Gaëlle Bourges - Danielle Voirin
Gaëlle Bourges - Danielle Voirin
Gaëlle Bourges - Danielle Voirin
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Résumé

Rencontre avec la chorégraphe pour son spectacle (La bande à) Laura qui se joue au Palais de la Porte Dorée les 20 et 21 novembre 2021 en partenariat avec le Festival d’Automne à Paris, puis en tournée en France jusqu’en février 2022.

avec :

Gaëlle Bourges.

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Ce fut l’un des grands scandales de l’Histoire de la peinture. « Olympia », le tableau qu’Edouard Manet présenta au Salon de Paris en 1865, représente au premier plan, une femme nue, allongée sur un lit ; au second, une femme noire, vêtue quant à elle, qui tend un bouquet à la première. En lieu et place de l’évocation d’une déesse gréco-romaine promise par le titre : le portrait d’une courtisane ayant l’audace de nous regarder en face. Jusqu’à une époque toute récente, il ne vint à personne l’idée de s’intéresser au modèle qui avait posé pour la femme du second plan ; ni au fait que Victorine Meurent, le modèle de la femme nue, était peintre elle-même. C’est ce double oubli que le spectacle de Gaëlle Bourges répare, grâce à la recréation vivante, sur le plateau, par quatre performeuses, d’une série de tableaux d’hier et d’aujourd’hui, qui interrogent notre regard sur les œuvres, sur l’Histoire de l’art et sur l’Histoire des femmes.

Chacun de mes spectacles part de l’observation d’une œuvre d’art. Dans l’Olympia de Manet, je voyais bien qu’il y avait deux modèles féminins. Au début, j’ai eu du mal à comprendre pourquoi il avait fait tant scandale à l’époque car aujourd’hui c’est un joli tableau accroché au Musée d’Orsay. Quand j’ai appris qu’il avait fait scandale car le personnage allongé était perçu comme travailleuse du sexe et qu’à l’époque les femmes nues représentaient plutôt des déesses, cela m’a fait rire. De même que Denise Murrell, historienne de l’art africaine américaine, explique qu’elle avait été choquée qu’on ne fasse aucun commentaire dans ses cours d’histoire de l’art de cette femme noire, qui est sur le même plan que la femme blanche, elle étant habillée et tenant un bouquet de fleurs. Il y a la question très vive de la relégation vers l'oubli de cette personne noire qui s’appelait Laure et qui a vraiment existé. Gaëlle Bourges, chorégraphe

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On a tous accès à la lenteur : on apprend lentement à marcher, à parler. Les processus d’apprentissage sont très lents chez les humains. Et pour retrouver cette lenteur, j’ai trouvé un moyen qui est de faire des spectacles lents. Je les perçois comme lents car c’est très complexe à faire un spectacle pour moi. Il y a une lenteur à comprendre ce qu’on est en train de fabriquer ensemble et cela demande une attention particulière. J’aime bien l’idée d’avoir le temps de contempler les choses comme quand on est devant un paysage : devant un coucher de soleil en bord de mer, on s’assoit et on regarde le soleil se coucher. Gaëlle Bourges, chorégraphe

Vous retrouverez toutes les dates de ses spectacles sur son site : ICI 

55 min

Archives

Claude Regy, émission A voix nue, Laure Adler, France Culture, 07/2006

Agnès Thuenauer, émission Les mardis de l'expo, Elisabeth Couturier, France Culture,  05/04/2011

Angelin Preljocaj, émission Hors champs, Laure Adler, France Culture, 01/10/2015

Références musicales

Stéphane Monteiro a.k.a XtroniK, Pol-A-Tra (musique du spectacle)

Références

L'équipe

Marie Richeux
Marie Richeux
Marie Richeux
Production
Mathilde Wagman
Production
Jeanne Aléos
Production déléguée
Félix Levacher
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
Marie Viguier
Collaboration
Shehrazad Siraj
Collaboration
Lou Quevauvillers
Production déléguée