Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel
Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
Ian Brossat, directeur de campagne de Fabien Roussel ©AFP - Bertrand GUAY / AFP
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A quelques mois de la présidentielle, la gauche ne décolle pas dans les sondages. Certains (comme Anne Hidalgo, Arnaud Montebourg) appellent à une primaire pour une candidature commune. Une campagne sur fond d'épidémie de Covid19 et de crise dans les hôpitaux.

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Selon le dernier sondage Ipsos-Sopra Steria, la gauche ne pèserait plus que 26.5 % des suffrages à l'élection présidentielle de 2022 et aucun candidat de gauche ne dépasserait la barre des 10%. Face à la montée de l'extrême droite, des candidats de gauche appellent à une union. Pour Ian Brossat, "Aujourd'hui il y a besoin de redonner une colonne vertébrale à la gauche, d'associer la gauche à un certains nombres de valeurs dont elle n'aurait jamais du s'éloigner." 

La gauche en peine dans les sondages...

C'est Arnaud Montebourg, le candidat de la « Remontada » à la présidentielle qui le premier a lancé un appel dans lequel il s'est dit « prêt à offrir s_a candidature à un programme et un candidat communs »_. Le soir même, le 8 décembre Anne Hidalgo, candidate socialiste, sur le plateau du JT de TF1 proposait d'organiser une primaire de la gauche, « avec les candidats et les candidates qui veulent diriger et gouverner ensemble ».  Dans la soirée, les principaux candidats rejetaient en bloc cette idée de primaire. Fabien Roussel l'assure, il ira jusqu'au bout. Ian Brossat l'affirme :

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Je vous le dis avec assurance je suis son directeur de campagne. Nous sommes en passe d'avoir les 500 parrainages. Nous n'avons pas de problème de financements pour notre campagne pour une raison assez simple c'est que nous ne dépendons pas des banques. Nous dépendons de nos militants et ils sont généreux précisément parce qu'ils ont des convictions et qu'ils les portent avec sincérité. Donc oui oui nous serons sur la ligne de départ."

Vendredi matin, Arnaud Montebourg a tenté le tout pour le tout en appelant au téléphone plusieurs candidats de gauche pour tenter de les convaincre de s’unir pour l’élection présidentielle 2022.  

Une primaire pour avoir un candidat à gauche ? 

Une primaire que, depuis plusieurs mois, plus d’une centaine d’élus, de représentants d’associations ou d’initiatives citoyennes réclament. En effet, environ 240 000 personnes ont souscrit à cette primaire populaire qui appelle à l’union des candidats de gauche dont les programmes ont plus de similitudes que de différences. Les organisateurs de cette initiative citoyenne comptent organiser un vote, du 27 au 30 janvier, pour désigner celui ou celle "capable de rassembler pour faire gagner l’écologie, la démocratie et la justice sociale". Une primaire dont Fabien Roussel comme le rappelle son directeur de campagne : 

La primaire ça voudrait dire faire participer des gens qui au fond ont des convictions très différentes. Des gens qui pensent des choses complètement contraires sur l'avenir de l'énergie en France, sur la place du travail, sur les enjeux de sécurité et de tranquillité publique. C'est quand même compliqué. Imaginons Fabien Roussel participe à cette primaire et au final c'est Yannick Jadot qui en sort gagnant, ça voudrait dire que nous soutiendrions quelqu'un alors même que sur beaucoup de sujets nous ne sommes pas d'accord avec lui. Ce que je veux dire aux partisans de la primaire populaire c'est excusez nous d'avoir quelques convictions. Excusez nous d'avoir un certain nombre de propositions à faire qui ne sont pas solubles dans une grande union de la gauche et de l'écologie dans laquelle nous ne nous retrouvons pas de fait. Et puis quand même si la gauche en est là aujourd'hui c'est parce que le parti socialiste et l'écologie au pouvoir (je rappelle quand même que les écologistes y étaient au gouvernement de François Hollande, au moins au début), ils ont considérablement déçus et ils ont tourné le dos aux attentes de la grande majorité de notre peuple, de ceux là même qui les avaient porté au pourvoir. Tout ça ca devrait quand même inviter à la réflexion. 

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Une primaire rejetée par plusieurs candidats, Ségolène Royal qui demande à Anne Hidalgo de « se désister » et se dit disponible si on venait la chercher : la situation à gauche est très compliquée! De son côté, Christiane Taubira réfléchit à se lancer, la candidature providentielle? 

J'entends beaucoup parler de Christiane Taubira et c'est une belle personnalité qui porte une voix singulière. Mais je ne sais pas ce que pense Christiane Taubira des questions économiques et sociales. Je suis désolée de le dire comme ça mais je ne sais pas si Christiane Taubira est favorable à l'augmentation du smic, je ne sais pas de Christiane Taubira pense des différentes lois de recul social votées pendant le quinquennat Hollande. Et quand même lors d'une élection présidentielle, il faut être capable de se prononcer sur ses enjeux là. Et je pense que la gauche se reconstruire sur les sujets économiques et sociaux pas sur le sociétal.

