France Culture
France Culture
Publicité

La semaine de la langue française a fait appel cette année « à l’imagination lexicale ou syntaxique des citoyens pour lutter contre les tics de langage, les expressions toutes faites et le jargon professionnel qui envahissent le quotidien et banalisent langue et pensée ». Dans ce cadre, les organisateurs avaient mis les internautes au défi : inventer un mot nouveau et sa définition en 300 signes maximum. Lauréat de la catégorie sénior : « Escargoter » qui signifie prendre son temps. Lauréat de la catégorie junior : « se mémériser», nouveau verbe pronominal du premier groupe qui désigne le fait de se vieillir au moyen d’habits hors d’âge. Exemple : « Elle pourrait être jolie si elle ne prenait tant de soin à se mémériser. » Prix spécial du jury : l’adjectif tôtif, le contraire de tardif et l’adverbe dérivé tôtivement. Ainsi pourrait-on dire en lieu et place de « Longtemps je me suis couché de bonne heure », « Longtemps, je me suis couché tôtivement ». Ce qui serait du plus bel effet ! Parmi les autres mots finalistes figurait : « Lalaliser » qui a pour sens premier: « chanter la la la » : quand on ne peut se rappeler les paroles. Tu connais cette chanson, c’est « la, la, la… ». Comme deuxième sens : utiliser trop souvent l’expression "Oh là là » comme dans : « il m’énerve, il lalalise sans cesse ». Et enfin comme troisième sens : traiter avec légèreté. Ainsi pourrait-on dire qu’« il ne faut pas lalaliser le problème ». Parmi les autres mots nominés le mot « Esquivarder », avec cette définition : « Bavarder pour esquiver une tâche ennuyeuse». Ces trouvailles pourraient immédiatement servir le traitement de notre actualité. Ainsi, peut-on dire que Manuel Valls n’a pas escargoté. A peine nommé à Matignon le Premier ministre assure qu’il a déjà trouvé le moyen de faire 50 milliards d’économies. Les mesures furent tôtivement annoncées ! il n’a donc pas esquivardé ! Ce qui n’a pas empêché l’opposition d’affirmer que tout cela revenait à lalaliser le problème alors qu’il faudrait, selon elle, des réformes de structure. Quoiqu’il en soit, Manuel Valls conserve une forte popularité qui contraste sérieusement avec celle de François Hollande. On se souvient que la presse de droite s’était plu à attribuer au Président de la République le sobriquet peu valorisant de « pépère ». Grâce au concours de la semaine de la langue française, on peut lui suggérer un nouveau titre : "Face à Manuel Valls, pépère se mémérise !"

L'équipe

Antoine Mercier
Production