France Culture
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L'hebdomadaire satirique n'est pas mort. Une édition de 8 pages, au lieu des 16 habituelles, sera publiée à un million d'exemplaires mercredi prochain. Un « numéro de survivants », selon l'avocat du journal, alors que le gouvernement et de nombreux médias ont proposé leur aide à sa rédaction décimée. Reportage de Catherine Petillon, Ludovic Pauchant et Eric Chaverou, ponctué par vos réactions. Avec aussi en complément l'émission "Le Secret des sources", intitulée "La presse attaquée, quelles réponses pour les journalistes".

Le numéro des survivants de Charlie Hebdo
Le numéro des survivants de Charlie Hebdo

Charlie Hebdo reviendra donc en kiosque. Richard Malka, l'avocat du titre , a très rapidement fait le serment après le massacre de mercredi que l'hebdomadaire serait toujours en vente. Pour lui, « c'est la manière des survivants de rendre hommage à tous ceux qui ne sont plus. C'est la manière de dire qu'ils ne nous ont pas tués, qu'on est encore debout. » Richard Malka a aussi demandé ce vendredi aux journalistes « une certaine intimité pour panser nos plaies et pouvoir exprimer des choses très personnelles entre nous et travailler ensemble » :

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Richard Malka, à Libération

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**Patrick Pelloux, l'un des chroniqueurs du journal, avait lui promis d'écrire le journal, même avec ses larmes **

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Pour que Charlie vive. Appel de France Télévisions, Radio France et Le Monde
Pour que Charlie vive. Appel de France Télévisions, Radio France et Le Monde
© Radio France

L'hebdomadaire satirique peut aussi compter depuis deux jours sur le soutien de tous les médias français. Les patrons de presse ont d'ailleurs signé une tribune commune.Et les groupes France Télévisions, Radio France et Le Monde, auxquels se sont ralliés ensuite la majorité des médias hexagonaux, ont par exemple annoncé mettre à disposition de Charlie Hebdo « l'ensemble de leurs moyens humains et matériels » pour que le titre « continue à vivre ».

Comme en 2011 après l’incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo, c'est Libération qui héberge la petite équipe de survivants. Ils sont arrivée ce matin dans les locaux, alors que le quartier est sous une très forte protection policière. Johan Hufnagel**, le numéro 2 du quotidien, parle d'« un acte de solidarité la plus simple » ** :

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Pour se retrouver, l'équipe de Charlie Hebdo s'est installée à l'abri des regards, dans la salle "du hublot" qui abrite d'habitude la conférence de rédaction de Libération. Du matériel informatique, fourni par Le Monde, était arrivé un peu plus tôt. Et pendant plus de trois heures, les "survivants" ont parlé des morts mais surtout de ce qui paraitrait mercredi. Avec notamment dans la pièce, comme le décrit Isabelle Hanne pour Libération, Willem, Luz, Coco, Babouse, Sigolène Vinson, Antonio Fischetti, Zineb El Rhazoui, Laurent Léger, et Gérard Biard :

« Certains, on les connaît. Moi, j'ai échangé un regard avec Laurent Léger (survivant), que je connais bien, qui a vécu quelque chose de terrible. Donc, c'est assez fort et triste. Et en même temps, on est heureux de les avoir avec nous parce qu'on a des valeurs communes », explique le journaliste de Libération Matthieu Ecoiffier :

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Tout le monde est prêt à donner des dessins, des textes, de l'argent

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« Il n'y a pas eu à réfléchir. On est une si petite famille après tout. Les dessinateurs d'humour, on est pas nombreux en France », raconte le dessinateur et rédacteur en chef de "Fluide Glacial" Lindingre . Malgré une scission historique avec Charlie Hebdo, car Philippe Val avait accusé Siné d'antisémitisme, le même Siné aujourd'hui hospitalisé a instantanément mobilisé son équipe. « On est tous là, on s'est contacté à Siné Hebdo pour se dire qu'on était prêt, on est dans les starting blocks, comme à Fluide Glacial d'ailleurs. Mais on a la décence de ne pas être pressants non plus », confie Lindingre :

Yann Lindingre, de Siné Mensuel. Avec Ludovic Pauchant

5 min

Citoyens, lecteurs, cherchent eux aussi comment prendre leur part à la continuité de Charlie Hebdo. Et ils en discutent sur les réseaux sociaux. Voyez ce qu’en a recueilli Eric Chaverou. Beaucoup surtout appellent à acheter le magazine, qu'on l'aime ou non :

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2 min

Un million d'euros d'aide envisagé par le gouvernement

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© Radio France

Le titre pourra aussi compter sur d'importants soutiens financiers. Les annonces se succèdent : du fonds "Presse et pluralisme" (avec un appel aux dons en ligne : jaidecharlie.fr), du fonds Google-AIPG (Association de la Presse d'Information Politique et Générale) pour l'Innovation Numérique de la Presse (FINP), avec 250.000 euros, du quotidien britannique "The Guardian" (128.000 euros), d'une "cagnotte en ligne" sur le site leetchi.com, d'eBay, gêné de voir des ventes de numéros de "Charlie" apparaître sur sa plateforme, et du gouvernement. La ministre de la Culture Fleur Pellerin a ainsi annoncé hier vouloir débloquer en urgence un million d'euros. Ses équipes travaillent pour permettre à Charlie Hebdo de bénéficier de financements auxquels un hebdomadaire satirique n'a pas droit, selon les règles actuelles d'aide à la presse. Fleur Pellerin qui s'est rendue jeudi et vendredi dans différentes rédactions pour se montrer aux côtés des journalistes, en particulier à Libération, en présence de Manuel Valls , pour encourager les "survivants" :

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32 sec

Rappelons qu'en novembre dernier, Charlie Hebdo demandait un soutien financier à ses « lecteurs, lectrices, amis, amies », expliquant qu'avec 60.000 exemplaires par semaine « les ventes ne couvrent plus le coût de fabrication du journal, sa viabilité est menacée ».

Dessin publié dans Charlie Hebdo au moment de l'appel aux dons de novembre 2014
Dessin publié dans Charlie Hebdo au moment de l'appel aux dons de novembre 2014

Appel aux dons pour « soutenir la résistance aux deux premières religions du monde : l'Intolérance et la Bêtise. Rejoignez le djihad pacifique contre la connerie ! » Dans un témoignage particulièrement émouvant sur BFMtv, Jeannette Bougrab, la compagne de Charb, est revenue sur cette situation financière et l'absence de soutien avant la tragédie. « Ma crainte », a-t-elle expliqué, « c'est que aujourd'hui il y a une manifestation de soutien, mais il y a encore quelques jours, on ne savait pas comment on allait payer les factures de fin de mois à Charlie Hebdo. Ils avaient fait appel aux dons, à la générosité de leurs lecteurs, parce que Charlie Hebdo était en difficulté. Quand ils faisaient certaines unes, certains disaient : oui, mais vous jetez de l'huile sur le feu. Et donc, je me dis quand même, il aura fallu que en gros l'état major de Charlie Hebdo soit décimé et exécuté, eh bien peut-être, pour que Charlie continue à vivre ! »
Même reproche de la dessinatrice Coco, rescapée de la tuerie. Sur Arte, elle a regretté « qu'il faille des événements pareils pour que tout le monde se rende compte que cette lutte de ce journal contre les extrémistes prenne vie... »

**Nous sommes "Charlie" **|* ** *La tuerie * **| * ** **Les attentats contre les médias ** | ** * 6 grandes plumes ** *******| * ** ** * * *Parler contre la terreur * | Souvenirs *

Références

L'équipe

Éric Chaverou
Journaliste