"Plein Soleil", de René Clément, 1960 - Crédit Carlotta
"Plein Soleil", de René Clément, 1960 - Crédit Carlotta
"Plein Soleil", de René Clément, 1960 - Crédit Carlotta
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Résumé

Aujourd'hui Plan Large est en direct du 50e Festival La Rochelle Cinéma. L'occasion de revenir sur deux grands mythes du cinéma mis à l'honneur cette année : Alain Delon et Pier Paolo Pasolini.

avec :

Sophie Mirouze (Déléguée générale et directrice artistique du Festival la Rochelle Cinéma (FEMA)), N.T. Binh (Journaliste, critique, enseignant de cinéma (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)).

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C’est la dernière, de la saison, et on ne pouvait résister à fêter ça dans la première grande fête du cinéma du début de l’été, un des plus joyeux et accessibles festivals, dédié au 7e art dans tous ses états. 50 éditions déjà que sur le port atlantique s’offre à un public venu de toute la France le cinéma sous toutes ses formes, de tous les temps et de tous les continents. Sophie Mirouze, sa codéléguée générale avec Arnaud Dumatin depuis 2019, est avec nous pour nous donner les grandes lignes de cette édition quinquagénaire et toujours aussi plantureuse, avec plus de 220 films présentés en 364 séances, sans oublier des rencontres à foison, des leçons de musique et, une première, de montage, des expositions... Comme l'explique Sophie Mirouze, "depuis 50 ans c’est le cinéma qui est à l’honneur et tous les cinémas. La particularité du festival, son identité, c’est d’aller du cinéma muet jusqu’au cinéma d’aujourd’hui et de parcourir toute l’histoire du cinéma."

Rétrospective Pasolini et hommage à Alain Delon

Dans ce riche programme, nous avons retenu une rétrospective, et un hommage, à deux mythes aussi complexes qu'ambigus, qui ont fait leurs premiers pas au même moment, à l’orée des années 60, et restent encore toujours aussi vivaces dans les rétines des spectateurs et spectatrices.

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Le premier mythe est italien, il s'agit de Pier Paolo Pasolini dont nous fêtons cette année le centenaire de la naissance et dont nous parle Aurore Renaut, maîtresse de conférences en études cinématographiques et audiovisuelles à l’Université de Lorraine, et spécialiste du cinéma italien : " Les personnages qu’il filme dans Accattone , on ne les a jamais vus avant au cinéma. Ce sont des sous-prolétaires. Pasolini est un cinéaste poète. Il va inventer son propre style, il tire les ficelles du néo-réalisme vers le social tout en inventant une image nouvelle. "

58 min
"Accattone", Pierre Paolo Pasolini, 1961
"Accattone", Pierre Paolo Pasolini, 1961
- ACCATONE © Archivio Angelo Pennoni

Le second mythe est français, il est acteur et il s'agit bien sûr de l'immense Alain Delon, dont nous parle l’écrivaine Denitza Bantcheva, collaboratrice à la revue Positif et spécialiste du cinéma européen des années 1960-1980, autour du film Plein Soleil de René Clément : "Ce film a lancé la carrière d’Alain Delon sur le plan international car ses films précédents avaient été appréciés en France mais ne s’étaient pas exportés à l’étranger."

"Plein Soleil" de René Clément, 1960
"Plein Soleil" de René Clément, 1960
- Crédit Carlotta

Le Festival La Rochelle Cinéma se prolonge aussi chez notre partenaire LaCinetek, la Cinémathèque en ligne des Cinéastes, avec la retransmission du Ciné-Club Les larmes amères de Petra von Kant présentée par François Ozon, un focus dédié à Fassbinder, la liste de 50 films de Jonas Trueba, et une promotion Alain Delon, tout le mois de juillet, qui propose ses films à 2 euros. Et comme chaque début de mois, LaCinetek fait gagner des cinépass aux auditeurs et auditrices de Plan Large. Pour les remporter, il suffit de répondre à la question du jour .

