Au-delà du traumatisme nazi : épisode 1/5 du podcast L’inconscient européen

Mémorial de l'Holocauste à Berlin.
Mémorial de l'Holocauste à Berlin. - © lubilub
Mémorial de l'Holocauste à Berlin. - © lubilub
Mémorial de l'Holocauste à Berlin. - © lubilub
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L’inconscient européen, ce sont à la fois les spectres qui hantent l’Europe et la manière de les affronter. Les invité-e-s de cette semaine ne se payent pas de mots, ont une pratique précise des sujets dont ils parlent et dont une Europe mûre et libre dépend. Avec Laurence Kahn, psychanalyste.

Avec
  • Laurence Kahn Psychanalyste et membre de l'Association psychanalytique de France.

Le nazisme a eu un double effet sur l’inconscient européen. Avant la guerre, il est marqué par la levée des inhibitions, la puissance des pulsions, comme si Hitler confirmait en temps réel l’évolution même de la pensée de Freud après la Première guerre mondiale. Après la guerre, c’est le traumatisme et le crime de masse, le traumatisme qui l’emporte sur les autres objets et même dans la théorie en psychanalyse, au risque de perdre les autres aspects de la subjectivité. Comment dépasser le traumatisme nazi ? Laurence Kahn y voit un enjeu majeur, pour la psychanalyse, les patients et les praticiens. Mais au-delà, c’est l’histoire et l’avenir aussi de l’Europe et de nous toutes et tous qui s’y jouent.

[Theodor Adorno et Walter Benjamin] se disent mutuellement : tout le problème est « Comment se fait-il que [les nazis] arrivent à trouver des exécutants ? » Les exécutants, au fond, c’est la masse de la population ! (Laurence Kahn)

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A chaque fois que la société rencontre un conflit dont la seule solution qui lui apparaît est l’expulsion d’un corps hétérogène, et que des lois sont établies pour établir la légalité de cela, alors oui, nous sommes dans une situation extrêmement grave. Et c’est là que l’on a intérêt à se réveiller. (Laurence Kahn)

Chanson choisie par l'invitée : « A survivor from Warsaw » de Arnold Schönberg, dans la version de Boulez.

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