"Années 20" de Elisabeth Vogler
"Années 20" de Elisabeth Vogler
"Années 20" de Elisabeth Vogler - Crédit 21juin Cinéma
"Années 20" de Elisabeth Vogler - Crédit 21juin Cinéma
"Années 20" de Elisabeth Vogler - Crédit 21juin Cinéma
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Résumé

Aujourd'hui dans Plan large nous recevons les cinéastes Elisabeth Vogler pour son film "Années 20" et Nicolas Peduzzi pour son documentaire "Ghost Song". Ou quand le cinéma nous invite à une déambulation dans la ville.

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Il y a des villes qui sont de véritables stars de cinéma, et qui ne se lassent jamais d’être filmées. Il en est d’autres plus discrètes, aux noms cependant célèbres, dont on réalise qu’on peine à s’en figurer des images, alors qu’elles n’en sont pas moins formidablement cinégéniques. Plan Large fait le grand écart ce samedi entre Paris, France, et Houston, Texas, telles que mises en scène par deux cinéastes, dans des propositions de cinéma tout à fait singulières, sur lesquelles planent les ombres tutélaires de grandes figures du cinéma américain le plus indépendant, comme Richard Linklater et Harmony Korine. Portraits organiques et prises de pouls de villes en mouvement, Années 20 et Ghost Song ont des choses à se dire, tout comme leurs auteurs, Elisabeth Vogler et Nicolas Peduzzi, nos invités aujourd’hui dans Plan Large.

"Années 20" d'Elisabeth Vogler

Elisabeth Vogler avait déjà filmé Paris, sur une période de trois ans et demi, dans un film diffusé sur Netflix en 2019, Paris est à nous. Un film dont le scénario s’écrivait au fur et à mesure de son tournage en longueur, et des événements qui rassemblaient les gens dans les rues et les places de la capitale (Fête de la musique, manifestations contre la Loi travail ou défilés après les attentats, Nuit debout, et autres…).

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Dans Années 20, Elisabeth Vogler filme cette fois-ci Paris en un seul plan séquence d’1h30 sur 6 km avec 24 personnages qui, une fin de journée d’été, retournent à la vie et aux plaisirs de la rencontre après les mois reclus du premier confinement dans capitale : "Le rythme de la marche amène la discussion, c’est là où la pensée s’éclaire. (...) Faire un film en un seul plan est compliqué, c’est un fantasme du cinéma. Le plan séquence demande une concertation de tout le monde, il faut une attention de tous les corps technique et artistique, il faut quarante personnes à l’unisson."

"Années 20" d'Elisabeth Vogler
"Années 20" d'Elisabeth Vogler
- Crédit 21juin Cinéma

"Ghost Song" de Nicolas Peduzzi

Le film Ghost Song de Nicolas Peduzzi se déroule quant à lui dans la ville de Houston au Texas. Une ville dans laquelle le réalisateur avait déjà tourné son premier documentaire Southern Belle , sorti il y a quatre ans, Grand Prix au FID de Marseille, qui dressait le portrait de l’assez déjantée Taelor Ranzau, richissime héritière d’un magnat du pétrole : "J’ai l’envie de brouiller les pistes entre le documentaire et la fiction."

Ghost song s’attache à trois personnages fracassés de l’Amérique contemporaine, entre addictions multiples et attente de l’Apocalypse, que relie un rapport particulier à la musique. Dans ce film, ce n'est pas le Houston qu’on appelle quand on a un problème dans une fusée lunaire, pas celui des banlieues pavillonnaires que raconte Richard Linklater dans son dernier film, d’animation, pour Netflix, Appolo 10 ½, non, c'est celui des ghettos de pauvres, Third Ward, ou de riches désaxés. Le tout dans l'atmosphère angoissante d'un ouragan qui doit bientôt toucher la ville : "Les personnages du film ont vécu un énorme ouragan deux ans avant le tournage. Tout la ville de Houston était alors sous l’eau. Houston est une ville qui est le paradis des ouragans. On a filmé pendant la saison des pluies et il y avait cette menace qui était omniprésente."

