"Fratè" de Karole Rocher et Barbara Biancardini - Crédit Le Pacte
"Fratè" de Karole Rocher et Barbara Biancardini - Crédit Le Pacte
"Fratè" de Karole Rocher et Barbara Biancardini - Crédit Le Pacte
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Résumé

Plan large reçoit les cinéastes Karole Rocher et Barbara Biancardini pour leur film "Fratè" ainsi que Sepideh Farsi pour son nouveau long-métrage "Demain, je traverse". Ou quand le cinéma raconte les espaces insulaires.

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Plan Large vous emmène dans des îles, telles que filmées par trois réalisatrices. Les deux premières sont mère et fille, elles ont tourné ensemble, dans le petit village corse dont elles sont originaires et où elles ont leurs habitudes estivales, une drôle de comédie grand public qui est aussi un film de famille, Fratè, avec Thomas Ngijol et Samir Guesmi, plus corses que corses, en frères ennemis forcés à la cohabitation. Karole Rocher, actrice fétiche de Sylvie Verheyde, mais aussi réalisatrice depuis près de 20 ans, et Barbara Biancardini sont nos invités. Karole Rocher raconte que son "premier métier, c’est celui d’actrice. Je fais des petits pas. Mon plus grand plaisir sur un tournage c’est de partager. Dans ce métier on est souvent seul, partager la réalisation du film avec ma famille je trouve cela beaucoup plus séduisant" et Barbara Biancardini d'ajouter "qu'au-delà d’une collaboration de réalisation, c’était aussi une collaboration avec le village. On avait pour but de travailler avec des gens en qui on avait confiance."

"Fratè", de Karole Rocher et Barbara Biancardini
"Fratè", de Karole Rocher et Barbara Biancardini
- Ccrédit Le Pacte

Face à elles, une cinéaste iranienne, mais qui a fait de Paris son port d’attache depuis près de 40 ans. Elle a tourné à Téhéran sans autorisation en 2009, où elle montrait sans fard une jeunesse iranienne comme le cinéma de son pays, censure oblige, ne peut jamais le faire, reconstitué l’Iran en Grèce pour une torride fiction, Red Rose, où l’acte sexuel devenait acte politique. C’est à nouveau en Grèce, à Athènes et sur l’île de Lesbos, que Sepideh Farsi a filmé avec Demain, je traverse le choc de deux mondes, via l’amour inattendu et passionnel entre une policière corrompue et un réfugié syrien : "C’est un pays qui m’attire depuis longtemps. J’ai eu l’envie et le besoin de rappeler cette crise grecque. Athènes et Lesbos sont devenus des carrefours où se croisent énormément de destins, de façon très tragique et créant en même temps aussi des rencontres très riches."

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"Demain, je traverse", de Sepideh Farsi
"Demain, je traverse", de Sepideh Farsi
- Crédit Solaris Distribution
51 min

Le journal du cinéma : "Le Prince", de Lisa Bierwirth

Et puis il y a encore le premier long-métrage de la réalisatrice allemande Lisa Bierwirth, Le Prince, portrait d’un amour complexe entre un Congolais sans papiers, vivant de différentes débrouilles, et une galeriste de Frankfort. Inspiré d'une histoire vraie, celle de la mère de la réalisatrice, il offre son premier grand rôle au cinéma au rappeur Passi Balende, celui de Minister AMER et d’albums solos du début des années 2000, qu’il interprète avec une grande justesse et tout en retenue. Passi Balende, au micro de Marceau Vassy : "Les deux protagonistes pensent être plus ouverts que les leurs. Tous les deux pensent être au-dessus et en même temps tous les deux ont leurs propres problèmes à régler : sont ils si ouverts que ça ? Sont-ils aussi ouverts qu’ils le pensent ? Le film pose ces questions."

"Le Prince", de Lisa Bierwirth
"Le Prince", de Lisa Bierwirth
- Crédit Shellac

La chronique de Charlotte Garson : "La Maman et la putain" de Jean Eustache

Après sa présentation événement à Cannes, en présence de Françoise Lebrun et Jean-Pierre Léaud, La Maman et la Putain, le film si longtemps invisible, pour des raisons de droits, de Jean Eustache, est enfin accessible à tous sur grand écran, dans une copie vraiment magnifiquement restaurée, aussi bien côté son que côté image. Un film qui parle incroyablement à ce que nous sommes, près de 50 ans après sa sortie, en 1973 : "On le vit à chaque fois différemment. C‘est davantage un film à revoir qu’à voir. Le film impose qu’on le revoie car il n’affirme que cela : que la beauté git non pas dans la première fois mais dans la reprise. Oui, il y a une lassitude de l’amour, mais il n’y a que transformation de ses formes."

