Arlette Farge Instants de vie - Editions EHESS
Arlette Farge Instants de vie - Editions EHESS
Arlette Farge Instants de vie - Editions EHESS - © Didier Gaillard/Opale/Leemage
Arlette Farge Instants de vie - Editions EHESS - © Didier Gaillard/Opale/Leemage
Arlette Farge Instants de vie - Editions EHESS - © Didier Gaillard/Opale/Leemage
Publicité
Résumé

Nous recevons l’historienne Arlette Farge pour de la publication de son livre "Instants de vie" aux éditions de l’EHESS.

avec :

Arlette Farge (historienne spécialiste du 18e siècle, directrice de recherches en histoire au CNRS).

En savoir plus

Le XVIIIe siècle d’Arlette Farge est sonore, odorant, tactile, à la fois familier et exotique, attachant. Elle a rencontré le peuple de Paris dans les archives, bavardes et hautes en couleur, de la police ; depuis, chacun de ses travaux redonne vie et laisse la parole à ces oubliés de l’histoire, à ce qui les occupe, les bouscule, leur tient à coeur.

Dans ces entretiens avec Perrine Kervran, Laure Adler et Patrick Boucheron, elle raconte sa formation, sa découverte des archives, son engagement féministe, les hasards et rencontres qui ont jalonné son parcours. Elle élabore également une réflexion sur la sensibilité, l’écriture de l’histoire, et le rôle de l’historien dans le présent.

Publicité

Instants de vie dessine ainsi le portrait d’une historienne pour qui réflexivité, émotion et recherche scientifique sont inséparables.

Nicolas-Bernard Lépicié, Le lever de Fanchon, huile sur toile, 1773
Nicolas-Bernard Lépicié, Le lever de Fanchon, huile sur toile, 1773
- Collection Musée de l'hôtel Sandelin

Le silence, le souffle d'Arlette Farge est publié au éditions La pionnière.

Extraits de l'entretien

La nuit au XVIIIe siècle est, si on l’entend comme aujourd’hui, vraiment très courte, elle n’existe vraiment, je crois, qu’entre 3 et 5 heures du matin. Elle est peuplée absolument d’activités et aussi évidemment de populations qui se mélangent d’ailleurs, qui se côtoient. Vous avez à la fois tous les carrosses qui vont au théâtre, qui sortent du théâtre et qui emmènent les ducs et les duchesses. Et donc derrière ça attire évidemment toute la population qui vient regarder ces carrosses qui partent et qui rentrent. Mais s’il n’y avait que ça, ce ne serait rien, c’est vraiment, il faut le dire, une vie marginale et un Paris très travailleur. C’est-à-dire, on ne change pas d’habitants, puisqu’ils habitent tous Paris, mais de personnages, ce ne sont pas les mêmes personnages le jour et la nuit. Arlette Farge

Ce sont des archives manuscrites qui sont conservées en kilomètres de travées aux Archives Nationales, à la Bibliothèque de l’Arsenal ou à la Bibliothèque Nationale. Ce sont des archives qui sont étonnantes par leur précision, bien sûr, c’est sous le filtre d’une autorité policière, c’est-à-dire que si on est interrogés pour un délit, on va dire qu’on n’a rien fait. Mais heureusement, ces interrogatoires sont toujours entourés d’un grand nombre de témoignages puisqu’il y a toujours beaucoup de monde dans la rue, il n’y a rien qui se passe en privé donc il y a toujours des témoins. Et puis les informations qui viennent de droite à gauche, sont tout aussi précises grâce aux greffiers. Dans les interrogatoires, les gens racontent beaucoup de choses, disent beaucoup de couleurs, racontent leurs gestes… Arlette Farge

La première fois qu’on arrive dans les archives, la difficulté c’est d’abord de déchiffrer, c’est quand même extrêmement difficile, il y a des ratures, il y a des choses dans la marge, c’est presque comme des brouillons. Mais il y a en même temps la sensation immédiate qui se passe des tas de choses, qu’un flux d’informations vient vers vous. Mais on met longtemps, c’est pour ça que j’ai commencé ma thèse par quelque chose d’assez simple : Les voleurs d’aliments à Paris au XVIIIe siècle. Après, on peut s’en aller dans d’autres directions parce qu’on arrive à accomplir tout un chemin, c’est un véritable voyage pour quelqu’un qui a choisi d’y rester tout le temps. Arlette Farge

Archives

Pascal Quignard, émission "La fabrique de l'histoire", France Culture, 2008

Emmanuel Laurentin, extrait du documentaire « Arlette Farge, l’échappée belle » réalisé par Frédéric Biamonti, Sancho&Co, 2009

Arlette Farge, générique "L'Histoire Autrement", émission "Les Lundis de l'Histoire", France Culture, 1999

Références Musicales

Christophe, "Les mots bleus"

Jeff Buckley, "Hallelujah"

Prise de son

Jean-Ghislain Maige

Références

L'équipe

Jeanne Aléos
Production déléguée
Marianne Chassort
Collaboration
Marie Viguier
Collaboration
Romain de Becdelièvre
Production déléguée
Somaya Dabbech
Réalisation
Lou Quevauvillers
Collaboration
Valentin Rémy
Collaboration