Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis
Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis
Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis ©AFP - Ludovic MARIN
Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis ©AFP - Ludovic MARIN
Clémentine Autain, députée LFI de Seine-Saint-Denis ©AFP - Ludovic MARIN
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Résumé

Avec les législatives en ligne de mire, le PS, LFI, EELV et le PC ont multiplié les réunions pour tenter de trouver un accord. L'objectif : obtenir le plus possible de circonscriptions et imposer une cohabitation à Emmanuel Macron.

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Dimanche 24 avril, Emmanuel Macron était réélu Président de la République avec 58.5% des suffrages exprimés face à Marine Le Pen. Le candidat de LFI, Jean-Luc Mélenchon, ne s'était pas qualifié pour le second tour de l'élection présidentielle mais il avait obtenu 22% de suffrages au premier tour. Le candidat La France Insoumise avait alors demandé aux Français de "l'élire Premier ministre" en votant pour une "majorité d'Insoumis " et de "membres de l'Union populaire " aux élections législatives de juin.

Mélenchon se voit à Matignon

Jean-Luc Mélenchon se rêve en Premier ministre et il le fait savoir. Des tracts et une affiche allant dans ce sens ont été placardés et distribués dès mercredi. Dans un récent sondage Ipsos, 56% des personnes interrogées souhaitent que le parti d'Emmanuel Macron LREM ne remporte pas les élections législatives en juin. Pour la députée LFI Clémentine Autain, Mélenchon à Matignon reste "une hypothèse sérieuse. L'élection d'Emmanuel Macron s'est faite dans un contexte particulier. Nous savons qu'une majorité de français n'adhèrent pas à sa politique. Aujourd'hui, on a trois blocs politiques. C'est un fait nouveau. Pendant longtemps, on avait la droite traditionnelle classique et la gauche traditionnelle et classique qui ont alterné pour prendre le pouvoir en France. Mais quelque chose ne tourne plus rond. Puis a émergé avec force un troisième bloc, celui de l'Union populaire avec Jean-Luc Mélenchon. Et donc on se retrouve avec une tripartition nouvelle dans le champ politique avec la possibilité pour nous de l'emporter le 19 juin prochain."

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Une coalition à gauche ?

Pour tenter d'imposer une cohabitation au Président, LFI multiplie les réunions pour mettre en place une coalition de gauche avec le PS, le PC, Génération.s, le NPA et EELV. Les points de désaccords sont nombreux : retraite à 60 ans, Europe, OTAN, non-alignement de la France, sortie du nucléaire ou instauration d'une VIème république…

Selon Clémentine Autain, "il n'y a pas si longtemps les commentateurs disaient : c'est cuit pour la gauche, jamais elle ne sera au second tour. Que d'ailleurs s'il n'y avait pas d'alliance ni d'unité, ce serait terminé. Jean-Luc Mélenchon est arrivé à un point de la qualification pour le second tour. Donc on peut déjouer des pronostics. Il faut avoir beaucoup de volonté politique et cette volonté politique est double. Elle est de poursuivre la stratégie de l'Union populaire qui a permis de redonner envie d'aller voter à un électorat qui désespérait de la gauche. Et nous avons posé cet acte de volonté d'alliance large, qui est aussi un gage de nous amener le plus loin possible."

"C'est un peu le jeu des négociations de taper du poing sur la table. De dire : nous on fait des efforts, vous pourriez en faire. Chacun mesure l'urgence sociale car on ne peut pas se reprendre cinq ans de Macron, de sa politique sociale, une majorité de Français ne veut pas en entendre parler. Quand on commence à se parler et à décortiquer, on se rend compte qu'on n'a pas tant de désaccords. L'enjeu de ce rassemblement n'est pas de dire : demain matin on va être d'accord sur tout. Ce n'est pas vrai. L'enjeu c'est de savoir s'il y a une base suffisamment cohérente et forte pour être en capacité de gouverner à partir de juin et de transformer positivement la vie des gens. Faites nous confiance. Nous ne sommes pas prêts à avoir un accord au rabais".

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Certains craignent, comme Jean-Christophe Cambadélis ou Caroline Delga, la mort du PS en cas de coaliton et d'accord. Mais selon la députée LFI, "aller seul à ces élections quand on a fait moins de 2%, ce n'est pas formidable. Et cela dépend de ce que l'on veut faire vivre : simplement sa boutique politique ou bien ses idées et une perspective d'améliorer le quotidien des Français. Depuis François Hollande, le mot de gauche ne signifie plus grand chose. Il faut le re-remplir. Pour les plus jeunes, je ne crois pas que ce mot signifie grand chose et pour d'autres, il a été très très abimé."

Investir Taha Bouhafs  pour les législatives alors qu’il avait été condamné en première instance pour injures publiques peut poser question :

Pour Clémentine Autain, "c’est une décision jute. Un de nos défis c’est de faire en sorte que la vie politique soit incarnée par la diversité des profils de la société. C'’est un gouffre aujourd’hui. On a progressé dans la présence des femmes mais d’un point de vue d’origine sociale ou de couleur de peau, on est loin du compte. Taha Bouhafs a dit un truc qui n’est pas bien. Mais franchement quand on entend Eric Zemmour expliquer que Pétain a sauvé des juifs, ça c’est au-delà de pas bien. C’est dramatique et gravissime. Je n’ai pas l’impression, qu’à toutes les émissions de télévision qu’il a faites, on lui disait 'vous vous rendez compte ce que vous avez dit'. C’est hautement plus grave qu’un jeune militant qui parle d''arabe de service'. Pour autant, il a fait un travail incroyable quand il a mis sur le devant de la scène l’affaire Benalla. Qu’est ce qui est le plus important ? Ce travail qu’il a fait, ses convictions antiracistes et sa volonté de défendre les quartiers populaires ou des expressions malheureuses ? Je trouve que la condamnation qui est faite unilatérale. Il y a des choses qui paraissent impardonnables dès lors qu’il s’agit de la France insoumise et de ces profils issus des quartiers populaires."

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Références

L'équipe

Anne-Claire Bazin
Collaboration