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Adonis était, comme Attis, le plus beau jeune homme du monde. Son père Cinyras, roi de Chypre, fut aussi son grand-père, car la mère d’Adonis, poussée par les Gorgones, se glissa dans le lit paternel tant elle le désirait. Le malheureux Cinyras ne reconnut sa fille Myrrha qu’au lever du jour. Horrifié, il la chassa. Myrrha erra longtemps, enceinte de son père, et se transforma en arbre à myrrhe, cette résine anesthésiante au parfum érotique si souvent cité dans Le cantique des cantiques.

Adonis naquit adolescent quand l’arbre à myrrhe s’ouvrit en laissant échapper la résine odorante. Il sentait bon. Deux grandes déesses se précipitèrent, ouvrant leurs ailes pour ravir le bel enfant. L’une était Perséphone- Proserpine à Rome-, reine des Enfers. L’autre était Aphrodite, Vénus à Rome. Rude compétition entre la patronne des morts et celle de la sexualité.

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Aucune ne pouvait l’emporter. Le problème fut porté devant le roi des dieux. Qui aurait Adonis ? Et Zeus arbitra. Adonis passerait un tiers de l’année avec Perséphone sous la terre, un autre tiers avec Aphrodite sur la terre, quant au dernier tiers, Adonis en ferait ce qu’il voudrait.

Que croyez-vous qu’il arriva ? Adonis décida de passer le dernier tiers de l’année avec sa préférée, la déesse Aphrodite. Comme on s’en doute, Perséphone n’était pas contente. Elle voulut se venger. Dans ces conditions, personne n’aurait l’amour d’Adonis, na ! Et la reine des Enfers envoya un sanglier trancher avec sa dent l’artère fémorale du jeune homme. La brève année d’Adonis s’achevait.

Du sang jaillissant naquit la renoncule à fleurs rouges qu’on appelle aussi « adonide ». Et aussi un culte intrigant, les Adonides, qui se déroulait sur les toits des Athéniennes le 17 juillet, par quarante degrés à l’ombre.

Les Athéniennes plantaient sous le soleil brûlant de petites graines de laitue dans des tessons d’argile provenant de vases cassés. Elles y versaient de l’eau. Les graines germaient et à peine verdies, les pousses de laitues flétrissaient aussi vite que la courte vie d’Adonis. Quand les laitues étaient sèches, les Athéniennes criaient « Aïaïe Adonis ! » en sanglotant. Adonis restera à jamais l’incarnation des amours les plus brèves.

Références

L'équipe

Luc-Jean Reynaud
Réalisation