Le journal du cinéma : Philippe R. Doumic, photographe de cinéma

Alain Delon fera aussi la couverture d’un livre à paraître, le 6 octobre, chez Capricci, et qui réunit les photographies d’un inconnu célèbre, Philippe Doumic, qui dans les années 60 a réalisé pour Unifrance 15 000 photographies des actrices, acteurs, cinéastes et techniciens du jeune cinéma français, des images qui pour certaines sont devenues iconiques, comme celle de Jean-Luc Godard contemplant un ruban de pellicule. Le nom de leur auteur était tombé dans l’oubli, avant que sa fille, Laurence Doumic-Roux ne le fasse ressurgir par un film, Philippe R. Doumic – Sous son regard l’étincelle, et par une exposition, qui se tient à la Médiathèque Michel-Crépeau de La Rochelle jusqu’au 30 septembre. Laurence Doumic-Roux, au micro de Marceau Vassy, avec d’abord les voix de Dominique Besnehard et Anna Karina, tirées de son documentaire : "Ses photographies ont une force particulière de vérité, d’authenticité. Il n’était pas particulièrement intimidé par l’aura des personnes qu’il rencontrait. Il avait une sensibilité qui lui permettait de lire les âmes."

Alain Delon Philippe
Alain Delon Philippe
- Crédit R. Doumic - Doumic Studio

La chronique de N. T. Binh : "As Tears Go By" et "Nos années sauvages", de Wong Kar-wai

On peut enfin voir en salles le tout premier film du réalisateur Wong Kar-wai, le mythique As Tears Go By, Ainsi vont les larmes en français, inédit en salles jusqu’à présent, accompagné de son second, Nos années sauvages, qui, en 1990, 10 ans avant In The Mood For Love, replongeait déjà dans le Hong Kong des années 1960. Qu’est-ce qui se noue dès ces deux premiers films dans l’esthétique et les thèmes de Wong Kar-wai ? Comme le développe N. T. Binh :  "Il y a une chose frappante en voyant son premier long métrage : c'est à quel point tout Wong Kar-wai est déjà là."

« Nos années sauvages » (1990), de Wong Kar-wai
« Nos années sauvages » (1990), de Wong Kar-wai
- Crédit THE JOKERS
43 min

Les sorties de la semaine

L’hommage, magnifique, d’un frère à sa sœur disparue, qui était aussi sa comédienne et co-cinéaste, c’est Cahiers noirs, de Shlomi Elkabetz, avec la très regrettée Ronit Elkabetz.

Un Américain discret qu’on ne découvre en France qu’à son troisième long-métrage, tourné à Berlin sur trois jeunes étudiantes le temps d’un été, c’est Ted Fendt, et son très beau Le bruit du dehors.

Un cinéaste chilien au nom italien qui, après avoir co-signé le scénario des Misérables de Ladj Ly, est allé à Bruxelles tourner un polar façon survival, c’est Giordano Gederlini, avec Entre la vie et la mort.

Polar toujours, mâtiné de mélodrame, sous forte influence du Vertigo de Hitchcock, c’est Decision To Leave, qui a valu au Coréen Park Chan-wook son prix de la mise en scène au dernier Festival de Cannes, qu’on ne discutera pas ici.

Le retour d’Hiner Saleem au Kurdistan, avec une fable sur ce que la guerre fait aux hommes, et à leur virilité, c’est le drôle et très shakespearien Goodnight Soldier.

Et puis, côté ressorties, il y a aussi le chef d’œuvre du fantastique anglais Au cœur de la nuit, de Robert Hamer.

Des criminels en fuite au milieu de bergers sardes, c’est le magnifique Bandits à Orgosolo, le premier film de fiction du grand documentariste italien Vittorio De Seta.

Et enfin, un dîner impossible, et un enchaînement de rêves imbriqués comme dans un cadavre exquis, c’est un autre chef-d’œuvre, signé Luis Buñuel et Jean-Claude Carrière, Le charme discret de la bourgeoisie.

Les annonces de Plan Large

Pour ceux qui n’ont pas la chance d’être à La Rochelle jusqu’à la fin, le 10 juillet, le festival se prolonge un peu partout. Dans les salles de cinéma, pour ce qui est de Pasolini : après Salo ou les 120 journées de Sodome, les versions restaurées d’Accatone et Mamma Roma, c’est dès mercredi prochain. Suivront le 20 juillet celles de La Ricotta, Enquête sur la sexualité, L’Evangile selon Saint Matthieu, Des oiseaux petits et gros, Œdipe Roi et Médée. Il y a aura aussi, le 13 juillet, en pellicule 35 mm sa « Trilogie de la vie » : Le Décameron, Les Contes de Canterbury et Les mille et une nuits.

Références

L'équipe

Antoine Lachand
Antoine Lachand
Antoine Guillot
Production
Vivian Lecuivre
Réalisation
Marceau Vassy
Collaboration