François-Xavier Bellamy a incarné le virage conservateur de la droite française dans les élections européennes de 2019 ©AFP - Lionel BONAVENTURE
François-Xavier Bellamy a incarné le virage conservateur de la droite française dans les élections européennes de 2019 ©AFP - Lionel BONAVENTURE
François-Xavier Bellamy a incarné le virage conservateur de la droite française dans les élections européennes de 2019 ©AFP - Lionel BONAVENTURE
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Résumé

Avec 8,48% des voix aux dernières européennes, Les Républicains subissent un échec historique. Faut-il l'attribuer à la tonalité très identitaire de leur campagne, incarnée par François-Xavier Bellamy ? Que pèse réellement le "vote catholique" - s'il existe - dans le camp conservateur ?

avec :

Céline Béraud (sociologue, directrice d’études à l’EHESS).

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S’il est une qualité qu’on ne peut pas contester à François-Xavier Bellamy, c’est son sens de la contrition. Tête de liste - inattendue - des Républicains pour les européennes, il en assume le mauvais résultat. Jusqu’à demander "pardon" aux militants, pour ce qui restera une des pires défaites de la droite française sous la Vème République.

"C’est ma faute, c’est ma très grande faute" pouvait-on presque entendre dans la bouche de ce catholique convaincu, autrefois compagnon de route des Veilleurs, un mouvement de jeunes opposés au Mariage pour tous. Un itinéraire qui lui fut rappelé pendant toute la campagne.

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Mais comment pouvait-il en être autrement, puisque c’est ce parcours, justement, sur lequel avait misé Laurent Wauquiez pour relancer la droite ? Pari tout sauf stupide a priori : en 2016, lorsque François Fillon remporte la primaire face à Alain Juppé, il le doit en grande partie à l’électorat catholique, celui en tout cas qui s’est structuré dans le sillage du mouvement Sens commun.

La défense des valeurs traditionnelles en est la matrice. Dans une Europe où le sentiment de vulnérabilité constitue un des ingrédients de la crise, François-Xavier Bellamy rassure. Mieux : il "secoue" la droite, il la "réveille" pour reprendre quelques Unes de magazines qui lui sont consacrées.

Au soir du 26 mai, c’est la dégringolade : 8.48 % des voix exprimées. Les catholiques pratiquants, toujours très mobilisés lors des rendez-vous électoraux, ont massivement migré du côté de La République en marche et d’Emmanuel Macron. S’agit-il d’une simple escapade ou d’une rupture plus durable ?

Références

L'équipe

Hervé Gardette
Hervé Gardette
Hervé Gardette
Production
Antoine Dhulster
Collaboration
Alexandre Fougeron
Réalisation