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Pacte est un mot qui s’entend de plusieurs façons.Selon le sens premier, il désigne un simple accord entre deux parties.En l’occurrence, François Hollande propose aux chefs d’entreprises un allègement de charges en échange d’embauches supplémentaires. Il les sollicite donc pour devenir conjoncturellement co-responsables de la lutte contre le chômage.Mais le mot a un sens plus intensif qui renvoie à une communion de pensée. Il ne s’agit plus d’une association ponctuelle en vue d’un objectif précis mais d’une véritable alliance structurelle en vue de la défense d’intérêts communs. Le pacte d’Acier signé entre l’Italie et l’Allemagne en mai 1939 a scellé l'union des forces des deux pays qui, à la veille de la guerre, partageaient une même idéologie. Dans cette acception intensive, François Hollande aurait opéré un véritable virage doctrinal. Il se serait converti à une vision plus libérale de l’économie, rebaptisée pour l’occasion « socialisme de l’offre ». Le changement promis se serait produit mais pas dans le sens où on l’attendait !Il existe enfin une troisième manière d’entendre le terme « pacte ». Quand il désigne une alliance de circonstance entre deux parties que tout opposent, mais dont les intérêts supérieurs, quoique divergeant, forcent le rapprochement. C’est la catégorie du pacte avec le diable.En Aout 1939, Allemands et soviétiques signaient ainsi un pacte de non-agression dont une clause secrète prévoyait un partage de la Pologne. Ce genre de pacte se conclut dans des situations extrêmes, lorsque la survie d’une partie au moins est en jeu. Il ne dure généralement qu’un temps.Dans ce troisième cas, il faudrait considérer que François Hollande joue cette année sa survie politique. Il avait fait dépendre sa crédibilité d’un résultat qui ne s’est finalement pas produit de manière manifeste : l’inversion de la courbe du chômage.Il a d’abord tenté de nier cette absence de résultat en soutenant que l’inversion était bien là mais qu’on ne la voyait pas. Raisonnement repris encore ces derniers jours par le ministre Benoît Hamon selon qui : " L'inversion est commencée, mais dans la réalité, elle n’est pas perçu sur le terrain »Un tel déni ne pouvait toutefois tenir bien longtemps.D’où le pacte de responsabilité entendu dans notre troisième sens.François Hollande, aurait décidé de s’en remettre aux entreprises pour réaliser sa promesse et se tirer d’affaire politiquement. La finance, c’était l’ennemi du candidat. Elle serait appelée à devenir l’instrument du Président pour sortir de la nasse. A quel pacte se vouer ?François Hollande devra s’en expliquer mardi. Mais on ne le saura vraiment que dans les mois qui viennent lorsque le mot sera devenu une chose.