François Patriat
François Patriat
François Patriat ©AFP - Ludovic Marin
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Résumé

Le nouveau gouvernement a été dévoilé hier et Elisabeth Borne nommée Première ministre en début de semaine. Ce nouveau gouvernement sera en place jusqu'aux législatives. Qui sont les nouveaux ministres ? Quelles sont les priorités de cette nouvelle équipe ?

avec :

François Patriat (Sénateur LREM de la Côte-d'Or, ancien ministre).

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26 jours après la réélection d'Emmanuel Macron, le nouveau gouvernement a été dévoilé ce vendredi. Autour de la Première ministre, Elisabeth Borne : 16 ministres, 6 ministres délégués et 4 secrétaires d'état. La parité est respectée.

Un gouvernement dans la continuité ?

Certains poids lourds gardent les mêmes portefeuilles. C’est le cas de Bruno Le Maire, de Gérald Darmanin et, plus étonnant, d’Eric Dupond-Moretti qui était pourtant donné partant. De nombreux ministres de Jean Castex sont reconduits à d’autres postes comme Amélie de Montchalin, Sébastien Lecornu, Brigitte Bourguignon, Olivier Dussopt, Marc Fesneau, Agnès Pannier Runacher, Olivier Véran, Gabriel Attal, Franck Riester, Clément Beaune et Olivia Grégoire. Parmi les nouveaux entrants, Damien Abad devient ministre des Solidarités, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Pap Ndiaye devient ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, Rima Abdul Malak est ministre de la Culture, et Catherine Colonna est ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Selon nombre de commentateurs, ce gouvernement, c'est le changement dans la continuité. Mais pour le sénateur de Côte-d'Or :

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"Il faut replacer ce nouveau gouvernement dans un nouveau quinquennat avec une méthode nouvelle. Le gouvernement devra faire face aux différents défis de souverainetés, sur le plan sécuritaire, sur le plan des armées, sur le plan environnemental, sur le plan alimentaire. Pour cela il faut à la fois de la compétence, de l'expérience, et de l'engagement. Je crois que ce gouvernement est équilibré parce qu'il est paritaire, parce qu'il y a 14  sortants et 14 nouveaux entrants. Je trouve qu'il y a, dans ce gouvernement, une part d'audace qui me séduit assez avec des personnalités. Il y a aussi quelques surprises qui sont intéressantes car elles marquent un changement de cap et en même temps un engagement nouveau."

Avec quelques surprises...

La grande surprise de ce nouveau gouvernement, c'est la nomination de Pap Ndiaye comme ministre de l'Education nationale et de la jeunesse. La nomination de cet historien des minorités ethniques et de l'immigration a fait réagir de nombreuses personnalités politiques d'extrême-droite. Pour l'ancien ministre, "ces attaques sont indécentes, caricaturales et grossières. Je crois que Pap Ndiaye incarne l'excellence, l'égalité des chances et la promesse républicaine de l'école. C'est un beau message qui est envoyé. Il envoie une image d'ouverture, de douceur, de compétences. Il a un parcours exceptionnel."

Lundi, c'est par un tweet qu'Emmanuel Macron a fixé les nouvelles priorités de son gouvernement : écologie, santé, éducation, plein emploi, renaissance démocratique, Europe et sécurité. Élisabeth Borne, en plus du rôle habituel conféré à ses prédécesseurs, hérite d'une toute nouvelle mission : la planification écologique. Cette planification écologique sera portée par deux ministres, Amélie de Montchalin et Agnès Pannier-Runacher, et non pas par une personne issue d'Europe Ecologie Les Verts. François Patriat déclare : "Je ne suis pas sûr qu'il faille prendre quelqu'un qui soit du métier pour réussir. Quand on parle d'énergie demain, des choix qui devront être faits entre les énergies alternatives, les énergies renouvelables, le nucléaire, des choix qui devront être faits en matière d'horizontalité de l'écologie, ce n'est pas une affaire d'écologistes. Le cap est fixé. C'est une affaire de choix, de techniques, d'implication. Ce n'est par parce que l'on se revendique comme écologiste que l'on est forcément le mieux à même de mettre en place ces politiques."

Emmanuel Macron et le renouveau de la politique

Avec 58,54 % des voix au second tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron a été réélu le 24 avril président de la République. Peu connu du grand public il y a environ cinq ans, il a su s'imposer. Mais sa méthode de gouvernance est parfois critiquée.

"Le chef de l'Etat est à la fois spontané, chaleureux, tactile, dans l'altérité et dans la sympathie. Et je me désole parfois de voir que les Français ont une image de lui de quelqu'un lointain et méprisant. C'est tout le contraire de ce qu'il est. La proximité avec le peuple, il l'a immédiatement et il a une forme même de séduction avec les gens. On parle toujours de la verticalité, du côté jupitérien. Tout cela est devenu stéréotypé. J'avais dit en 2016 : Emmanuel Macron ira loin car il voit loin. Il est visionnaire. Il avait compris avant tout le monde que les partis traditionnels étaient en train de s'effondrer. Ce n'est pas lui qui a tué le parti socialiste ou le parti républicain. Ce sont ces deux partis qui se sont tus eux-mêmes par manque de leadership, par manque de travail, par manque de programme. Et lui est arrivé au milieu. On a dit qu'il était arrivé par effraction. Il est arrivé parce qu'il avait compris que c'était comme ça."

Parmi les priorités du gouvernement, il y a le dossier des retraites avec le recul de l'âge de départ à la retraite à 65 ans dont Olivier Dusspot sera en charge. Pour François Patriat, "les gens n'ont pas compris une chose. Ceux qui promettent aujourd'hui la retraite à 60 ans ou à 62 ans devraient dire à taux incomplet, c'est à dire à taux réduit. Personne ne peut promettre aujourd'hui, sauf à mettre le système totalement en faillite, la retraite à 60 ou à 62 ans à taux plein. Au lieu de parler d'âge de départ à la retraite, il faut parler d'années de cotisation. C'est un leurre de faire croire aux Français qu'on pourrait aujourd'hui instaurer une retraite à taux plein à 62 ans. C'est un mensonge, c'est un leurre et un danger économique."