"Le Conformiste" de Bernardo Bertolucci, 1971 - Crédit Les Acacias
"Le Conformiste" de Bernardo Bertolucci, 1971 - Crédit Les Acacias
"Le Conformiste" de Bernardo Bertolucci, 1971 - Crédit Les Acacias
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Résumé

Aujourd'hui Plan Large revient sur quelques rôles emblématiques de Jean-Louis Trintignant, avec deux de ses biographes, Laurent Del Bono et Philippe Durant.

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L’annonce du décès, vendredi 17 juin dernier, de Jean-Louis Trintignant, à 91 ans, a créé un émoi considérable. C’était pourtant une des stars les plus discrètes et pudiques qui soit. Acteur à la fois populaire et de plus en plus minimaliste, dans plus de 120 films dont sa modestie intraitable ne sauvait, les bons jours, qu’à peine une dizaine, il a affiné avec les années un art du jeu dépouillé jusqu’au zen, faisant de lui, comme il aimait à le revendiquer, la page blanche sur laquelle cinéastes comme spectateurs pouvaient projeter leur imaginaire. Comme l'explique Philippe Durant, "le problème de Trintignant, c'est qu'il voulait jouer tous les rôles. Chaque fois il a essayé de faire quelque chose de nouveau. Ce qui l'amusait, c'était de découvrir de nouvelles personnalités d'acteur."

Composé unique d’audace et de timidité, il a incarné dans une carrière qui couvre 60 ans de l’Histoire du cinéma toutes les facettes de l’homme moyen, du jeune premier innocent au notable plus ou moins cynique, entre quête idéaliste de pureté et tendance à l’ironie et au dénigrement, jouant volontiers à pervertir son image sage et sa normalité, dans une maîtrise de l’art du chaud-froid à l’ambiguïté toute anglo-saxonne. Laurent Del Bono raconte que Trintignant était "un immense bosseur avec peu de confiance en lui. Certes une partie tient peut-être un peu à la coquetterie, mais il y a chez lui une vraie sincérité, c'est un grand timide."

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"Un homme et une femme", Claude Lelouch, 1966
"Un homme et une femme", Claude Lelouch, 1966
- Crédit Les Films 13

Comme le relevait Agnès Peck dans des esquisses pour un portrait de l’acteur, paru dans Positif quand sortaient concomitamment Regarde les hommes tomber et Trois Couleurs, Rouge, en 1994, Trintignant, cet « acteur pudique au visage impassible tendant vers le masques », était « un regard, dont il pouvait modifier de façon infinitésimale l’intensité et la nuance », « un sourire, avec toute une gamme allant de l’ingénu au sardonique », et bien sûr « une voix, son signe distinctif le plus remarquable, une voix qui a du grain, une voix de gorge, chaleureuse et vibratoire, au timbre voilé et à la résonance étouffée, comme un bruissement surgi des profondeurs du corps. Et une diction inimitable, un attardement, une manière bien particulière d’appuyer certaines syllabes ou de varier les hauteurs. »

"Amour", de Michael Haneke, 2012
"Amour", de Michael Haneke, 2012
- Crédit Les films du losange

Retour dans Plan Large sur cinq de ses rôles, de Et Dieu... créa la femme à Amour en passant par Un homme et une femme , Le Conformiste et Vivement dimanche ! Pour nous en parler, Philippe Durant , qui a publié une biographie de Jean-Louis Trintignant chez First Editions en 2017 ainsi que Laurent Del Bono qui en publie une en septembre aux éditions Prisma .

59 min

La chronique de Raphaël Clairefond : Godlywood

C'est un film que peu de spectateurs français doivent connaître : La Fille qui croyait aux miracles est en effet sorti en France directement en DVD, malgré la présence de stars comme Mina Sorvino ou Peter Coyote. Pourtant, aux Etats-Unis, il a fait un malheur, dans un circuit parallèle, celui des films chrétiens, dans un monde lui aussi parallèle, celui de « Godlywood », sur lequel notre partenaire Sofilm a mené l’enquête dans son dernier numéro. Raphaël Clairefond nous raconte cette industrie du cinéma un peu spéciale : "Depuis quelques années, l’industrie de Godlywood a donc ses propres boites de production ou de distribution spécialisées, ainsi que ses plateformes de streaming ou de vente en ligne de films. Sans compter les festivals, conventions, workshops et autres ateliers d’écriture."

"La fille qui croyait aux miracles", de Corbin Bersen, 2022
"La fille qui croyait aux miracles", de Corbin Bersen, 2022
- Crédit Saje Distribution

Les annonces de Plan Large

Si Sepideh Farsi, notre invitée la semaine dernière, vous a donné envie de découvrir son nouveau film, Demain je traverse sera projeté lundi prochain à 20h30 au cinéma Le Méliès à Montreuil, et ce sera suivi d’un débat avec la cinéaste.

Si une envie de comédie musicale vous démange, la Cinémathèque française consacre à partir de mercredi tout un mois aux films de Stanley Donen, on y verra même Patricia Kelly, la veuve de Gene Kelly, en France en ce moment pour mettre la dernière main aux inédits entretiens qu’elle a enregistrés avec son génie de mari, et qui seront diffusés tout l’été chez nos amis de France Musique.

Et puis si vous êtes normands, allez au Moulin d’Andé. A partir d’aujourd’hui, et jusqu’au 3 juillet, le mythique lieu de résidence d’écriture du cinéma, de la musique et de la littérature fête ses 60 ans, avec un hommage aux personnages qui ont fait l’histoire du lieu, dont, côté cinéma, rien moins que François Truffaut, Alain Cavalier, Romy Schneider, Georges Pérec et autres

Extraits sonores

Extrait de "Et Dieu… créa la femme", de Roger Vadim, 1956
Extrait de "Un homme et une femme", de Claude Lelouch, 1966
Extrait de "Le conformiste", de Bernardo Bertolucci, 1971
Extrait de "Vivement dimanche !", de François Truffaut, 1983
Extrait de "Amour" de Michael Haneke, 2012
Extrait de "La fille qui croyait aux miracles", de Corbin Bersen, 2022
Musique du film "Le grand silence" composée par Ennio Morricone, 1968
Musique "Save me" du groupe Skillet, 2019

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Vivian Lecuivre
Réalisation
Marceau Vassy
Collaboration