Stephan Balkenhol / "Un été au Havre" 2019
Stephan Balkenhol / "Un été au Havre" 2019
Stephan Balkenhol / "Un été au Havre" 2019 - Laurent Lache
Stephan Balkenhol / "Un été au Havre" 2019 - Laurent Lache
Stephan Balkenhol / "Un été au Havre" 2019 - Laurent Lache
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Résumé

Dans le cadre d’"Un été au Havre" qui se déroule jusqu’au 22 septembre, le sculpteur allemand investit la ville avec ses sculptures singulières. L’occasion d’évoquer son rapport au temps et au bois, et ses sculptures qui ne sont jamais des trompe-l’œil.

avec :

Stephan Balkenhol (sculpteur).

En savoir plus

La ville du havre offre un écrin monumental aux œuvres du sculpteur allemand Stephan Balkenhol. Durant la manifestation Un été au Havre, qui se déroule jusqu’au 22 septembre, une dizaine de sculptures spécialement conçues pour l’occasion prennent place sur les façades de plusieurs immeubles de la ville. 

Apparitions, sculptures de Stephan Balkenhol
Apparitions, sculptures de Stephan Balkenhol
- Laurent Bread/ Ville du Havre

Deux expositions lui sont également consacrées jusqu’au 29 septembre au sein de la bibliothèque Oscar Niemeyer et du Portique (Centre régional d’art contemporain du Havre).

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Homme en chemise blanche et pantalon noir 2018
Homme en chemise blanche et pantalon noir 2018
- Le portique/ Courtesy de Stephan Balkenhol

Au cours de notre entretien, Stephan Balkenhol nous explique son rapport à la sculpture et à l'espace : 

"La relation entre la sculpture et l’espace est essentielle. Je décide de ce que je fais par rapport au lieu. Il faut que ce soit un endroit qui demande la présence d’une sculpture. Il faut que la sculpture questionne le spectateur par rapport à lui-même. D’un côté, on peut s’y refléter et en même temps s’y projeter. Je cherche le contraste entre la figuration et l’abstraction de l’architecture."

Il évoque également son choix pour le travail du bois, cette matière qui détermine son temps de création :

"C’est mon tempérament de créer en trois dimensions, peut-être parce qu’il y a un côté physique. La plupart du temps, j’utilise le bois car j’aime le fait qu’il m’impose un certain temps de création, qui peut aller assez vite mais pas trop. J’ai le temps de réfléchir en travaillant, et quand je sculpte la moitié du temps je fais des pauses, je tourne autour de l’œuvre, je la regarde, il y a une interaction entre la matière, la forme et ma pensée, et ma main : le sculpteur pense avec ses mains, comme le pianiste fait de la musique. J’envie les musiciens parce qu’ils ont l’avantage que la musique entre tout de suite dans la peau. La sculpture aussi, c’est sensuel, ça provoque quelque chose chez le spectateur, ça occupe physiquement son espace. " 

"Dans mes sculptures la surface est assez ouverte, on peut déchiffrer sur leur surface le temps que j’ai mis à les faire. C’est le bois, selon sa densité ou son volume, qui détermine le temps dont j’ai besoin pour terminer une sculpture. Pour moi, le bois c’est comme le papier quand on dessine, c’est juste une matière pour créer une forme."

Enfin, Stephan Balkenhol fait l'aveu de son sentiment de manque et de son besoin de le remplir par ses sculptures :

"En tant qu’artiste, on n’arrête jamais de travailler, même si on ne crée pas, on regarde, on écoute, on se promène et on réfléchit. Une musique ou un film peut nous inspirer ou nous questionner. En fait, la création ne représente que dix pour cent du travail. C’est quelque chose qui me réjouit beaucoup car on est dieu, en quelque sorte, on peut créer et ajouter sa propre réalité à celle qui existe déjà. On peut même essayer de changer la réalité qui nous entoure. J’éprouve souvent un sentiment de manque, c’est pour ça qu’il faut que je fasse mes sculptures, pour les rajouter à la réalité, pour combler ce sentiment de manque. J’ai aussi envie de créer quelque chose qui me survive et de chercher une immortalité à travers mes œuvres." 

Stephan Balkenhol dans son atelier à Kassel, Allemagne
Stephan Balkenhol dans son atelier à Kassel, Allemagne
- Henrik Hormung

Archives

Auguste Perret, RTF, 1945

Katsura Funakoshi, émission « Les arts et les gens », France Culture, 1988

Giuseppe Penone, émission « Les masterclasses », France Culture, 2019

En savoir plus : Giuseppe Penone : "L'émerveillement est à la base de la création"

Josef Beuys, source internet

Références musicales

Alain Souchon, La vie ne vaut rien

Louis Sclavis, Valse

Prise de son

Claude Niort

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus.

Références

L'équipe

marie Richeux
marie Richeux
Marie Richeux
Production
Jeanne Aléos
Collaboration
Lise-Marie Barré
Réalisation
Marianne Chassort
Collaboration