"La maman et la putain" de Jean Eustache
"La maman et la putain" de Jean Eustache
- Crédit Les films du Losange
59 min

Hommage à Jean-Louis Trintignant

Jean-Louis Trintignant n’aimait pas beaucoup le dragueur catholique de Ma Nuit chez Maud, il prenait d’ailleurs beaucoup de plaisir à incarner des personnages qu’il détestait, dans les 120 films qu’il a tournés sur plus de 60 ans de carrière, et dont il ne sauvait qu’une petite dizaine. De Et Dieu... créa la femme à Amour, en passant par Le Combat dans l’île, Un homme et une femme, Le Conformiste, Vivement dimanche et Regarde les hommes tomber, pour n’en citer que quelques-uns, nous retracerons samedi prochain dans Plan Large la carrière et la filmographie de l’acteur disparu hier à 91 ans. Karole Rocher souligne le fait que Jean-Louis Trintignant, "a continué jusqu'au bout à dire que la vie était belle, il était resté lui même, très intègre" tandis que Sepideh Farsi rend hommage à cette "force alliée à une fragilité qui cohabitaient ensemble" dans le corps et le jeu de cette icône du cinéma français.

Jean-Louis Trintignant dans "LE CONFORMISTE" de Bernardo BERTOLUCCI, 1970
Jean-Louis Trintignant dans "LE CONFORMISTE" de Bernardo BERTOLUCCI, 1970
- Crédit Les Acacias
1h 36

Les sorties de la semaine

Un conduit dans une maison qui s’avère un trou spatio-temporel, aux effets inattendus, c’est la nouvelle bizarrerie de Quentin Dupieux, Incroyable mais vrai, en attendant, pour la rentrée, il n’arrête pas, son très drôle Fumer fait tousser, vu à Cannes et qui sortira le 30 novembre.

Une curiosité étrange, là encore, issue du très méconnu cinéma d’horreur coréen des années 80, avec poupée maléfique, c’est l’inédit Suddenly in Dark Night, de Young-nam Ko.

Des légionnaires à Djibouti qui rejouent le Billy Budd d’Herman Melville, c’est le torride et mélancolique Beau travail, le 9e film de Claire Denis, en 1999, qui ressort en copie restaurée.

Les déboires d’une influenceuse polonaise, confrontée à un stalker sordide, et filmée par un Suédois, c’est Sweat, de Magnus von Horn.

On vous en parlait la semaine dernière avec son auteur, le cinéaste portugais Pedro Costa : Ventura, son film inédit de 2014, est enfin lui aussi sorti sur les écrans ce mercredi.

Une peine de cœur qui se soigne dans les terres glaciales de Sibérie, c’est Mon amour, essai documentaire de David Teboul.

Un agent d’assurances bien comme il faut qui réalise qu’il est depuis sa naissance le héros d’une émission de télé-réalité, c’est The Truman Show, de Peter Weir, un des meilleurs films de Jim Carrey, qui revient en salles après avoir fait l’affiche du dernier Festival de Cannes.

Il y a encore une très étonnante histoire d’amour dans les manifestations des gilets jaunes, c’est Boum boum, premier long-métrage documentaire de la cinéaste Laurie Lassalle.

Et enfin, retour aux années Pinochet, via les amours d’un travesti et d’un révolutionnaire, c’est Je tremble, ô Matador, de Rodrigo Sepulveda, avec l’acteur fétiche de Pablo Larrain, Alfredo Castro.

Les annonces de Plan Large

Pour voir avant qu’ils ne sortent quelques films de Cannes, « Cannes au Louxor », à Paris, c’est du 22 au 28 juin. 16 films en avant-premières, toutes sections confondues, avec du très beau.

Si vous voulez du pas encore vu nulle part, toujours à Paris, le Champs-Elysées Film Festival commence lui le 21 juin, six films américains et six films français en compétition, tous indépendants. Du 23 au 26 juin, au cinéma Le Méliès à Montreuil, c’est la 9e édition de 7ème Lune, le Festival International des jeunes cinéastes, avec aussi, en leur présence, des cartes blanches à Wang Bing et à Bertrand Bonello.

Et puis enfin, si vous rêvez de rencontrer Joe Dante, le grand cinéaste et trublion américain est lui aussi à Paris ce week-end. Il présente la version restaurée de son film de loup-garou, Hurlements. C’est ce soir à 20h30 au Max Linder Panorama, et demain au Grand Action. Préparez vos balles d’argent !

Extraits sonores

Extrait de" Ma nuit chez Maud", de Eric Rohmer, 1969
Extrait de "Fratè", de Karole Rocher et Barbara Bianchardini
Extrait de "Demain, je traverse", de Sepideh Farsi 
Extrait de "La maman et la putain" de Jean Eustache
Musique du générique de "Demain, je traverse" interprété par Erik Truffaz
Musique "What's a girl to do" de Fatima Yamaha

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Vivian Lecuivre
Réalisation
Marceau Vassy
Collaboration