Julien Bayou, secrétaire national EELV
Julien Bayou, secrétaire national EELV
Julien Bayou, secrétaire national EELV ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Julien Bayou, secrétaire national EELV ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
Julien Bayou, secrétaire national EELV ©AFP - GEOFFROY VAN DER HASSELT
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Résumé

A 78 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le Secrétaire national des Verts dit non aux organisateurs de la Primaire populaire. Et assure que la candidature de Yannick Jadot est à gauche la seule candidature de l'écologie et de la justice sociale.

avec :

Julien Bayou (Secrétaire national EELV).

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Mercredi 19 janvier, le Président de la République Emmanuel Macron a échangé avec les députés européens autour des priorités de la présidence française du Conseil de l’Union Européenne. Il s'est exprimé sur la transition écologique, considérant que “les choses avancent” : le fonds de transition juste, créé en 2021 dans le cadre du plan de relance européen (dont 37 % du financement est lui-même consacré à l’écologie) a vu le jour, tandis qu’un projet de fonds social pour le climat est actuellement négocié entre institutions. Yannick Jadot, candidat Europe Ecologie Les Verts à l'élection 2022 et député Européen a interpellé le président sur la question climatique : "il ne suffit pas de se proclamer européen pour servir l’Europe, comme l’a montré Emmanuel Macron. "Vous suivez une autre voie, celle d'une alliance climaticide avec la Pologne et la Hongrie, lui a-t-il lancé. Vous êtes un climato-arrangeant." Selon le secrétaire national d'EELV, Emmanuel Macron se voile la face.

Yannick Jadot utilisait le terme de climato-arrangeant. Je trouve que c'est assez intéressant. Emmanuel Macron ne conteste pas le dérèglement climatique. mais quelque part, c'est pire de regarder la science en face et de dire : "ok, il y a un dérèglement climatique, il est d'origine humaine" et de ne rien faire. Vous voyez. la responsabilité est encore plus grande. Je n'ai pas une admiration débordante pour Jacques Chirac mais au moins lui ne connaissait pas le sujet. Et donc, quand il fait en 2002 la reconnaissance au niveau international à Johannesburg "la maison brûle et nous regardons ailleurs", quelque part il donne ses lettres de noblesse à ce rapport du GIEC qui date de 1990, mais que l'opinion publique n'avait pas découvert. Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy n'ont rien fait mais ils avaient baigné dans les 30 glorieuses et dans le sentiment diffus qu'une croissance infinie dans un monde fini était possible. Ce n'est pas le cas d'Emmanuel Macron. A la quarantaine, il a grandi comme beaucoup, comme moi, avec le rythme des rapports du GIEC, avec la documentation très précise de l'effondrement des espèces. On a grandi avec les alertes du WWF et d'autres sur les espèces menacées, sur les espèces protégées. Il sait pertinemment et mieux que quiconque ce qui se passe et choisit de ne rien en faire.

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L'interpellation de Yannick Jadot au parlement Européen était-elle le bon endroit pour tirer à boulets rouges sur Emmanuel Macron ? Est-ce que ramener la campagne électorale française et ses débats là où bat le coeur de l'Europe n'était pas déplacé ?

Ah non certainement pas. Au contraire. C'était un vrai moment de politique. Je sais qu'en France, on n'est pas habitué à ce que le Président puisse recevoir une confrontation. Mais dans les autres démocraties parlementaires alentour, en Allemagne, en Italie, en Belgique, les premiers ministres répondent à l'opposition, répondent à la presse. Là, le président de la république a choisi de ne pas répondre à la presse à l'issue de cette séance au parlement Européen. C'est plutôt ça que je trouve choquant. Ce qui est choquant, c'est que le président français a choisi finalement d'instrumentaliser la présidence française de l'Union Européenne. C'est un choix politique de la part du chef de l'Etat d'avoir pris la Présidence alors que la France finalement va être concentrée sur la présidentielle (et c'est normal). Il a instrumentalisé l'Europe sur le calendrier, il a instrumentalisé l'Europe sur les migrants, il a instrumentalisé l'Europe au service des lobbys. Quand on est pro-européen, on souhaite faire de l'Europe un vrai projet de société. Là, lui ce qu'il a fait Emmanuel Macron, c'est de la complète duplicité puisqu'en gros pour soutenir le nucléaire, il est allé discuter avec les pires dictateurs des régimes polonais ou hongrois, qui sont des partisans du charbon et du gaz. C'est ça le projet européen d'Emmanuel Macron ?

