Quelques mois avant l'épidémie de choléra, Haïti a été touché par un grave séisme en janvier 2010
Quelques mois avant l'épidémie de choléra, Haïti a été touché par un grave séisme en janvier 2010
Quelques mois avant l'épidémie de choléra, Haïti a été touché par un grave séisme en janvier 2010 ©Getty - Carol Guzy / The Washington Post
Quelques mois avant l'épidémie de choléra, Haïti a été touché par un grave séisme en janvier 2010 ©Getty - Carol Guzy / The Washington Post
Quelques mois avant l'épidémie de choléra, Haïti a été touché par un grave séisme en janvier 2010 ©Getty - Carol Guzy / The Washington Post
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Résumé

En octobre 2010, le gouvernement haïtien alerte l’ambassade de France sur une épidémie de choléra, qui touche gravement le pays. L’épidémiologiste Renaud Piarroux est appelé en urgence pour investiguer. Sur place, il va très vite comprendre que cette épidémie est mystérieusement inhabituelle.

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Renaud Piarroux (Chef de service à la Pitié Salpêtrière (APHP), spécialiste des épidémies, membre de l'Institut Pierre Louis d’épidémiologie et de santé publique rattaché à l’INSERM).

En savoir plus

Le samedi 23 octobre 2010, à Marseille, l'épidémiologiste Renaud Piarroux reçoit un mail de l'ambassade de France, alertant sur une très forte épidémie de choléra en Haïti depuis quelques jours. Le gouvernement haïtien est désemparé face à la crise sanitaire, et demande expressément qu'une enquête épidémiologique soit effectuée. Renaud Piarroux décide de partir en Haïti, où il atterrit le 7 novembre 2010. En arrivant, il se retrouve face à un pays dévasté par le séisme de janvier 2010, qui a fait entre 100 000 et 200 000 morts. Plus d’un million de personnes vivent sous des tentes.

Renaud Piarroux est tout de suite interpellé par le démarrage de l'épidémie, qui présente une courbe "en falaise" à partir du 20 octobre, soit un nombre de cas anormalement élevé dès les premiers jours de contamination. En effet, à partir du 20 octobre, dans le delta du principal fleuve d'Haïti, L'Artibonite, 500 personnes arrivent à l’hôpital de Saint-Marc, une ville de 200 000 habitants, le lendemain c’est 1 000, et le surlendemain 2 000… Les hôpitaux sont débordés, la situation devient ingérable, les malades sont partout. Les symptômes sont les mêmes : diarrhées, vomissements, déshydratation. Et souvent, la mort.

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Selon Renaud Piarroux, ce démarrage "en falaise" indique une anadémie, une contamination collective par une même source. Il remonte le fil jusqu'aux premiers cas, constatés à partir du 16 et 17 octobre. Tous proviennent du petit village de Mai, situé face à un camp militaire de la MINUSTAH (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti), mission de maintien de la paix de l'ONU (Organisation des Nations unies) en Haïti, en opération depuis 2004. Le camp est en 2010 tenu par des soldats népalais qui venaient d’arriver en Haïti. De ce camp, étaient déversées des matières noirâtres et nauséabondes, que les soldats vont ensuite tenter de nettoyer, et de dissimuler.

Renaud Piarroux est convaincu que l'épidémie est née dans ce camp. Mais pour faire accepter l’idée que le choléra a été importé en Haïti par les soldats de l’ONU, il va se retrouver confronté à un mur politique.

Un podcast original raconté par l'épidémiologiste Renaud Piarroux, réalisé par Clément Nouguier. Conseillère au programme : Camille Renard. Documentaliste INA : Delphine Desbiens.

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