France Culture
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** Le projet de loi sur la cohésion urbaine porté par le ministre François Lamy a été adopté cette semaine par 189 voix pour et une contre au Sénat. Mais à deux mois des élections municipales, comment les associations jugent-elles les nouvelles orientations définies par le ministre de la Ville ? En France, 12 quartiers ont été désignés quartiers-pilotes depuis deux ans, dont Amiens-Nord. Reportage multimédia complété par vos réactions.**

Pixel Amiens - Une cité d'Amiens Nord
Pixel Amiens - Une cité d'Amiens Nord
© Radio France - Frédéric Métézeau

**Quand on rénove, il faut aussi un accompagnement social et humain **

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Pixel Amiens - Logo ALCO
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Pixel Amiens -  Mohamed El Hiba, président de l'association ALCO
Pixel Amiens - Mohamed El Hiba, président de l'association ALCO
© Radio France - Frédéric Métézeau

Tous les soirs, une quarantaine de gamins prennent possession de deux grands appartements transformés en locaux associatifs. L’association ALCO qui emploie huit permanents assure du soutien scolaire et de l’orientation, de la médiation interculturelle, des cours d’informatique. Dans son bureau, le président Mohamed El Hiba contemple la cité rénovée et embellie. Mais il considère que la vie des habitants, elle, n’a pas changé :

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Pixel Amiens - Georges Vétrino, président de l'association Roue Libre
Pixel Amiens - Georges Vétrino, président de l'association Roue Libre
© Radio France - Frédéric Métézeau

Pour changer la vie des habitants, le ministre de la Ville vante donc l’empowerment, c'est-à-dire la parole et le pouvoir d’agir rendu aux citoyens. Le concept né aux Etats-Unis dans les années 30 a été repris par les mouvements noirs et féministes dans les années 70 puis par Barack Obama à Chicago pendant sa campagne de 2008. "Empowerment" , un mot bien savant qui fait sourire Georges Vetrino, président de deux associations à Amiens, dont Roue Libre 80 . Il aurait plutôt tendance à se méfier : "attention à la politique de Pinocchio, la politique des menteurs" ** dit-il.**

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Tonalité identique chez **le sociologue Christophe Baticle, de la faculté d’Amiens, ** qui a participé au collectif La Forge dans les quartiers nord. Il rappelle qu’il faut donner intelligemment la parole aux citoyens, en s’appuyant par exemple sur les associations, car "parfois, la volonté politique est un peu naïve" :

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Au niveau local, les services de l’Etat assurent qu’ils veulent mettre en pratique ces bonnes résolutions. Dans la Somme, **la sous-préfète, déléguée à politique de la ville, Isabelle Dorliat-Pouzet, ** veut associer et impliquer la population, car selon elle : "si on passe à côté des habitants, on passe à côté de l’essentiel".

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Les associations sont toutes désignées pour assurer ce travail d’interface entre les habitants des quartiers populaires et la puissance publique. Sauf que ces associations se trouvent souvent dans des situations difficiles car l’Etat et les collectivités locales demandent toujours plus aux associations mais avec des budgets en diminution.

Au niveau national, 40.000 à 50.000 emplois associatifs pourraient disparaître en 2014. "Attention danger ", prévient Georges Vetrino : "si on fait grève, on va avoir des problèmes en France" .

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L’argent est bel et bien le nerf de la guerre mais les associations demandent à l’Etat et aux collectivités locales un effort de simplification. Le mot est à la mode, et c'est dans ce sens que Mohamed El Hiba demande à l’Etat d’agir, déplorant une situation "pire que le mille-feuilles".

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A la Préfecture de la Somme, on affirme que le message est bien reçu. Les procédures sont en cours de rationalisation et l’Etat redessine la carte des quartiers prioritaires en s’appuyant sur la concentration de pauvreté urbaine qui devient l’indicateur principal de la politique de la ville. "Simplifier, c’est la commande que nous a passée le ministre" explique la sous-préfète Isabelle Dorliat-Pouzet.

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Pour aller vers cette simplification, la sous-préfète de la Somme déléguée à politique de la ville assure que les différents intervenants public, parapublics et privés doivent mieux se coordonner quand il s’agit de politique de la ville :

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**Nous, on fait de la politique. La vraie **
A deux mois des élections municipales, les responsables d’associations lancent un appel à l’aide. Les deux associations de Georges Vetrino sont en grande difficulté financière. Ils demandent aux politiques d’en tenir compte et d’avoir des objectifs plus clairs vis-à-vis de la politique de la ville. Pour Mohamed El Hiba, les associatifs font de la politique, au sens où ils forment les citoyens de demain , grâce à un vrai travail d'éducation politique et populaire :

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Pendant trois ans, le collectif "La forge" est allé à la rencontre des habitants des quartiers Nord d’Amiens. Pour recueillir leurs questions, leurs états d’âmes, leur ressenti, leurs préoccupations. Dans le cadre de l'opération **"la place des habitants", ** des femmes ont rédigé une lettre de doléances adressée au pouvoir public mais surtout un ouvrage compilant les propos recueillis auprès des habitants de la ZUS de Fafet-Brossolette vient d’être publié. "Hors la République ?" nous raconte des habitants distants et méfiants vis-à-vis de la puissance publique. Christophe Baticle les a rencontrés :

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Voici vos contributions sur le sujet : [ View the story "La politique de la ville est-elle la vôtre ?" on Storify]

Frédéric Métézeau (avec Abdelhak El Idrissi)