France Culture
France Culture
Publicité
En savoir plus

La géographie de la population s'est longtemps intéressée au phénomène migratoire sous l'angle quantitatif des flux et des soldes. Elle pointait sur le planisphère des foyers et des bassins de migration. Elle calculait, pour chaque pays, la différence entre les populations entrantes et les populations sortantes. Elle évaluait l'apport de ce solde migratoire à la croissance démographique et à la croissance économique. Ces dernières années, la géographie a profondément renouvelé l'approche du phénomène migratoire. Elle a mis à jour comment les migrations forment des systèmes spatiaux, en évolution rapide, tissés par des réseaux, agencés par de multiples acteurs, combinant plusieurs échelles. C'est heureux, car s'attacher aux migrations, c'est s'attacher, dans nos sociétés, au mouvement, à ce qui bouge, à la différence, à ce qui ne se laisse pas enfermer dans la permanence et les certitudes. C'est s'attacher à la place occupée dans tant de vies par l'urgence et par la rupture, mais aussi par l'espoir d'une vie et d'un monde meilleurs. Migrer, n'est-ce pas changer de monde, dans l'espoir de changer le sien ?

Références

L'équipe

Sylvain Kahn
Production