Rutu Modan
Rutu Modan - Hanan Assor
Rutu Modan - Hanan Assor
Rutu Modan - Hanan Assor
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Nous recevons l’autrice et dessinatrice israélienne à l’occasion de la sortie de "Tunnels", sa nouvelle bande dessinée qui paraît aux éditions Actes Sud.

Avec

Après Exit Wounds (prix France Info 2007, prix essentiel du festival d’Angoulême 2008) et La Propriété (prix spécial du jury du festival d’Angoulême 2013, Prix Eisner 2013) c’est sous terre que Rutu Modan fait jouer les personnages de son grand théâtre tragi-comique. Tunnels est le récit politico-burlesque d'une rencontre entre des archéologues israéliens et des passeurs clandestins palestiniens à la croisée des tunnels, en terre sainte. 

"Tunnels" de Rutu Modan
"Tunnels" de Rutu Modan
- Rutu Modan/ Actes Sud

Les origines de l’album

Dans Tunnels, ce qui m’a conduit à l’archéologie, c‘est que dans mon enfance, j’ai connu une famille dont le père prenait ses enfants et les emmenait pour creuser une montagne. Ils l’ont creusé pendant sept ans, parce qu’il était persuadé d’avoir déchiffré un code dans la bible. Ils n’étaient ni religieux, ni archéologues, et pourtant, ils ont passé sept années à chercher. Je me suis rappelé de cette histoire, et je me suis demandé pourquoi ils avaient fait ça : j’ai eu l’impression que c’était comme une sorte d’aventure, à partir de laquelle je pouvais faire un livre. Rutu Modan, dessinatrice

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Les Israéliens creusent des tunnels vers les territoires palestiniens, et les Palestiniens font l’inverse, et les tunnels se rencontre parfois, alors que ce n’est pas du tout fait en coordination, et là, ils sont obligés de se coordonner. Cette coopération, tout à coup, leur donne un but commun, mais c’est un but extrêmement fragile, car même si le but est le même, les intérêts des deux parties sont différents. Je pense que c’est le symbole de la situation : en apparence, on vit sur ce bout de terre et tout le monde veut la même chose, à savoir bien vivre, avoir une vie paisible, mais il n’est pas suffisant que le but soit le même, il faut aussi des intérêts communs. La façon d’agir et d’œuvrer doit être commune, sinon, c’est la tragédie de cet endroit. Rutu Modan, dessinatrice

"Tunnels" de Rutu Modan
"Tunnels" de Rutu Modan
- Rutu Modan / Actes Sud

Le rôle de l’humour et de la couleur

Bien sûr, l’art porte un message, mais ce n’est pas une étiquette. Il y a beaucoup de choses dont je veux parler, mais à travers des questions, et la présentation d’un point de vue. C’est ce qui me meut, plus que le fait de raconter aux gens ce qu’ils doivent penser. La deuxième chose, c’est qu’il s’agit pour moi, de raconter des choses extrêmement douloureuses et désespérantes avec humour, de faire rire les gens et de les intéresser. Intéresser les gens, c’est peut-être mon but le plus grand. Rutu Modan, dessinatrice

La couleur est un moyen très important de dire quelque chose du temps, de l’ambiance et de l’atmosphère, de raconter qu’on a changé de lieu, de décrire ce que je ressens, même par rapport au paysage de mon pays. Ce n’est pas un paysage particulièrement beau, mais il est pour moi toujours intéressant et riche, parce qu’il s’y ancre beaucoup de souvenirs et de sentiments. Dans la BD, en particulier, il y a des moyens d’utiliser la couleur pour transmettre l’information de différentes manières, et je suis très attentive à la question des couleurs. Rutu Modan, dessinatrice

La BD, plus précise pour décrire la réalité

Ce qui est fort dans la bande dessinée, c’est la possibilité d’avoir deux médiums, qui sont pour nous êtes humains, extrêmement forts, à savoir le mot et l’image, et le lien entre les deux peut-être complémentaire, opposé, contradictoire. Cette tension-là représente pour moi l’expérience humaine dans le monde : le lien entre ce que l’on voit et ce que l’on dit, entre ce que l’on voit et ce que l’on pense, ce que l’on perçoit et ce que l’on analyse. Je crois que parler à travers deux voix, est plus précise pour décrire la réalité. Rutu Modan, dessinatrice

Lecture

Didier Sandre lit "Il est paisible, moi aussi" de Mahmoud Darwich

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Archives

Charlie Chaplin, RTF, 1957

Peyo, émission "Nuits magnétiques", France Culture, 1980

Art Spiegelman, émission "La grande table", France Culture, 2018

Références musicales

Emmanuel Dilhac, Souffle volcanique

Winter Family, Archaic Landscape

Les Pires, Heimat Melodie  

Laura Perrudin, Le refuge de la couleur

Traduction

Valérie Zenatti

Prise de son

Jean-Ghislain Maige

L'équipe

Marie Richeux
Marie Richeux
Marie Richeux
Production
Jeanne Aléos
Production déléguée
Lise-Marie Barré
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration
Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre
Romain de Becdelièvre
Production déléguée