... Alors que la droite avec seulement 3 candidats est déjà bien placée

Depuis 1 semaine, nous connaissons le nom de la candidate Les Républicains qui s'élancera pour l'élection présidentielle. Valérie Pécresse qui ne faisait pas figure de gagnante a été désignée pour représenter les LR face à Eric Ciotti à l'issue d'un congrès LR la semaine dernière (avec environ 61% des voix). Depuis, la la présidente de la région île de France s'envole dans les sondages et pourrait même arriver au second tour. Selon un dernier sondage elle devancerait de justesse Marine Le Pen (créditée de 16% contre 17% pour Valérie Pécresse). Eric Zemmour recule légèrement à 14% et Emmanuel Macron conserve son statut de favori, en dépit d’un léger recul : il est crédité de 24% des intentions de vote. Selon Ian Brossat, 

la droite républicaine semble assez consentante dans la dérive. Quand vous voyez le débat de la primaire de la droite et les propos qu'Eric Ciotti a pu tenir à l'époque, honnêtement, il n'y a pas une feuille de papier à cigarette entre ce que dit Eric Ciotti et ce que dit Eric Zemmour. Et dans la mesure où Madame Pécresse à d'ores et déjà annoncé qu'elle allait reprendre à son compte un certain nombre de propositions d'Eric Ciotti pour, dit-elle, pimenter son projet, ça augure quand même rien de bon.  Il y a une Zemmourisation de la droite.

Le pouvoir d'achat préoccupe les Français

Le premier baromètre Odoxa - FG2A pour Europe 1, publié lundi matin révèle que pour 45% des Français, le pouvoir d'achat est leur principale priorité. Fabien Roussel, le candidat PCF à l'élection présidentielle l'a bien compris. Il a mis les salaires et l'emploi au cœur de son programme. Il souhaite porter le SMIC à 1500 euros net, défend la semaine à 32 heures, propose un service public de l’emploi garantissant poste ou formation assortie d’une allocation égale au salaire minimum. Il veut instaurer un « droit universel au travail », avec comme objectif de garantir « un emploi, un salaire et une formation à chaque jeune dès 2023 », il souhaite une indexation des autres salaires sur l’inflation... Fabien Roussel a également proposé « de faire une taxe flottante sur l’essence. Celui lui permettra « de faire baisser les taxes quand le prix du baril monte pour que ça ne pèse pas sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens ». Enfin, il veut valoriser le point d’indices des fonctionnaires, en embauchant 500 000 notamment dans les hôpitaux.  Pour Ian Brossat, "nous ne sommes pas pour le revenu universel. Nous sommes pour le travail universel. Nous sommes convaincus que ce qui confère une dignité à un individu c'est son travail, c'est sa contribution à la reconstruction du pays. Et aujourd'hui on a des tas de besoins qui ne sont pas satisfaits notamment dans le secteur des services de la santé, du service public...."    

L'épidémie de Covid19 et les difficultés dans les hôpitaux

Sur les dernières 24 heures, 72.000 nouveaux cas de Covid ont été comptabilisés. Un niveau jamais atteint "depuis le début de la pandémie", selon Olivier Véran. Le précédent record, environ 70.000, datait de début novembre 2020. Selon Ian Brossat, 

La situation reste tendue. Il y a eu des ratés sur les masques, il y a eu des ratés sur les tests. Il y a, et ça je le reconnais, une vaccination qui s'est organisée sur le territoire et qui permet d'avoir quand même une couverture vaccinale relativement élevée. Mais il y a, à mon sens, deux problèmes. Le premier problème c'est la question de l'hôpital public et c'est que l'hôpital public a été clochardisé pas uniquement par le gouvernement Macron mais ces 25 dernières années puisque 100 000 lits ont été fermés. Nous avons aujourd'hui une situation de l'hôpital extrêmement tendue. Nous avions un système magnifique, la sécurité sociale et que nous avons aujourd'hui des manques dans l'hôpital qui sont terribles, des personnels dans l'hôpital public qui souffre énormément. Et cette logique comptable qui aujourd'hui existe à l'hôpital, elle se poursuit. Ca veut dire que l'on a rien retenu de ce que l'on a vécu pendant la 1ère vague. Ca c'est la première chose et la deuxième c'est que si nous voulons sortir de la pandémie, il nous faut une vaccination mondiale et donc la levée des brevets sur les vaccins. On le voit en Afrique on a 5% de la population qui est vaccinée ce qui favorise le développement de nouveaux variants et ce qui finit par nous revenir dans la figure avec le risque que il y ait des variants qui résistent au vaccins. [...] La France devrait être leader mondial de cet engagement à lever les brevets.  Nous devrions avoir cette parole forte qu'aujourd'hui on entend peu.

Autre actualité, hier la justice britannique a ouvert la voie à une extradition de Julian Assange vers les Etats Unis, le fondateur de Wikileaks qui risque là bas 175 années de prison pour avoir publié des documents confidentiels de l'armée et de la diplomatie américaine. Pou Ian Brossat, 

la France doit offrir l'asile politique à Julian Assange. On ne le fait pas par lâcheté sans doute vis-à-vis des Etats-Unis. Pour ce qui nous concerne nous les communistes, nous considérons bien sûr que Julian Assange devrait être accueilli chez nous et nous en sortirions grandi.

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