"Ghost Song" de Nicolas Peduzzi
"Ghost Song" de Nicolas Peduzzi
- Crédit Alchimistes Films

À lire aussi : Detroit-Huston : l'Amérique des déclassés sur grand écran

Le journal du cinéma : "Pas... de quartier" de Paul Vecchiali

Paul Vecchiali, éternel franc-tireur et doyen des cinéastes français en activité vient de sortir son dernier film Pas...de quartier. Un an après son beau mélodrame Un soupçon d’amour, il revient avec un de ces « musico-drames » qu’il affectionne, autour d’un cabaret de travestis dans une petite ville du Sud de la France, en butte aux manœuvres moralisatrices d’un groupe de notables d’extrême-droite.

Paul Vecchiali, monument marginal du cinéma français, signe là son film le plus explicitement politique depuis bien longtemps. Explications, avec Emmanuel Vernières , auteur en 2005 du documentaire Paul Vecchiali, en diagonales, devenu depuis son attaché de presse : "Paul Vecchiali est suffisamment protéiforme pour avoir le besoin de rebondir d’un film à l’autre. Son précédent film était très introspectif et là il a eu besoin d‘aller chercher ailleurs, et cette richesse c’est la marque de son cinéma."

"Pas... de quartier" de Paul Vecchiali
"Pas... de quartier" de Paul Vecchiali
- Crédit Dialectik

Pour voir d’autres films de Paul Vecchiali, comme Femmes femmes et Corps à cœur, et aussi découvrir la liste de ses 50 films préférés, qui font évidemment la part belle au cinéma français des années 30 et 40, mais pas seulement, loin s’en faut, c’est sur LaCinetek, la cinémathèque en ligne des cinéastes, notre partenaire, qui cette fois-ci encore offre aux auditeurs de Plan Large des cinépass, histoire de découvrir ce mois-ci la liste de films choisis par la cinéaste Claire Simon, mais aussi toute une série de films noirs, en lien avec la rétrospective en cours à la Cinémathèque française. Pour tenter de gagner les cinépass de LaCinetek, il faut cliquer sur ce lien .

À lire aussi : Paul Vecchiali

La chronique de Rapahel Clairefond : Takeshi Kitano

Outrage Coda est le dernier film en date, sorti en 2017, de Takeshi Kitano, sorti directement en e-cinéma sans passer par la case salles, ce qui en dit long sur le pâlissement de l’étoile du cinéaste culte de Violent Cop, Sonatine, Hana-Bi, Zatoichi et quelques chefs-d’œuvre encore. En attendant, on l’espère, de voir un jour un nouveau film du Japonais, Sofilm consacre sa couverture à celui qui dans son pays est avant tout le dieu vivant de la télévision japonaise, dans son personnage de Beat Takeshi. Un volumineux dossier qui retourne, à Tokyo, sur les lieux qui ont vu passer le « parrain », et revient notamment sur un incident, peu connu en France, qui a ému les tabloïds nippons et contribué à forger sa légende.

"On a appelé ça, dans la presse à scandale japonaise de l’époque, « Le Friday Incident ». Alors, l’incident du vendredi, qu’est-ce que c’est ? Et bien, c’est l’histoire quelque peu surréaliste d’une expédition punitive menée par Kitano et son clan contre un magazine people au début de sa carrière."

"Outrage Coda" de Takeshi Kitano, 2017
"Outrage Coda" de Takeshi Kitano, 2017
- Crédit E-Cinema

À lire aussi : K comme Takeshi Kitano : "Pour lui, le cinéma est une vertu"

Extraits sonores

Extrait Années 20 d’Elisabeth Vogler

Extrait Ghost Song de Nicolas Peduzzi

Extrait Pas… de quartier de Paul Vecchiali

Extrait Outrage Coda de Takeshi Kitano

Musique « Sonatine » de Joe Hisaishi

Musique tirée de la bande son du film Ghost Song

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Marceau Vassy
Collaboration
Vivian Lecuivre
Réalisation