le réalisateur Jean-Jacques Beineix en 2001
le réalisateur Jean-Jacques Beineix en 2001
le réalisateur Jean-Jacques Beineix en 2001 ©Maxppp - Olivier CORSAN
le réalisateur Jean-Jacques Beineix en 2001 ©Maxppp - Olivier CORSAN
le réalisateur Jean-Jacques Beineix en 2001 ©Maxppp - Olivier CORSAN
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Résumé

Le cinéaste Jean-Jacques Beineix nous parlait en 2007 de son livre de mémoires "Les Chantiers de la gloire" qui venait de paraître. Le réalisateur du célèbre "37°2 le matin" voyait ce livre comme une sorte de précis de "physiologie du metteur en scène au quotidien".

avec :

Jean-Jacques Beineix (Réalisateur, scénariste, producteur, cadreur).

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Jean-Jacques Beineix est décédé le jeudi 13 janvier 2022, à l’âge de 75 ans, a annoncé son frère Jean-Claude à l’AFP. Il est mort à son domicile parisien des suites d’une longue maladie. On vous propose de réécouter un entretien qu'il donnait en 2007, à l'occasion de la sortie de ses mémoires.

Pourquoi Jean-Jacques Beineix écrit-il ses mémoires ? Parce qu'il s'"entraîne à mourir", qu'il a des "choses à dire", des "hommages" à rendre et "de jolis souvenirs à embrasser", écrit-il justement dans ce livre autobiographique intitulé Les Chantiers de la gloire (Fayard, 2006).

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Dans cet ouvrage, le cinéaste révélé au grand public par le film Diva en 1981 (César de la meilleure première œuvre) écrit vouloir dire son "amour du cinéma et des femmes", mais aussi "raconter comment, en l'espace d'un clap" il est passé "du cinéma de Papa aux autoroutes de l'information".

"Ce qui est curieux, confie Jean-Jacques Beineix au micro de Michel Ciment, c'est que j'ai retrouvé dans l'écriture un peu de la physiologie de la création cinématographique. J'ai les mêmes qualités et les mêmes défauts : il faut que j'en rajoute. Je suis baroque. J'ai besoin de détails ! Je dirais que ce livre, c'est un peu la physiologie d'un metteur en scène au quotidien."

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"Chaque époque a le cinéma qu'elle mérite !"

Les Chantiers de la gloire est également un témoignage sur les métiers du cinéma et l'évolution de cet art qu'il exerce depuis 30 ans, de La Lune dans le caniveau, en 1983, tourné dans les studios de Cinecittà, à 37°2 le matin, en 1986, son grand succès, en passant par IP5, en 1992, qu'il considère comme son meilleur film. Entre succès et déconvenues artistiques, Jean-Jacques Beneix a eu le temps de voir le cinéma changer :  "Je me rends compte à quel point le cinéma que nous avons aimé, que nous aimons, change. Souvent, les gens disent que le cinéma n'est pas bon. Mais ils ne se rendent pas compte qu'ils sont en train de parler de leur époque. Le cinéma n'est rien d'autre que son époque. Il traduit son époque. Il est témoin de son époque. On a le cinéma qu'on mérite !"

Les Chantiers de la gloire sont un peu aussi "les mémoires d'un papy-boomer", s'amuse-t-il. Ou ceux d'un homme né juste à la fin de la guerre, à une époque où les envies de créer du nouveau étaient grandes : "Je suis né dans une époque où on pouvait penser qu'on était des perdants, même si on était en même temps des gagnants. Tout était à construire, il y avait un espoir extraordinaire."

"La machine à remonter le temps existe, c'est le cinéma !"

Au cours de cet entretien, Jean-Jacques Beineix offrait aussi une définition toute personnelle du cinéma en tant que spectateur :  "On a toujours rêvé d'inventer la machine à remonter le temps, mais elle existe, c'est le cinéma ! On peut retourner dans les quartiers de Belleville tels qu'ils étaient dans les années 1960, 50, 40Il faut regarder tous ces films, des films qui étaient en opposition à un style et à une école de pensée qui était celle des pères. Mais la Nouvelle Vague, ce n'est pas que ça, c'est aussi l'éclosion d'une génération qui a voulu prendre le pouvoir sur l'outil cinématographique."

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Références

L'équipe

Michel Ciment le 9 juin 2019.
Michel Ciment le 9 juin 2019.
Michel Ciment
Production
Laetitia Coïa
Réalisation
Sylvia Favre
Collaboration