La campagne électorale

A 78 jours de l'élection présidentielle, la gauche ne décolle toujours pas dans les sondages. Mercredi, Arnaud Montebourg jetait l'éponge et annonçait qu'il ne soutiendrait aucun candidat. L'échec de ses appels à un rassemblement à gauche l'a incité à ne pas aller plus loin. Christiane Taubira, qui a annoncé sa candidature le 15 janvier appelle au rassemblement. C'est la seule candidate à avoir accepté de se soumettre à la Primaire populaire. A ce jour, plus de 350.000 personnes se sont inscrites au vote d'investiture qui aura lieu du 27-30 janvier. Sept candidatures seront soumises au vote dont celle de Yannick Jadot, Christiane Taubira, Anne Hidalgo et Jean-Luc Mélenchon. Mais à l'exception de Christiane Taubira, les autres candidats refusent de se soumettre à cette primaire populaire. Dans une tribune publiée jeudi 20 janvier dans les Inrocks, 114 artistes ont appelé à voter à la Primaire Populaire et enjoignent les partis de gauche à proposer une candidature de rassemblement.

Si quelqu'un veut présenter un projet communiste, c'est aux électeurs et aux électrices de choisir. Si quelqu'un, après tout, veut dire le mandat Hollande et pense "il n'a pas pu se représenter mais en fait c'est super", qu'il le fasse. C'est tout à fait légitime. C'est ça la démocratie. Moi je ne suis certainement pas pour réduire artificiellement l'offre. S'il y a plusieurs projets, il y a plusieurs candidatures. (...) La Primaire Populaire n'est pas le meilleur moyen de départager les candidats à gauche. Pour quel projet ? Par exemple ils ont inventé un socle soi-disant commun qui ne respecte pas les accords de Paris. A quoi bon? A quoi bon ? Parce que ça, on l'a déjà fait. C'est François Hollande, Ségolène Royale et tutti quanti. Ils ont dans ce projet des mesures de lutte contre les discriminations qui ne sont même pas à la hauteur des préconisations du Défenseur des droits. Si c'est pour revivre le sketch de ne pas lutter contre les discriminations, de ne pas faire progresser l'égalité salariale, de ne pas mettre en place le récépissé contre le contrôle au faciès, à quoi bon ? Il n'y a pas un mot sur l'Europe et dans ce projet soi-disant commun, il s'agit pour eux d'augmenter les cotisations retraite. Ca n'est pas notre projet. Je respecte mais ça n'est pas mon projet donc nous n'avons rien à faire là-dedans. (...) On a demandé que le nom de Yannick Jadot n'apparaisse pas dans cette investiture, ça a été refusé. Moi je voudrais dire les choses de la manière la plus simple. Il y a plusieurs candidatures, mais il y n'a qu'un seule candidature de l'écologie et de la justice sociale. Et toutes les personnes qui s'y intéressent de près ou de loin, de longue date ou récemment, sont les bienvenues dans cette aventure.

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Mercredi 12 janvier, Julien Bayou a appelé Olivier Faure pour le convaincre de sortir du bourbier actuel, et que le parti socialiste rejoigne les verts. Emmanuel Macron arrive toujours en tête des intentions (24%) alors que Marine Le Pen et Valérie Pécresse sont toutes deux créditées de 18% des intentions de vote. Eric Zemmour lui voit la dynamique qu'il avait créée à l'automne ralentir. Il est aujourd'hui crédité de 14% des'intentions de vote.

Légaliser le cannabis

Parmi les mesures sociétales que souhaite mettre en place Yannick Jadot, s'il est élu président le 24 avril, il y a le droit de mourir dans la dignité, la lutte contre violences faites aux femmes, Et la légalisation du cannabis.

On a la politique pénale parmi les plus répressives d'Europe et on a la taux d'addiction chez les mineurs le plus élevé. Cocorico. Quel fiasco. Quand on sait que le cannabis est dangereux et peut influer sur le développement du cerveau et que le cerveau achève de se de développer aux alentours de 18-20 ans, eh bien ça veut dire que c'est un fiasco. C'est un cauchemar en matière de santé publique. La légalisation permet la réduction des risques. Aujourd'hui, se procurer quand vous avez 15 ans une barrette de shit à l'intérieur du lycée, c'est plus simple que d'acheter une bouteille de whisky au Franprix. Il n'y a pas de lutte contre les effets psychotropes, contre l'accoutumance, Il n'y a pas de réduction des risques. Dans les pays qui ont mis en place la légalisation du cannabis, je pense au Portugal, au Canada, et nombre d'états aux Etats-Unis, l'interdiction permet la prévention. L'encadrement de la filière offre des emplois, créé des recettes fiscales mais d'abord et surtout permet de réduire les risques. C'est une vraie politique de santé. L'autre élément, c'est la sécurité. Parce qu'on sait que les trafics de cannabis ont embolisé différents quartiers, que la population n'en peut plus et que la police, d'après l'ancien ministre de l'intérieur Gérard Collomb, peut consacrer jusqu'à un million d'heures à la lutte contre les consommateurs et les trafiquants de cannabis. C'est un enjeu de santé et de sécurité.

Références

L'équipe

Anne-Claire Bazin
Collaboration