France Culture
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Dans l’Est de l’Ukraine, la désescalade espérée ne s’est donc pas produite.

L’accord signé il y a deux semaines à Genève est resté lettre morte.

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Si bien que l’escalade a repris ses droits.

Une désescalade se définit comme une diminution progressive d’une menace et d’une tension. Le terme peut aussi désigner une diminution progressive du niveau élevé atteint par quelque chose.

Ainsi parle-t-on d’escalade ou de désescalade des prix.

Pourquoi les participants de la réunion de Genève ont-ils choisi ce terme plutôt que de proposer une solution diplomatique, un chemin pouvant conduire à la résolution du conflit ?

C’est sans doute qu’ils ne pouvaient espérer plus qu’une baisse de la tension. Comme si l’atténuation du symptôme, qu’ils n’ont finalement pas obtenue, faisait figure de seule médication possible.

Dans bien d’autres domaines, on est frappé par le caractère modeste des ambitions des responsables politiques, en particulier dans les pays occidentaux.

Sur le plan intérieur, on s’efforce d’abord de réduire les déficits. On se réjouit par exemple que la hausse soit en baisse ou réciproquement. On parle de victoire quand on est parvenu à ralentir la progression du chômage, de succès quand le rythme de la hausse décroit.

Cette semaine encore, quelques députés socialistes ont bataillé bruyamment pour tenter d’adoucir un plan d’austérité à l’ampleur inédite. Pas pour le contester. Seulement pour en arrondir les angles afin de le rendre plus présentable.

Légère désescalade.

Au total, tout se passe comme si nous avions perdu l’idée même qu’il est possible d’améliorer une situation. Vouloir construire un avenir meilleur relève de l’utopie. Ce que l’on peut espérer de mieux, c’est d’atténuer nos malheurs.

C’est vrai pour les dirigeants, mais aussi pour chacun de nous. Nous espérons que notre situation personnelle ne se dégradera pas trop. Que nous pourrons pour le moins maintenir certains acquis. Que la dureté des temps nous épargnera partiellement.

Le chef de l’Etat a prononcé cette semaine à Carmaux un discours en hommage à Jaurès. Il s’est efforcé de mettre ses pas dans ceux du grand homme en citant la fameuse formule « Aller à l’idéal et comprendre le réel ». Formule qu’il a ainsi commentée : « le réel et l’idéal vont ensemble ». C’était faire fi de l’ordre des facteurs. Jaurès ne dit pas « comprendre le réel et aller à l’idéal » mais l’inverse. Le mouvement vers l’idéal doit être premier si l’on veut avoir une chance de donner du sens au réel pour le comprendre.

Jaurès disait aussi : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots. »

L'équipe

Antoine Mercier
Production