Crowdfunding : foule sentimentale ?

France Culture
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C’est l’histoire d’une web série culte : Noob, que son créateur Fabien Fournier a eu l’idée de financer par Internet, avec un résultat au-delà de ses espérances… 688 000 euros récoltés, alors qu’il visait 35 000 pour continuer à la faire vivre. Le succès de la collecte permettra finalement de réaliser trois long-métrages, qui – rendons à César – trouveront leur place sur la toile. Un exemple parmi d'autres de l'essor du crowdfunding (en français : financement participatif). Enquête de Florence Sturm, avec la collaboration de Frédéric Says.

Affiche Kiss kiss bank bank 1
Affiche Kiss kiss bank bank 1
© Radio France

Le secteur compte une soixantaine de sites dont une quinzaine qui dominent le secteur. Ils auraient contribué à lever entre 25 et 40 millions d’euros en 2012. S’agit-il du financement de demain ? Quels sont les projets qui peuvent en bénéficier ? qui sont ces généreux donateurs du web ? quelles sont les failles éventuels du mécanisme ? Et que dit ce phénomène de notre société ?

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"Pour l’album d’un chanteur, j’ai mis 500 euros à 8 heures 30 du matin"
Qu’est ce qui motive un donateur à « investir » dans un projet porté par un inconnu ? **Arthur Chaudanson ** a donné 500 euros pour Guts, un artiste qu’il admire par-dessus tout. Pour lui, c’est la passion qui a joué, mais aussi la contrepartie annoncée :

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Et Guts a réuni les fonds demandés, 12 000 euros en 48h. Marianne Rigaux , elle, est journaliste, auteur d’ un webdocumentaire, qu’elle a financé en partie grâce au crowdfunding. Un système dont il faut connaître les règles de base – très précises – avant de se lancer :

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Marianne Rigaux - Crowdfunding
Marianne Rigaux - Crowdfunding
© Radio France

Lors de la soirée de projection de son webdocumentaire, parmi ses inconnus du 3ème cercle, Marianne Rigaux a donc rencontré Théodor Felezeu , jeune entrepreneur parisien. Pour lui, même s’il ne connaissait pas la réalisatrice avant de verser sa contribution, l’affinité était pourtant évidente :

Corwdfunding - Théodor Felezeu

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Les sites de financement participatif ont d’ailleurs repéré la brèche : là où les banques traditionnelles ne voulaient pas soutenir un projet considéré comme non-rentable, ils ont déployé les fils de la toile sur le refrain « les petits ruisseaux font les grandes rivières ». Cela dit, ilsont aussi leurs propres critères de sélection, comme en témoigne Vincent Ricordeau, cofondateur de KissKissBankBank :

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Marianne Rigaux a, quant à elle, identifié un autre risque : celui de voir les acteurs institutionnels (médias, banques...) se défausser sur le financement participatif :

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Comme lors de chaque Pixel, vous nous avez fait part de vos expériences sur Twitter :

[ View the story "Le crowdfunding - votre expérience" on Storify]

"Le crowdfunding, c'est la logique de la culture numérique appliquée à la culture du don"
Effet de mode ou phénomène de société ? Serge Tisseron , psychiatre et psychanalyste, auteur notamment de « l’Empathie au cœur du jeu social » a déjà tranché. Le financement participatif, marque, avec d’autres approches similaires, un véritable tournant de société :

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Serge Tisseron - Crowdfunding
Serge Tisseron - Crowdfunding
© Radio France

Serge Tisseron, à l’origine du site « memoiresdescatastrophes.org » a lui-même lancé une opération de crowdfunding pour créer une application mobile dédiée .

L'avènement de la collaboration horizontale
Et parfois, une logique de chaîne se dessine. "Tu me donnes, je te donne à mon tour"… Marianne Rigaux, qui a concrétisé son projet grâce au financement participatif, a contribué ensuite à d’autres initiatives :

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En France, le crowdfunding s’est développé de manière empirique, ** sans cadre légal.** Le gouvernement a entrepris d’y remédier. Lors des Assises de la finance participative, en septembre dernier, la ministre de l’Innovation et des PME Fleur Pellerin a annoncé de nouvelles règles spécifiques, encore en cours d’élaboration et qui entreront en vigueur au premier trimestre 2014.

Actuellement, on distingue ** trois types de financement participatif** : le don, le prêt et l’investissement dans les titres de société.

Concernant le prêt, les textes prévoient un plafond de 250 euros par personne , pour un financement global de 300 000 euros par projet. A quelles conditions légales ? Hubert de Vauplane est avocat, spécialiste de la finance :

Crowdfunding - Hubert de Vauplane

3 min

Sur le site de l’AMF, l’Autorité des Marchés Financiers, tout-un-chacun peut consulter une première mouture des textes, et même y déposer sa propre contribution d’ici le 15 novembre et l’annonce définitive du projet de cadre légal.

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