Lalo Schifrin chez lui à Los Angeles en 2004.  ©Getty - Michel Setboun/Corbis
Lalo Schifrin chez lui à Los Angeles en 2004. ©Getty - Michel Setboun/Corbis
Lalo Schifrin chez lui à Los Angeles en 2004. ©Getty - Michel Setboun/Corbis
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Résumé

Portrait sonore et entretien avec le compositeur de musiques de films Lalo Schifrin qui nous explique sa façon de travailler, très intense, qui lui permet d'enchaîner les films à grande vitesse. Dans cet entretien, il livre quelques anecdotes autour de ses plus grandes compositions.

avec :

Lalo Schifrin (pianiste, compositeur, chef d'orchestre).

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Messiaen mène à tout, même à Bruce Lee.

En témoigne le destin de Lalo Schifrin, figure canonique de la musique de films et compositeur de musique classique et de jazz.Né en 1932 à Buenos Aires, fils d'un violoniste professionnel, il est l'élève du pianiste Enrique Barenboim (père de Daniel) avant de gagner Paris pour y suivre un cursus ô combien classique auprès d'Olivier Messiaen et Charles Koechlin. Sa voie divergera néanmoins grandement de celle de l'auteur de "Vingt regards sur l'enfant Jésus" pour s'orienter vers le jazz bossa nova aux côtés de Dizzy Gillepsie et de Xavier Cugat. 

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Recruté par la MGM, il devient en quelques années l'un des grands auteurs de musique de films et de séries télévisées, donnant pour les uns les B.O de "Bullit", le "Kid de Cincinatti", "Enter the dragon", ou "Monsieur Harry", pour les autres les thèmes de "Mannix" ou "Mission impossible".

De passage à Lyon à l'occasion du récent festival Lumière, "Mauvais Genres" l'a rencontré pour vous et diffusera ce soir des éléments d'entretien, ainsi qu'une anthologie de ses principales musiques.

Lalo Schifrin explique qu'il n'avait pas de modèle quand il a commencé à composer des musiques de films, "il ne faut pas en avoir", "au contraire" même car "il faut être plastique et devenir le modèle". Les autres compositeurs "sont des collègues" pour lui mais il n'en "fait pas des modèles".

Le musicien de film doit travailler dans l'équipe, le scénographe, les acteurs, le scénariste... c'est une équipe. Qu'est-ce-que c'est que faire du cinéma ? Le metteur en scène Ingmar Bergman a dit que faire du cinéma c'est comme faire de la magie. Et c'est quoi faire de la magie ? C'est que les choses qui ne sont pas là, sont là, deviennent là. On donne l'illusion pour le public, alors la musique doit aider l'illusion. C'est ça que j'ai appris avec René Clément et que j'ai essayé de faire après.

Compositeur notamment de la musique du film "Bullitt", il explique pourquoi il a décidé de ne pas mettre de musique pendant la scène de course-poursuite en voiture dans les rues de San Francisco, devenue un moment mythique du cinéma, "c'est plus dramatique comme ça", et d'ajouter que "le silence c'est très important".

En seconde partie d'émission, la sortie d'anthologies des revues Creepy et Eerie (Editions Delirium), l'ouvrage du dessinateur Sergio Aquindo sur le serial killer Harry Powers (Editions Rackham) et la sortie en DVD de "Brighton rock" de James Boulting (Tamasa).

Avec les voix de Pauline Peretz, Jean Baptiste Thoret,Jean Pierre Dionnet,Christophe Bier et Céline du Chéné (pour l'Encyclopédie pratique des Mauvais Genres)

Bande Originale de Bullit
Bande Originale de Bullit
© Radio France
Références

L'équipe

François Angelier
François Angelier
Laurent Paulré
Réalisation
Claire Martin du Gard
Collaboration