15 octobre 0215, des organisations pour les droits de l'homme en Haïti réclament justice et réparation pour les milliers de victimes du choléra
15 octobre 0215, des organisations pour les droits de l'homme en Haïti réclament justice et réparation pour les milliers de victimes du choléra
15 octobre 0215, des organisations pour les droits de l'homme en Haïti réclament justice et réparation pour les milliers de victimes du choléra ©AFP - HECTOR RETAMAL / AFP
15 octobre 0215, des organisations pour les droits de l'homme en Haïti réclament justice et réparation pour les milliers de victimes du choléra ©AFP - HECTOR RETAMAL / AFP
15 octobre 0215, des organisations pour les droits de l'homme en Haïti réclament justice et réparation pour les milliers de victimes du choléra ©AFP - HECTOR RETAMAL / AFP
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Résumé

L’ONU a enfin reconnu sa responsabilité dans l’apparition de l’épidémie. Une reconnaissance qui va avoir un impact crucial sur la stratégie de lutte contre le choléra en Haïti.

avec :

Renaud Piarroux (Chef de service à la Pitié Salpêtrière (APHP), spécialiste des épidémies, membre de l'Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique rattaché à l’INSERM).

En savoir plus

Fin 2012 - début 2013, Haïti dessine un plan de lutte pour l'élimination du choléra, qui consiste à améliorer le niveau de vie de la population haïtienne. Ce plan ambitieux s'appuie sur des théories environnementales, qui ne peut s'appliquer que sur des décennies, et demande pour cela des financements beaucoup trop importants. Avec cette stratégie, on ne cherche pas à casser les chaînes de transmission. Le choléra s'installe en Haïti.

À partir de 2013, l'épidémiologiste Renaud Piarroux, accompagné de scientifiques français, sensibilise sur le facteur humain à l'origine de l'émergence : les soldats népalais de l'ONU, et non pas le contexte naturel d'Haïti. L'idée que le choléra puisse donc être totalement éradiqué d'Haïti commence à faire son chemin.

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En 2016, quand Ban Ki-moon fait ses excuses au peuple haïtien, des équipes sont mobilisées sur place et financées, pour casser les chaînes de transmission de l'épidémie. À partir de fin 2016, on constate une baisse importante des cas de choléra. Début 2019, le dernier cas de choléra a eu lieu dans le delta de l’Artibonite. Depuis, aucun cas de choléra n’a été déclaré.

Néanmoins, l’OMS refuse encore de déclarer l’élimination totale de cette épidémie, car certains de ses experts continuent de défendre l'hypothèse environnementale, l'idée que le choléra est de toute façon présent dans l'environnement de l'île.

Cette épidémie a révélé qu'elle n'était pas seulement un problème de santé publique, mais aussi un scandale scientifique et politique, où la parole des médecins et des chercheurs peut être biaisée, et instrumentalisée. De cette épidémie, l'une des plus meurtrières du XXe siècle, toutes les leçons n'ont pas encore été tirées.

Un podcast raconté par Renaud Piarroux, réalisé par Clément Nouguier. Conseillère au programme : Camille Renard. Documentaliste INA : Delphine Desbiens.

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