Médecin auscultant un malade du sida dans un hôpital en France, dans les années 1980
Médecin auscultant un malade du sida dans un hôpital en France, dans les années 1980
Médecin auscultant un malade du sida dans un hôpital en France, dans les années 1980 ©Getty - Valérie Winckler / Gamma-Rapho
Médecin auscultant un malade du sida dans un hôpital en France, dans les années 1980 ©Getty - Valérie Winckler / Gamma-Rapho
Médecin auscultant un malade du sida dans un hôpital en France, dans les années 1980 ©Getty - Valérie Winckler / Gamma-Rapho
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Résumé

Los Angeles, 1981. Cinq patients, au profil similaire, présentent les mêmes symptômes, qui traduisent une déficience anormale de leur immunité. Très vite, ce syndrome touche toutes les grandes villes américaines. Commence alors une vaste enquête épidémiologique, entre la France et les États-Unis.

avec :

Renaud Piarroux (Chef de service à la Pitié Salpêtrière (APHP), spécialiste des épidémies, membre de l'Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique rattaché à l’INSERM).

En savoir plus

L’histoire commence aux États-Unis, à Los Angeles, en 1981, où le premier signal d’alerte est lancé par un magasinier pharmaceutique. Il s’aperçoit qu’on lui a demandé plusieurs fois un même médicament, plutôt rare, la pentamidine. Utilisé dans les maladies parasitaires, et pour la pneumocystose, qui normalement ne touche pas les adultes, ce médicament est délivré à 5 patients, 5 jeunes hommes sans aucun antécédent. Un constat qui lance la première alerte, et un début d'enquête.

58 min

Leurs maladies traduisent une déficience de leur immunité. On diagnostique alors le syndrome d’immunodéficience acquise : le sida. Et on s’aperçoit alors que ce syndrome ne touche pas seulement Los Angeles, mais toutes les grandes villes américaines, faisant apparaître de nouvelles maladies comme le sarcome de Kaposi, un cancer grave de la peau avec des lésions cutanées, qui se développent jusqu’au décès du patient.

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Ce cancer touche, au début des années 1980, majoritairement la population masculine homosexuelle. Mais rapidement, on s’aperçoit que ces mêmes symptômes se retrouvent chez les héroïnomanes, chez les receveurs de sang comme les hémophiles, et des patients originaires d’Haïti. C’est alors qu'émerge la théorie des 4H, pour homosexuel / héroïnomanes / hémophiles / haïtiens.

Les débuts de la recherche

Dès 1982, les premiers malades arrivent en France, avec les mêmes profils qu’aux États-Unis, notamment au sein de la communauté homosexuelle parisienne. La recherche s'engage, notamment à la Pitié Salpêtrière, où Willy Rozenbaum s’intéresse à un patient présentant de la fièvre et des ganglions, et se trouve alors en stade de primo-infection. Le médecin envoie ses prélèvements à l’Institut Pasteur, auprès de l’équipe dirigée par les professeurs Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi, qui va, pour la première fois, isoler le virus du sida. Ce qui leur vaudra le prix Nobel de médecine en 2008, après une concurrence acharnée face aux laboratoires américains pour revendiquer cette découverte. Le prix de cette bataille, de part et d'autre de l'Atlantique, sera cher payé, expliquant en partie l'origine de l'affaire du sang contaminé.

3 min

Un podcast en 4 épisodes X 15 minutes, raconté par Renaud Piarroux, réalisé par Clément Nouguier. Conseillère au programme : Camille Renard. Documentaliste INA : Delphine Desbiens. Merci à Martine Piarroux.