La défense s'adressant à un homme accusé de vol lors d'un procès à Duisburg
La défense s'adressant à un homme accusé de vol lors d'un procès à Duisburg
La défense s'adressant à un homme accusé de vol lors d'un procès à Duisburg ©Getty - Christophe Gateau
La défense s'adressant à un homme accusé de vol lors d'un procès à Duisburg ©Getty - Christophe Gateau
La défense s'adressant à un homme accusé de vol lors d'un procès à Duisburg ©Getty - Christophe Gateau
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Résumé

L’aveu est une pratique complexe et controversée. Sa plasticité et son ambivalence expliquent qu’il soit toujours présent sans jamais cesser de se recomposer. Nous vous proposons d’explorer les différentes formes contemporaines, attendues ou plus inattendues de l’aveu. Ce soir avec Sophie de Mijolla

avec :

Sophie De Mijolla-Mellor (psychanalyste et philosophe. Elle exerce la psychanalyse en cabinet libéral et enseigne et dirige des recherches en psychanalyse et psychopathologie à l’Université Paris Diderot-Paris 7. Elle est par ailleurs présidente de l’Association).

En savoir plus

L’aveu connaît aussi ses perversions et il peut devenir compulsif en procurant une satisfaction morbide à sa répétition. Pourquoi s’accuser spontanément ? S’agit-il d’une forme de masochisme ? Comment comprendre les ressorts très complexes de la démarche volontaire de se diminuer publiquement ?  Réponse avec Sophie de Mijolla-Mellor, psychanalyste, auteur de L’aveu : théorie psychanalytique et réalité juridique

L'aveu de "défi", est tout le contraire de l'aveu de soumission. C'est une assomption au pouvoir, une reprise en main de la situation, et non un dévoilement.

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L'aveu permet d'être tranquille avec son "sur-moi". Le problème, c'est que le sur-moi n'est pas nécessairement moral, il peut être un élément sadique, et s'il persécute le "moi" du sujet, il va l'amener à faire des aveux déraisonnables comme s'accuser de choses qu'il n'a pas faites. Il s'agira alors d'une vérité vide pour l'auditoire, mais pas pour le sujet.

Le procès est pour l'accusé une dépossession de son histoire, des événements tels qu'il les a vécu. A ce moment-là il peut se sentir, ou se dire, victime, car il s'opère une confusion entre la causalité et la responsabilité des faits. Cependant, la causalité ne sera jamais une excuse à la responsabilité.

Il arrive que quelque chose a été agit par le sujet, il en donne acte, mais n'y adhère par pour autant et reste en retrait par rapport au fait. Cela n'a rien à voir avec un litige intérieur entre le "moi" et le "sur-moi", mais davantage avec la psychopathie.

L'aveu dit du "défaut", n'est pas celui de la faute. C'est un reproche que l'on se fait à sois-même. L'aveu "d'être" comme ceci ou comme cela, est très positif lors de la psychanalyse.

Adolf Eichmann lors de son procès En Israël pour crime contre l'Humanité
Adolf Eichmann lors de son procès En Israël pour crime contre l'Humanité
© Getty - Bettman

Extrait musical : Le Crépuscule des Dieux - Opéra de Wagner - Interprétation Gwyneth Jones

Pour en savoir plus : Sophie de Mijolla-Mellor - Université Paris-Diderot

Références

L'équipe

Antoine Garapon
Antoine Garapon
Antoine Garapon
Production
Joséphine Lampreia
Collaboration
Sandrine Chapron
Collaboration
Catherine Donné
Collaboration