"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh
"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh - @Laurent Philippe
"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh - @Laurent Philippe
"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh - @Laurent Philippe
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Au cours de cet entretien, à l’occasion de la reprise de son spectacle « Cocagne », au théâtre National de Chaillot, la metteuse en scène nous parle des références culturelles qui ont nourri sa réflexion, et de l'importance de la question de l'émotion, ainsi que celle du conflit, dans son travail.

Avec

Dans son spectacle, la chorégraphe met en scène, neuf femmes et hommes qui composent et recomposent de grandes fresques vivantes, dans une frontalité volontairement pictural mettant en jeu une communauté traversée par une succession d'émotion et où le "réel" d'une situation bascule vers un espace fantasmé. Elle sera en tournée avec une autre pièce, « Belles et bois », jusqu’en juin. 

"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh
"Cocagne", mise en scène d'Emmanuelle Vo-Dinh
- @Laurent Philippe

La question des émotions est un sujet que j’ai abordé depuis très longtemps, alors, j’ai travaillé sur la valeur de l’émotion et de sa transformation.

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J’amène une structure, les idées, le contenu. Le point de départ, c’est un montage filmique d’un ensemble de films de fiction ou de documentaires, qui a servi de socle dramaturgique à l’agencement des séquences, et ensuite se met en route un ensemble d’improvisations que je guide.

La pièce est extrêmement structurée, et en même temps, elle repose essentiellement sur la prise en charge de l’interprétation par les  danseurs et les comédiens.

J’ai essayé, dans cette pièce, de ne pas faire d’images, ou en tout cas de questionner celles que je présentais en essayant de les mettre à distance, de présenter les choses dans leur plus simple élément. Il y a des séquences d'émotion pure dans lesquelles l’image n’existe pas.

Dans mon travail j’essaie de creuser la question de la mise à distance, ce qui ne signifie pas de s’éloigner de l’émotion, mais plutôt de la questionner. Dans la pièce, il y a une forme d’instabilité, on ne sait jamais la façon dont on doit être touché, que ce soit du côté du spectateur ou celui de l’interprète.

Mon souhait est de ne jamais donner de résolution à ce qui est montré, je ne porte pas de jugement sur ce que je présente, je laisse le champ ouvert.

Archives

« Le pays de Cocagne » un tableau de Brueghel l’ancien, émission « L'art et la vie », RTF, 1948

Michel Foucault, "Les mots et les choses", RTF, 1973

Edouard Levé, émission « Ultracontemporain », France Culture, 2006

Georges Didi-Huberman, émission « Boomerang », France Inter, 2016

Références musicales

Moderat, A new error

Hubert Lenoir, Recommencer

L'équipe

Marie Richeux
Marie Richeux
Marie Richeux
Production
Jeanne Aléos
Collaboration
Charlotte Roux
Réalisation
Lise-Marie Barré
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre
Collaboration