Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, quelques jours après avoir présenté ses excuses au peuple haïtien, le 2 décembre 2016
Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, quelques jours après avoir présenté ses excuses au peuple haïtien, le 2 décembre 2016
Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, quelques jours après avoir présenté ses excuses au peuple haïtien, le 2 décembre 2016 ©AFP - Michael loccisano / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, quelques jours après avoir présenté ses excuses au peuple haïtien, le 2 décembre 2016 ©AFP - Michael loccisano / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
Ban Ki-Moon, secrétaire général de l'ONU, quelques jours après avoir présenté ses excuses au peuple haïtien, le 2 décembre 2016 ©AFP - Michael loccisano / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Résumé

Une équipe scientifique est mandatée par l’ONU pour enquêter en Haïti sur la mystérieuse épidémie de choléra qui décime la population en Haïti depuis 2010. Mais comment s’assurer de la réelle indépendance de cette équipe ?

avec :

Renaud Piarroux (Chef de service à la Pitié Salpêtrière (APHP), spécialiste des épidémies, membre de l'Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique rattaché à l’INSERM).

En savoir plus

Le 5 mai 2011, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon annonce lors d'une conférence de presse la constitution d'une équipe pour déterminer l’origine du choléra en Haïti. Elle est formée par un panel des meilleurs chercheurs et experts du monde entier. Néanmoins, la nomination de ces scientifiques n’est pas neutre. La plupart sont les tenants d'une hypothèse environnementale pour expliquer la présence du choléra en Haïti, et ne cherchent donc pas une cause humaine.

En effet, une théorie s'est développée, soutenue par un certain nombre de chercheurs américains, qui affirme que le choléra est une maladie dépendante de l’environnement. Alors que le panel de scientifiques constate l'origine de l'épidémie à l'endroit du camp népalais, dans le delta de l'Artibonite, leur rapport est bien plus ambigu. Ils concluent que cette épidémie est liée à une activité humaine, mais qu'elle n’aurait pas pu avoir une telle ampleur si les Haïtiens avaient un bon système de santé et si leur environnement n’avait pas aidé à la prolifération de la bactérie.

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Jusqu'en 2012, paraissent plusieurs publications scientifiques qui relancent la polémique concernant le lien entre l'épidémie et l'environnement. La bataille scientifique passe par les revues, loin, elles aussi, de la neutralité revendiquée.

C'est finalement grâce au chercheur danois Rene Henriksen, qui va s'adresser directement aux biologistes népalais pour récupérer les souches originelles et les analyser, que la preuve est donnée, irréfutable, grâce au séquençage : il s'agit de la même souche choléra ; les soldats népalais ont donc bien apporté le choléra en Haïti. Comment l'ONU a-t-il pu laisser passer un tel rapport ?

Ce n'est que six ans plus tard, le 1er décembre 2016, que Ban Ki-moon va présenter ses excuses au peuple haïtien.

Un podcast original raconté par l'épidémiologiste Renaud Piarroux, réalisé par Clément Nouguier. Conseillère au programme : Camille Renard. Documentaliste INA : Delphine Desbiens.

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