François Durif : "C'est seulement sur le terrain funéraire que j'ai pu me sentir fraternel"

François Durif "L'homme au verre rouge"
François Durif "L'homme au verre rouge" - Louis Rollinde
François Durif "L'homme au verre rouge" - Louis Rollinde
François Durif "L'homme au verre rouge" - Louis Rollinde
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Rencontre avec l’auteur, à l’occasion de la parution de son premier récit "Vide sanitaire" aux éditions verticales.

Avec
  • François Durif écrivain

Quiconque a fait l’expérience de la mort d’un proche sait l’effarement qui accompagne la découverte du décès dans ses dimensions les plus prosaïques, toute cette série de démarches administratives dont on n’avait jusque-là le plus souvent jamais entendu parler,  et l’inquiétante étrangeté qui accompagne les rites funéraires tels qu’ils se pratiquent dans nos contrées.  Le récit de François Durif nous plonge au cœur de cette expérience, mais du point de vue de l’employé des pompes funèbres qu’il a été, pendant quelques années. Une voie qu’il a empruntée après avoir fait les Beaux-Arts, après avoir un temps été l’assistant d’un artiste contemporain de renom, pour finalement décider de prendre cette tangente assez radicale. Vide sanitaire est à la fois le récit de cette expérience, de son parcours et du chemin qui l’a conduit à l’écriture, la littérature et la mort ayant, décidément, bien des choses à se dire. 

François Durif organise une promenade au Père Lachaise le dimanche 31 octobre 2021 : rendez-vous à 11h30 au café L’Ami Justin 28 boulevard de Ménilmontant - en lien avec la librairie Le Monte en l’air. Il fait également une lecture-performance à la Maison de la poésie le mardi 7 décembre 2021 à 20h. Vous pouvez également consulter son blog.

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Une allée du cimetière du Père-Lachaise
Une allée du cimetière du Père-Lachaise
© Getty - Agnola Georges

Extraits de l'entretien

Au moment où j’ai vécu mon expérience d’employé des pompes funèbres, je ne me suis pas dit que j’allais en faire quelque chose plus tard, je ne voulais pas me regarder en train de la vivre, parce que là, j’aurai eu tout faux. François Durif, écrivain

J’étais à la fois assistant funéraire, je m’occupais de toutes les formalités administratives,  et j’étais également maître de cérémonie, ce qui me permettait d’accompagner les familles à la chambre mortuaire. De ce fait, on passait presque six jours ensemble, et finalement, je pense que l’intérêt de ce métier, c’est la continuité de la relation qu’on tisse avec ces familles : il ne se résume pas à un transport des corps.  En fait, L’expérience des pompes funèbres m’a conduit à la forme performance, puisque, pour moi, une des définitions de la performance  est « la qualité de présence à soi-même et aux autres ». François Durif, écrivain

J’ai choisi ce métier, parce qu’après avoir travaillé pendant cinq ans avec l’artiste Thomas Hirschorn, j’avais besoin de sortir du monde de l’art pour gagner ma vie. Je ne voulais faire aucun compromis, je ne voulais pas être professeur d’arts plastiques : je voulais vivre autre chose. Finalement, tous les pas de côté que j’ai faits par rapport au monde de l’art m’ont fait ressentir la nécessité de l’art. François Durif, écrivain

Archives

Michel Foucault, émission Heure de culture française : les utopies réelles ou lieux et autres lieux, Robert Valette, France Culture, 7/12/1966

Robert Filliou, « Ce qui me manque », émission ACR, René Farabet, France Culture, 07/02/1988

Gérard Veclin, émission Sur les Docks, Damien Albessard, France Culture, 02/11/2006

Références musicales

Brigitte Fontaine, J'irai pas

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