Au milieu des années 1970, le président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre sont les nouvelles cibles des complotistes
Au milieu des années 1970, le président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre sont les nouvelles cibles des complotistes
Au milieu des années 1970, le président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre sont les nouvelles cibles des complotistes ©Getty -  Patrice PICOT / Gamma Rapho
Au milieu des années 1970, le président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre sont les nouvelles cibles des complotistes ©Getty - Patrice PICOT / Gamma Rapho
Au milieu des années 1970, le président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre sont les nouvelles cibles des complotistes ©Getty - Patrice PICOT / Gamma Rapho
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Résumé

Les fantasmes complotistes prospèrent dans les années 1970 avec la création d’une nouvelle société proche du groupe Bilderberg : la Commission Trilatérale. Bilderberg et la Trilatérale sont accusés de choisir les chefs d’Etat et de gouvernement. Dans le viseur des complotistes : le nouveau président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre…

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Les fantasmes complotistes restent marginaux dans les années 1960. Mais ils prospèrent dans les années 1970 avec la création d’une nouvelle société proche du groupe Bilderberg : la Commission Trilatérale. Bilderberg et la Trilatérale sont accusés de placer ses membres à la tête des Etats et des gouvernements. Dans le viseur des complotistes : le nouveau président américain Jimmy Carter et le Premier ministre français Raymond Barre.

Aux Etats-Unis, la victoire de Carter à l’élection présidentielle de 1976 peut sembler surprenante. Il était presque inconnu des électeurs un an plus tôt et n’était crédité que de 4% des voix à l’investiture du Parti Démocrate à 9 mois du scrutin. Pour certains Républicains, son élection s’explique par sa proximité avec la Commission Trilatérale. Il y a été invité, certains de ses membres influents, comme le politologue Zbigniew Brezinski, ont soutenu sa campagne, et Carter, une fois président, a nommé autour de lui 23 membres de cette Commission. 

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En France, c’est avec la nomination de Raymond Barre au poste de Premier ministre en 1976 que les accusations complotistes se propagent. Lui aussi a été invité à la Trilatérale, et son profil technocratique comme son discours mondialiste irritent l’extrême-droite et l’extrême-gauche. Au coeur de leurs dénonciations, une inquiétude : la démocratie ne peut pas être respectée si des intérêts étrangers s’y mêlent, surtout quand ces intérêts sont capitalistes et américains. 

En France, comme aux Etats-Unis, les “chasseurs de Bilderberg” ne s’appuient sur aucun autre élément tangible que des listes. Des listes d’endroits, de thèmes, et, bien sûr, des listes de participants. Mais leurs dénonciations sont si acharnées qu’elles finissent par sortir des cercles complotistes marginaux pour apparaître dans les grands médias : en France, c’est L’Humanité qui les porte, et même TF1 :

Ce sont vos amis qui participent à une entreprise quand même un peu singulière. J’ai ici un ouvrage qui mériterait d’être lu et qui révèle, car on a passé sous silence en France, un texte publié aux Etats-Unis depuis 1975 et qui expose les activités d’une Commission Trilatérale dans laquelle siègent le PDG de Coca-Cola, M. Carter, M. Raymond Barre, dont vous avez peut-être entendu parler. Et que dit-on dans cette Commission Trilatérale ? On étudie l’avenir de la démocratie, et on aboutit à des conclusions singulières : “Il y a des limites potentiellement souhaitables à l’extension de la démocratie. Roland Leroy, directeur de L’Humanité, face à Jean-Jacques Servan-Schreiber, TF1, 1978

Avec la participation d'Oliver Dard, historien, professeur à Sorbonne Université et d'Yves Poncelet, historien

Production : Romain Weber
Réalisation : Thomas Dutter

Archives INA : Véronique de Saint-Pastou
Mixage : Jean-Ghislain Maige
Lectures : Adèle Caglar et Thomas Dutter

Merci à Fabrice Laigle, réalisateur d’Affaires Sensibles sur France Inter.