms
Production
Sandrine Chapron
Collaboration
Catherine Donné
Collaboration