Le retour des otages américains retenus 444 jours en Iran, 1981
Le retour des otages américains retenus 444 jours en Iran, 1981
Le retour des otages américains retenus 444 jours en Iran, 1981 ©Getty - © Bettmann / Contributeur
Le retour des otages américains retenus 444 jours en Iran, 1981 ©Getty - © Bettmann / Contributeur
Le retour des otages américains retenus 444 jours en Iran, 1981 ©Getty - © Bettmann / Contributeur
Publicité
Résumé

Nous recevons ce soir François Nicoullaud, diplomate, analyste politique et ancien ambassadeur français en Iran, pour discuter du dilemme auquel font face les Etats lors d'une prise d'otage : collaborer ou non avec les organisations impliquées dans les enlèvements.

avec :

François Nicoullaud (diplomate, analyste politique, ancien ambassadeur de France à Budapest (1993-1997) puis à Téhéran de 2001 à 2005).

En savoir plus

Faut-il négocier avec les ravisseurs ? Les États qui s’y refusent comme les États-Unis ou la Grande-Bretagne n’obtiennent pas de meilleurs résultats en termes de protection.  Cependant, il s'agit toujours d'un dilemme moral pour l'Etat impliqué, qui doit parfois négocier avec des gens "infréquentables", et aller parfois jusqu'à payer une rançon, ce qui revient indirectement à financer des organisations terroristes.

Nous abordons ce soir ce thème dans le cas particulier de l'Iran avec François Nicoullaud, diplomate et ancien ambassadeur à Téhéran.

Publicité

Aujourd'hui, avec le développement de l'éducation, avec l'urbanisation des villes, on a une jeunesse assoiffée de contact avec le monde extérieur, qui souffre d'être isolée par cette politique obsidionale, par le fait que l'Iran se positionne quand même en Etat paria vis-à-vis de la communauté internationale. Alors les jeunes se rattrapent grâce à internet, grâce aux télévisions par satellite, les gens reçoivent tout. […] Il y a une soif vraiment irrépressible de contact avec le monde extérieur, mais c’est effectivement très, très contrôlé par le régime (iranien).

A l'époque, en France, il y avait une polémique dans la presse. On disait : mais comment se fait-il que cette ambassade fréquente ces criminels ? Et la réponse qui a été donnée par les autorités françaises, c'est que si on veut aider les gens, on est bien forcé de parler. On est bien forcé de reconnaître nos interlocuteurs. On aurait pu faire un très beau geste en fermant l'ambassade, en rompant les relations diplomatiques, mais ça aurai été une façon de se laver les mains et de laisser tomber tous les gens qui espéraient que nous pourrions, d'une façon ou d'une autre, les aider.

Le compromis est quelque chose qui est fondamental dans la diplomatie. On travaille avec des situations réelles. Il faut faire attention avec les principes, qui doivent être manipulés avec précaution. Ils sont importants, effectivement, mais il faut toujours les adapter à la réalité des situations auxquelles on est confronté.

Extrait musical : Let my people go, go down Moses – Louis Armstrong

Pour en savoir plus

Biographie de François Nicoullaud

Qui sont les "Pasdarans" ?

La crise des otages américains en Iran

Références

L'équipe

Antoine Garapon
Antoine Garapon
Antoine Garapon
Production
Julie Voinchet
Collaboration
Sandrine Chapron
Collaboration
Catherine Donné
Collaboration